Fosse Commune

Fosse Commune Journaliste, spécimen et anthropologue autoproclamée de fosse .

Cryptide post-punk provincial aperçu entre deux parkings Indigo, une crash bar et un bar à huîtres avec un tutu noir et une théorie sur les merguez de festival.

OUVERTURE DE WE LOVE GREEN, OUVERTURE DE LA FOSSE COMMUNE AVEC GORILLAZ Félicitations. Vous allez à We Love Green ! Vous...
04/06/2026

OUVERTURE DE WE LOVE GREEN, OUVERTURE DE LA FOSSE COMMUNE AVEC GORILLAZ

Félicitations. Vous allez à We Love Green !

Vous faites officiellement partie des rares humains ayant réussi :

- à acheter une place de festival sans vendre un rein,
- à comprendre la programmation sans consulter Wikipédia toutes les 12 minutes,
- et à accepter psychologiquement de payer une boisson dont les ingrédients ressemblent à une liste de plantes médicinales.

Pas moi.

Cependant, les transmissions terrain de Fosse Commune sont officiellement actives pour le week-end.

Nous recherchons notamment :

✅ la couronne de fleurs la plus ambitieuse du festival,
✅ le propriétaire d’un tote bag contenant plus de légumes que mon frigo,
✅ l’être humain capable d’expliquer la différence entre un kombucha, un kéfir et une expérience sensorielle,
✅ les gens qui dansent les yeux fermés à 15 mètres de toute source sonore identifiable,
✅ et toute créature observée en état avancé de connexion cosmique avec une installation artistique.

Signalements acceptés :

- boissons dont personne ne connaît les ingrédients,
- stands alimentaires nécessitant un crédit à la consommation,
- conversations entendues devant les toilettes sèches,
- apparition d’un vrai pogo dans un environnement non prévu pour,
- découverte musicale miraculeuse,
- énorme concert qui met tout le monde d’accord !

Et évidemment : retours sur Gorillaz !!!
LE BOSS. Mon regret de l’été. Les observations peuvent être déposées directement dans ce fil.

Les équipes de recherche analyseront chaque cas avec le sérieux approximatif qui caractérise Fosse Commune.

Bon festival à tous.

Kiffez. Et hydratez-vous (avec de l’eau. Oui. Je sais. Concept audacieux) !

ET BON FESTIVAL !














Avec  l’ouverture officielle de la saison des festivals de l’été, c’est avec un immense respect que nous regarderons par...
04/06/2026

Avec l’ouverture officielle de la saison des festivals de l’été, c’est avec un immense respect que nous regarderons partir le contingent du Hellfest qui va, cette année encore, revenir chiffonné tels des éclaireurs de guerre.

Pour ma part, j’ai trouvé 3800 personnes suffisamment dérangées pour cliquer sur suivre et m’accompagner virtuellement dans la fosse. Et accessoirement dans les conneries.

Ainsi, cette semaine, vous avez :

✅identifié des pêcheurs de fosse,
✅évoqué des canons à eau pour rafraîchir les fosseux à haute pression,
✅découvert des sous-espèces de Taz,
✅documenté des cas de bed chair,
✅signalé un tracteur-tondeuse en camping
✅inventé le verbe détazer
✅défini fosse commune de backstage sensoriel
✅et accessoirement parlé musique ce qui est quand même l’objectif.

À ce stade, nous ne sommes plus une page Facebook. Nous sommes un programme de recherche. Et nous somme bientôt prêts pour attaquer les festivités en groupe. J’ai hâte.

Merci de votre soutien.
Cela méritait une photo parfaitement inutile de Mötley Crüe.








CARTOGRAPHIE DE FESTIVAL  #58LE TAZ OU L’HOMME QUI REFUSE BIOLOGIQUEMENT DE REDESCENDRE  (Série d’observation hivernale ...
03/06/2026

CARTOGRAPHIE DE FESTIVAL #58
LE TAZ OU L’HOMME QUI REFUSE BIOLOGIQUEMENT DE REDESCENDRE
(Série d’observation hivernale en attendant les migrations festivalières. Aujourd’hui : l’entité survitaminée qui transforme un festival en marathon sous amphétamines émotionnelles)

Le Taz n’est pas un simple festivalier énergique.

Le Taz est un phénomène physique.

Personne ne sait exactement ce qui alimente un Taz. La science hésite entre :
✅la drogue,
✅un défaut du système nerveux,
✅une mutation génétique,
✅ou un réacteur nucléaire miniature caché dans le foie.

