Les traditions haïtiennes dans leur globalité et en particulier celles qui surgissent du vodou, constituent un patrimoine d’une extraordinaire envergure. Elles ont su s’harmoniser aux traditions séculaires du Vieux Monde Pré – Hispanique. Elles ont du faire face aux horreurs de la soi disant «découverte », aux ravages inférés par la suite, aux atrocités de la colonisation de St Domingue. Cette cul
ture de résistance a su digérer les éléments progressistes de transformation existant chez les cultures auxquelles elle se trouvera face a face pour émerger victorieuse de la première révolution d’esclaves triomphante de l’histoire. La situation d’Haïti aujourd’hui mérite que l’on s’y attarde, d’un coté, ces traditions se trouvent confrontées a une sorte d’atomisation sans cesse croissante qui isolent les centres - réservoirs traditionnels de connaissance que constituent les « Lakous ». Ce fait n'en continue pas moins de stopper les flux de savoirs et de déconnecter les générations qui en sont porteuses. Ce processus d’isolement, entamé dès l’indépendance, va être amplifié par la transhumance que constitue les vagues migratoires du XXème siècle et la logique de la globalisation et sa stratégie de destructions des particularismes régionaux. Apres les campagnes d’ostracisme depuis la période coloniale en passant par les années 40 ces traditions ont été contraintes à se réfugier dans la clandestinité et adopter une posture spécifique. Cette forme de résistance d'un nouveau genre s’inspire de la période du marronnage. Il est évident que cet état des choses cause un handicap qui bloque l’épanouissement de la communauté d’autant qu’il ne permet ni le développement de la personne, en cela qu’elle érode l'estime de soi ni celui de la pensée. Nous sommes aujourd'hui témoins d’une perte quantitative de traditions forts anciennes avec tout ce qu’ils comportent de savoir ancestral thérapeutique, social, organisationnel... l’amenuisement du réservoir de certains rituels ( Rachel Beauvoir Dominique)
Pour contrer cette hémorragie de nombreuses actions s’imposent :
Un certain nombre d'étapes sont à distinguer, mais dans le cadre de ce festival dénommé « Festival International Ayiti Couleur (FIAC) », nous ne retiendront que l’aspect de la mise en valeur par collecte des chants , danses , et l’histoire oral ainsi que leur restitution a la population sous forme de spectacles vivants. ! La Réception par une immersion de nos racines vers la tradition, ses détenteurs producteurs, ses influx multiples ce festival adopte un schéma évolutif qui évoluera vers d'autres approches de manière à interpeller la société haïtienne sur elle même, sa survie en tant que producteur d'une culture ferment de l'identité national rempart de l'indépendance national. Ensuite viendra l ‘organisation de ces données, les organiser, et les propulser.