04/12/2025
⚒️ Se souvenir que c’est ici, entre ses tendres sept collines, que les boîtes résonnaient pour annoncer Sainte-Barbe. Ce jour béni, ce jour de fête où la terre recrachait ses hommes pour les laisser célébrer, loin de l’obscurité de son profond sous-sol.
Se souvenir qu’ici on mangeait la brioche et buvait le quart de rouge, les ongles toujours noircis par les profondeurs, les yeux toujours rougis par l’absence de lueur.
Se souvenir que si nous sommes stéphanois, ce n’est pas lié à ce design qui ne nous a jamais ressemblé, ni à ce marketing territorial qui ne nous a jamais rassemblés.
Qu’ici on aide son voisin, on aime son prochain, on respecte ses anciens. Car, loin de la cacophonie nationale, on continuera à vivre ensemble. Et même moqués par le centralisme parisien, pour toujours, on vibre ensemble.
Qu’être stéphanois, c’est quelque chose dont on a hérité. On aime la fête, les bonnes choses, les Verts, les pétards et les fumis.
Que notre résilience a toujours été notre force : du refus de Saint-Priest à l’éviction des Lyonnais, de la Commune à l’aventure industrielle et à ses létales fermetures. Jusqu’à notre triste actualité, où un homme se pensant tout-puissant a voulu nous humilier.
Nous avons toujours fait face, toujours fait corps, car pour se réinventer, qui c'est les plus forts ? Et qu’au royaume des mauvaises herbes impossibles à arracher, nous porterons toujours la couronne.
ls nous voulaient lisses et snobs, on est devenus plus rebelles et populaires. Ils voulaient cacher notre passé, on en a fait notre étendard.
Nous sommes stéphanois, fiers enfants des gueules noires, des clapeuses, des passementiers, des bons gens de l’Ardèche et du Velay, des paysans de Pologne et d’Algérie.
Nous sommes notre Grande Rue, qui divise notre décor. Nous sommes nos quartiers, où cohabitent les plus belles réussites et les souffrances sociales les plus fortes.
Nous sommes une ville pauvre, et si ça devait être un sujet de honte, on en a fait notre fierté. Car c’est ici que tant d’avancées sociales se sont créées, ici que mille brevets ont été déposés, ici qu’ont grandi nos idoles : Dub Inc, L’Entourloop, Terrenoire, Gagnaire, Jacquet, Chassagne et tant d’autres.
Alors, chaque 4 décembre, rappelons-nous de tout ça, pour qu’on n’essaye plus jamais de nous dicter ce que l’on doit être. Pour qu’on ne parle plus en notre nom. Pour qu’on ne nous fasse plus passer pour d’autres.
Rappelons-nous ce que l’on était, ce que l’on est, ce que l’on souhaite devenir. Car, comme le disait Louis Dorna, nous ne devons qu’à nous-mêmes ce que nous sommes.
Vive nous.