Le plus fascinant : le Taz démarre avant tout le monde.

Pendant que vous cherchez votre bracelet, montez les tentes, transpirez sur une sardine tordue, essayez de comprendre où sont les sanitaires…

LUI est déjà saoul, torse nu, en train de parler à un mec qui s’appelle Doudou, et émotionnellement prêt pour le wall of death de 23h42.

Le Taz arrive souvent la veille.
Et dès l’arrivée au camping il dégage une énergie inquiétante de chien de berger sous cocaïne.

Il parle fort. Très fort. À tout le monde.

Il connaît déjà les voisins, les bénévoles, le type du food truck et quelqu’un qui « a un after incroyable à 40 minutes d’ici ».

Le plus troublant reste son rapport au sommeil.

Le Taz ne dort pas. Ou alors par micro-coma de 11 minutes derrière une glacière.

À 8h du matin : « QUI VEUT UN CAFÉÉÉÉÉ ??? »
Pendant que le reste du camping tente encore de récupérer une activité cérébrale minimale.

À 9h : j’ai acheté des chouquettes !
À 10h : musique à fond.
À 11h : première bière.
À midi : le Taz a déjà oublié qu’il avait été ivre mort la veille.

Et plus les heures passent… plus il devient puissant.

14h : Circle pit. En slip. Yeux injectés de sang. Hurlements de joie devant un groupe régional de stoner joué sous un barnum Carrefour.

17h : Toujours debout.

20h: Toujours debout.

22h : Toujours debout.

Minuit : « ON VA EN AFTER OU QUOI ??? »

1h : « Je connais un endroit. »

2h : « Vous êtes chauds les morts ??? »

3h : Le Taz réapparaît au camping avec une bière tiède, deux inconnus, un sandwich approximatif, et une envie urgente de raconter un concert de 2007 à un type qui dormait profondément deux minutes avant.

Le plus terrifiant : le Taz ne comprend sincèrement pas pourquoi les autres déclinent physiquement.

Pendant que les lombaires lâchent, les corps se décomposent, les batteries tombent à 2 %, et les festivaliers rampent vers leurs tentes comme des vétérans napoléoniens… Le Taz saute encore partout comme si le festival venait de commencer.

Et le lundi matin… il poste déjà : « Franchement on remet ça quand vous voulez 😎🤘 »

Pendant que 87 personnes cherchent encore leur personnalité dans un plaid avec un Doliprane et un McDo froid.

Le Taz est immortel.

Ou extrêmement dangereux biologiquement.

La science hésite encore.

Prochainement, on repart à la découverte d’une zone qui condense toutes les irritations humaines : le champ de tentes 2 secondes du camping de festival. Le bonheur du dépliage. L’enfer du remballage. Un mensonge industriel capable de ruiner les vingt dernières minutes d’un week-end pourtant parfaitement réussi.












DESCENTE EN FOSSE / BODEGA AU POP UP A PARIS. LA START UP NATION VA PRENDRE CHER MAIS EN GROOVANTBODEGA arrive à Paris. ...
02/06/2026

DESCENTE EN FOSSE / BODEGA AU POP UP A PARIS. LA START UP NATION VA PRENDRE CHER MAIS EN GROOVANT

BODEGA arrive à Paris.

Je les ai ratés à l’Aéronef à Lille.
Et derrière des mois entiers à me manger les ovaires en salade. Calmement. Avec vinaigrette au regret.

Pourquoi ? À cause du morceau Doers. Doers qu’on peut vaguement traduire par « le mec qui fait des trucs et obtient des résultats ». Le gars qui performe en somme. Le gars que j’évite personnellement.

Ce morceau me donne l’impression d’être coincée dans LinkedIn, observée par trois managers, poursuivie par la productivité moderne,tout en dansant nerveusement dans un open-space sous caféine. Et je l’adore. En boucle.

Et Bodega, c’est le plus cool représentant de l’art-punk new-yorkais en lutte contre le consumérisme mais fun.

Imagine des gens intelligents, fatigués, très Brooklyn, sarcastiques, qui regardent le monde moderne avec de l’ironie, de l’anxiété,des guitares tendues, et une énorme envie de transformer tout ça en post-punk dansant.

