19/12/2025
Du PPS au Pass : la course se paie d’un droit d’entrée
La Fédération Française d’Athlétisme rebat les cartes. Le Parcours Prévention Santé, qui avait remplacé le certificat médical en 2024, deviendra en 2026 un Pass Prévention Santé. Le nom s’allonge, la gratuité disparaît.
Jusqu’ici, il suffisait de regarder quelques vidéos pour décrocher, durant trois mois, le sésame d’une inscription. Plus besoin d’aller importuner son médecin. Deux millions de coureurs s’y sont pliés. Cinq millions d’attestations ont été délivrées. Le système tournait rond.
Désormais, le Pass sera valable un an, comme l’ancien certificat, et coûtera cinq euros, assurance comprise. La forme change à peine, le fond encore moins : trois vidéos, de nouveaux visages, le même catéchisme sanitaire. La différence est ailleurs. Elle se compte en euros et tombe dans la caisse.
La Fédération assume. Ce péage annuel doit financer un centre de ressources santé, une plateforme de suivi des performances (Data-Running) et un vaste plan destiné à structurer le running en France. Encadrer, mesurer, organiser : la trilogie moderne.
Sur la ligne de départ pourtant, la grogne enfle. Les organisateurs, réunis au sein de « France Outdoor », dénoncent un projet conçu sans eux. Ils redoutent surtout l’effet domino : pour les petites courses, les dossards modestes et les coureurs occasionnels, 5 euros de plus peuvent devenir un frein. Un détail vu d’en haut, un obstacle à hauteur d’homme. Notons toutefois qu'aucun grand organisateur ne songe à baisser ses tarifs. Gardons en tête que le marathon de Paris facture jusqu’à 179 euros !
La course à pied se voulait libre, accessible, presque sauvage. Elle s’avance un peu plus dans l’ère du contrôle et de la contribution. Reste à savoir si les coureurs accepteront ce nouveau ticket d’entrée sans lever le pied. Peut-être un mal nécessaire, quand on connaît la difficulté des licenciés à s’inscrire, les dossards s’évaporant en quelques minutes, comme des places de concert.