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20/05/2026

France Pejot (1914-2010). Alias « Francette Pejot ». Née le 17 octobre 1914 à Lyon, elle grandit dans une famille de commerçants. Avec sa sœur Raymonde, elle aide très tôt son père Joanni Pejot dans la boutique familiale de…lingerie, nommée « La Lingerie pratique », située rue Émile-Zola, tandis que la famille habite place des Jacobins. Après la mort de leur mère puis de leur père pendant la Seconde Guerre mondiale, les deux sœurs continuent seules l’activité du commerce.

Au début de l’Occupation allemande, France Pejot est profondément marquée par l’appel du 18 Juin. Elle écoute clandestinement BBC via « Radio Londres ». Elle lit également le journal clandestin Le Franc-Tireur, publié à Lyon. En janvier 1942, elle rejoint officiellement le mouvement Franc-Tireur comme agent de liaison (le « poste » souvent réservé aux femmes). Son appartement de la place des Jacobins et la boutique familiale deviennent rapidement des lieux de rendez-vous, de stockage de documents clandestins et d’hébergement pour des résistants recherchés. Bas, soutien-gorge et munitions « cohabitent ».

Très vite, France Pejot devient la secrétaire de Jean-Pierre Lévy, l’un des principaux dirigeants du mouvement. En octobre 1942, lors d’une perquisition menée par la police française dans l’appartement servant de quartier général au réseau, elle détourne volontairement les soupçons sur elle afin de permettre à Jean-Pierre Lévy d’échapper à l’arrestation. Cet épisode devient l’un des faits les plus célèbres de son parcours résistant. Arrêtée le 24 octobre 1942 avec sa camarade Micheline Eude-Altman, elle est emprisonnée à la prison Saint-Joseph de Lyon. Selon certaines sources, elle reste détenue jusqu’en février 1943 ; d’autres indiquent une libération plus rapide suivie d’une reprise immédiate de ses activités clandestines.

Après sa libération, elle reprend sans attendre ses missions de liaison et de transport de messages clandestins. Fin 1943, lorsque plusieurs dirigeants de Franc-Tireur gagnent Paris pour poursuivre la coordination de la Résistance, elle les rejoint et continue son activité dans des conditions de plus en plus dangereuses. Plusieurs témoignages évoquent deux arrestations auxquelles elle aurait réussi à échapper grâce à sa connaissance des traboules lyonnaises.

Le 30 juin 1944, elle est finalement arrêtée à Paris par la police allemande, notamment par le groupe surnommé la « Gestapo de la rue de la Pompe », dirigé par Friedrich Berger. Incarcérée à la prison de Fresnes pendant environ deux mois, torturée, elle est ensuite déportée vers le camp de concentration de Camp de Ravensbrück par le dernier grand convoi de déportées françaises d’août 1944, connu sous le nom de « convoi des 57.000 » en raison des matricules attribués aux prisonnières. Elle reçoit le matricule 57627.

Comme beaucoup de déportées politiques françaises, elle est transférée dans plusieurs kommandos de travail dépendant de Ravensbrück. Les sources mentionnent notamment Torgau, où elle effectue des travaux agricoles, puis des affectations dans une usine de moteurs d’avion et des chantiers de terrassement. Les conditions de vie y sont extrêmement dures : faim, froid, violences et épuisement physique rythment le quotidien des prisonnières. En avril 1945, lors de l’évacuation des camps face à l’avancée alliée, France Pejot, à la barbe des gardiens, parvient à s’évader avec cinq autres détenues dans une forêt. Elles rejoignent ensuite la zone contrôlée par les forces américaines près de Leipzig. Elle regagne finalement la France, au milieu d’autres ancien prisonniers, dans des conditions précaires.

Après la guerre, France Pejot reçoit plusieurs distinctions pour son engagement : elle devient officier de la Légion d’honneur, reçoit la Croix de guerre 1939-1945 avec palmes ainsi que la Médaille de la Résistance avec rosette. Une tradition familiale rapporte que cette dernière lui aurait été transmise par un parachutiste envoyé depuis Londres sur ordre du général Charles de Gaulle.

Le 21 mars 1946, elle épouse à Lyon le compositeur Maurice Jarre. De cette union naît en 1948 Jean-Michel Jarre. Le couple se séparera peu après.

En hommage à son action résistante, la ville de Lyon inaugure en 2021 le « passage France-Pejot » près du quartier de Perrache.

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