Leur truc c’est les comportements humains, les injonctions sociales, les gens qui « font des trucs » en permanence, ceux qui optimisent, le développement personnel, les automatismes modernes, la surconsommation imbecile et ils transforment ça en morceaux hyper nerveux mais ultra jouissifs.

Le groupe dit clairement que l’idéologie du bu****it performatif pousse les gens à traiter leur temps, leur corps, leurs relations, comme des ressources à exploiter ou à vendre. Et ça le gonfle. Et moi aussi.

En plus, derrière le côté arty/intello/new-yorkais, ça bouge. Ça groove.
Ça saute. Ça vit. De ce que j’en sais. Parce que je les ai ratés !!! Rapport au trauma ovarien. Et cette fois-ci je m’organise.

Ils passent : le 16 septembre à Paris au Pop Up !
Je vais enfin savoir comment le consumérisme nous détruit psychologiquement MAIS AVEC UNE BONNE LIGNE DE BASSE autour.

Parce qu’on connaît TOUS ce moment où quelqu’un te parle : d’optimisation, de productivité, de workflow, de crushing it, et où ton âme quitte lentement ton corps.

Et honnêtement : j’ai besoin d’un exorcisme !









RETOUR DE FOSSE / CORPUS DELICTI À NICE. NI MÉTAL NI LOCAL. JUSTE SOLD OUT.(Une histoire de communication approximative ...
01/06/2026

RETOUR DE FOSSE / CORPUS DELICTI À NICE. NI MÉTAL NI LOCAL. JUSTE SOLD OUT.
(Une histoire de communication approximative et de salle pleine quand même)

Ce week-end, j’ai pris mon bob grenouille, mes méduses mentales et mon amour du post-punk sombre pour aller voir Corpus Delicti à Nice.

Avant toute chose, une mise au point.

Corpus Delicti n’est ni un groupe de métal. Ni un groupe local.

Je précise parce qu’une communication municipale (pas celle de la salle) visiblement élaborée à l’aide d’un tirage au sort et d’un verre de rosé de Bellet les a présentés comme un « groupe de métal local ».

Ils ne sont pas métal. Ils ne sont pas locaux.

Enfin… techniquement ils sont niçois.

Mais dire que Corpus Delicti est un groupe local, c’est quand même ignorer légèrement la réalité. Depuis le début des années 90, leurs disques circulent bien au-delà de la Promenade des Anglais. Et ils passent davantage de temps à Londres, Porto, Athènes, Lima, Berlin ou Paris qu’au camping de Cagnes-sur-Mer. Ce n’est pas du mépris. C’est juste factuellement faux.

Quant au métal… alors là.
Corpus Delicti est littéralement né de la basse de Peter Hook et d’autres trucs bien typés du post-punk canal historique tendance goth (même si j’aime toujours pas le mot). Pas d’un growl sur une double pé**le.

Mais visiblement à Nice tout instrument amplifié par des gens habillés en noir devient du métal.

À ce jeu-là, Bauhaus est du métal. The Cure est du métal. Joy Division est du métal. Mon grille-pain est probablement du métal aussi. Et le monsieur qui joue de l’accordéon sur la Place Rossetti est à deux amplis d’intégrer Gojira.

Bref.

Ni métal. Ni local.
Et manifestement pas très seuls non plus.

Parce qu’ils ont fait complet. Ce qui est généralement un indice assez fiable permettant d’établir que des gens avaient envie de venir.

Et c’est ainsi que je suis partie à Nice. De Compiègne. Claquée as f**k because la semaine de tarée que j’ai enchaînée.

LA FOSSE, ON VOUS VOIT !!!

Ainsi, en ma qualité officielle de vieille fosseuse fatiguée homologuée, le groupe m’avait collé un accès backstage, formule pan bagnat, Snickers et discussions improbables. Ils ont eu pitié de ma personne et je les remercie. J’étais à deux doigt du burn out musical.

Et comme la fosse était pleine comme un œuf, je n’ai jamais réussi à y retourner.

Physiquement impossible.

À moins de me faire faxer entre deux goths et un type habillé comme un croisement entre Peter Murphy et un contrôleur SNCF.
J’ai donc vécu le concert depuis le côté de la scène.

Et là. Révélation.

Toute ma vie j’ai regardé les groupes depuis la fosse. Pour la première fois, j’ai regardé les gens qui regardaient le groupe.

Et pardon mais : qu’est-ce que c’est que ce bo**el ?

Parce que depuis la scène, on vous voit.

Très bien même.

