22/05/2026
Depuis quelque temps, nous avons publié sur cette page quelques visuels créés avec l’aide de l’intelligence artificielle, parfois en regard d’œuvres originales ou d’univers graphiques qui ont marqué plusieurs générations.
Le sujet suscite des réactions fortes. C’est normal. L’IA bouscule les habitudes, les métiers, les sensibilités, et parfois même notre rapport affectif aux artistes que nous avons aimés. Certains y voient une forme de pillage, un manque de respect ou une menace pour la création humaine. D’autres y voient un outil nouveau, imparfait, discutable parfois, mais capable aussi de rendre hommage, de prolonger une mémoire, de susciter la curiosité ou l’émotion.
Nous entendons ces inquiétudes. Nous comprenons aussi l’attachement profond aux œuvres originales, aux traits uniques, aux styles reconnaissables entre tous, aux artistes qui nous ont fait rêver. Cet attachement, nous le partageons.
Mais pour Cartoonist, il ne s’agit pas d’opposer les mondes.
Depuis toujours, les personnages, les héros, les univers graphiques circulent, inspirent, sont repris, copiés, transformés, détournés, réinterprétés. Des dessinateurs rendent hommage à d’autres dessinateurs. Des fans recréent des scènes. Des artistes prolongent des imaginaires qui ne leur appartiennent pas toujours à l’origine, avec plus ou moins de talent, plus ou moins de fidélité, plus ou moins de bonheur.
L’intelligence artificielle arrive aujourd’hui dans ce paysage déjà complexe. Elle ne remplace pas le regard, la sensibilité, la culture, le choix, ni l’intention humaine. Elle est un outil parmi d’autres, comme l’ont été autrefois le numérique, les palettes graphiques, la 3D ou les logiciels d’animation. Des techniques qui, elles aussi, ont d’abord inquiété avant de devenir omniprésentes dans la création contemporaine.
Cela ne veut pas dire que tout se vaut. Cela ne veut pas dire que toutes les images générées par IA sont intéressantes, belles ou légitimes. Cela veut simplement dire que nous ne souhaitons pas transformer cette page en tribunal permanent de l’outil utilisé.
Notre ligne est simple : si une œuvre, une image, une création ou une proposition visuelle nous touche, nous intrigue, nous amuse ou nous semble belle, nous pouvons choisir de la partager. Qu’elle soit réalisée au crayon, à l’encre, sur tablette graphique, sur ordinateur, ou avec l’aide de l’intelligence artificielle.
Cartoonist reste avant tout un lieu de passion, de mémoire, de curiosité et de partage autour du dessin, de l’animation, de la bande dessinée, des héros et des artistes qui ont accompagné nos vies.
Nous continuerons donc à publier des œuvres et des visuels transmis par des créateurs, quels que soient leur mode d’expression graphique et les outils utilisés, dans un esprit de respect, d’hommage et de découverte.
Chacun est libre d’aimer, de ne pas aimer, de débattre, de critiquer. Mais nous souhaitons que cela se fasse sans agressivité, sans insultes, et sans procès d’intention. Les peurs sont compréhensibles. Les désaccords aussi. La violence verbale, elle, n’apporte rien.
À celles et ceux que ces publications dérangent profondément, nous comprenons qu’ils puissent choisir de ne plus suivre la page. C’est leur liberté. De notre côté, nous continuerons à défendre une idée simple : la création évolue, les outils changent, mais l’émotion, le souvenir et le plaisir de partager de belles images restent au cœur de Cartoonist.
Merci à toutes et tous pour votre fidélité, vos regards passionnés, vos critiques quand elles sont constructives, et votre amour intact pour ces artistes et ces univers qui nous réunissent.