On voit les sourires idiots. Les yeux écarquillés. Les refrains yaourtés avec une conviction admirable. Certaines personnes chantaient manifestement en phonétique émotionnelle. Les paroles inventées.Les gens qui tapent à contretemps avant de retrouver miraculeusement le rythme. Les bras en l’air. Les danses inexplicables. Les petits sauts verticaux. Les grands sauts latéraux. Les yeux fermés. Les larmes. Les rires. Et un slam qui a brièvement tenté d’exister avant de rencontrer les limites techniques de l’humanité.

J’ai vu un corps. Puis un pied. Puis plus rien.
Le slam a vécu libre. Le slam est mort libre.

Le plus fascinant ?

Les musiciens voient tout. Ils reçoivent ce que vous envoyez. Et ils vous le renvoient. Ce n’est pas un monologue.C’est un échange. Et oui. Même toi qui croyais discrètement consulter tes messages pendant le rappel.

RAPPORT D’OBSERVATION

Quant au concert lui-même ?

Énorme.

Les nouveaux morceaux trouvent naturellement leur place parmi les anciens.
Les classiques déclenchent une ferveur quasi religieuse. Et le groupe dégage cette énergie et cette tranquillité particulière des formations qui n’ont plus rien à prouver à personne.

Ils connaissent leurs morceaux.
Ils connaissent leur public.
Ils connaissent leur histoire.
Et visiblement leur public aussi.

En première partie, les magnifiques CODE 150 ont ouvert le bal. Ces deux musiciennes que j’ai chroniquées après leur concert à Paris en début d’année continuent de distiller leur darkwave étrange.

Elles ont été choisies pour ouvrir ce concert niçois. Ce qu’elles ont fait avec classe.
Et comme j’ai proposé de me rendre utile à la soirée et qu’ensuite je suis allée boire deux litres de flotte derrière la scène (car il faisait chaud sa grand mère), je n’ai pas pu voir correctement la prestation de I Apologize Redux qui jouait juste également avant Corpus Delicti. Et si je vois pas, je dis pas.

MORAL DE L’HISTOIRE

Finalement cette soirée a raconté quelque chose d’assez simple. Quand la musique touche juste, les gens viennent. De Nice. De Paris. D’Italie. D’Angleterre. Parfois même de Compiègne.

Le reste relève surtout de l’administratif.

PS : si vous voulez voir de belles photos, il y en a absolument partout. Moi je ne peux pas tout faire. J’essayais déjà de survivre à ce week-end.

















DESCENTE EN FOSSE / LA MACHINE À BOUJOUX, DIEPPE PRÉPARE UNE PETITE TEMPÊTE SOUS CHAPITEAU NORMAND (ou comment finir à d...
01/06/2026

DESCENTE EN FOSSE / LA MACHINE À BOUJOUX, DIEPPE PRÉPARE UNE PETITE TEMPÊTE SOUS CHAPITEAU NORMAND
(ou comment finir à danser de l’EBM en regardant la Manche avec une bière tiède et des bouchons d’oreilles dans la poche)

Il y a des festivals qui essaient de devenir gigantesques. Et puis il y a ceux qui préfèrent rester humains, légèrement dangereux et remplis de groupes aux noms qui ressemblent soit à une excellente idée, soit à une erreur de parcours sous noise belge.

Bienvenue à 𝑳𝑨 𝑴𝑨𝑪𝑯𝑰𝑵𝑬 𝑨 𝑩𝑶𝑼𝑱𝑶𝑼𝑿. Festival normand des musiques indés qui revient à Dieppe les 18 et 19 septembre avec une programmation qui sent très fort :
- le rock moite sous chapiteau
- les découvertes imprévues
- les coups de cœur de gens qui écoutent vraiment les groupes qu’ils programment
- et les lombaires détruites mais heureuses.

Au programme : punk, noise, post-punk, hardcore, shoegaze, psyché, EBM, cold wave, synthwave et autres manières élégantes de déplacer son oreille interne avec des amplis.

Et honnêtement ? La prog a une vraie gu**le.

Soft Palms (USA) / shoegaze rock dream pop immersive
C’est Qui ? (NL) / garage punk
Wax Jaw (USA) / punk rock post-punk
Junkyardpool (BE) / punk
Violent Sadie Mode / punk hardcore
Vyryl / EBM rock
Rougir / rock électro
Lovataraxx / cold wave minimal synthwave
The Vulvet Underground / rock remise
This Will Destroy Your Ears / rock noise shoegaze
La Beauté du Diable / DJ set

Et surtout : le collectif assume totalement son ADN. Petite jauge. Esprit convivial. Artistes indépendants. Ambiance safe. Pas de relous. Organisation inclusive.

Franchement ?
Ça sent le festival monté par des gens passionnés qui préfèrent les vraies découvertes aux énormes machines interchangeables. Le genre d’endroit où tu viens « juste voir un groupe » et où tu repars avec trois nouveaux noms dans la tête, un tote bag, un acouphène léger et l’envie de revenir l’année suivante.

Je valide fortement la vibe.










CARTOGRAPHIE DE FESTIVAL  #57LE BAR À EAU, OU L’ENDROIT OÙ L’ON RESSUSCITE DES BIPÈDES EN FIN DE VIE(Série d’observation...
31/05/2026

CARTOGRAPHIE DE FESTIVAL #57
LE BAR À EAU, OU L’ENDROIT OÙ L’ON RESSUSCITE DES BIPÈDES EN FIN DE VIE
(Série d’observation hivernale en attendant les migrations festivalières. Aujourd’hui : jet d’eau, carafes balancées et humanité vacillante)

En festival, il y a un moment précis.
Un moment où ton corps décide sans te consulter. Je ne veux plus de bière. Je ne veux plus de gras. Je suis déshydratée comme une gaufrette.
Plus de salive. Plus de lucidité.
Les jambes fonctionnent par habitude.
Je veux de l’eau.
Et soudain le corps découvre le concept d’hydratation après 9 heures de houblon et de frites/saucisse.

Parfois y’a la fontaine des ch****es qu’on regarde tous avec suspicion.
Parfois, le robinet te fait hésiter entre hydratation et salmonelle.
Parfois y’a un robinet, très loin
Parfois, y’a un robinet mais sans signalétique.
Parfois, y’a deux ans de queue autour d’un robinet qui coule comme un hamster qui pleure.
Et parfois, miracle. Le bar à eau.

Souvent placé stratégiquement. En sortie de fosse. Là où les corps sont encore chauds, trempés, vivants mais douteux.
C’est une zone officiellement classée entre « after intense et communion musicale » et « début d’insolation clinique ».

✅L’arrivée

La file est longue. Mais calme. Ici, personne ne râle. Personne ne pousse. Des gens tiennent encore debout par pure politesse sociale. D’autres fixent le vide. Avec un gobelet. Ils ont le regard d’un cheval après une transhumance.
La faune est magnifique : regards vitreux, maquillages en fuite, rouges, luisants, t-shirts essorables, dignité en suspension et voix de crécelle desséchée.
On dirait des survivants d’un documentaire animalier tourné dans un four à pizza.

✅Le staff (gloire au Cabaret Vert notamment)

Ils savent. Ils ont vu passer des héros, des survivants et des gens qui ont fait un mauvais calcul. Ils ne posent pas de questions inutiles. Ils évaluent à l’œil.
Ils ont un niveau de diagnostic médical qu’on ne retrouve plus que chez les urgentistes et les barmen de métal.
Un jet d’eau. Une carafe. Parfois directement dans la bouche. Ou le jet dans la gu**le. La casquette dans le bac à glaçons directement reposée sur la tête.
Technique ancestrale dite du « bo**el faut le refroidir ». Ils ne servent pas. Ils réaniment.

✅Le moment

Tu bois. Ce n’est pas une boisson. C’est un retour dans le corps. L’eau coule. Tu respires à nouveau. Tes organes se reconnectent. Tu sens ton foie redémarrer Windows. Tu te dis : pu**in, j’étais pas loin !

✅La métamorphose

En quelques minutes, les visages reprennent des couleurs.
Quelqu’un sourit. Quelqu’un dit merci.
Quelqu’un réalise qu’il va survivre. Y’a des têtes creusées qui reprennent forme. Comme des éponges. Le miracle de Lourdes mais avec des gobelets réutilisables.
C’est beau. Un peu.
On repart différemment. Plus vite. Plus humble. On ne plaisante pas avec le bar à eau. On le remercie intérieurement.

✅Amen

Le bar à eau est le seul endroit du festival
où personne ne fait semblant. Pas de concept. Pas de branding. Pas de posture.
Juste de la flotte, des corps et de la bienveillance efficace.
C’est le service public non déclaré du chaos.
L’ange gardien en gilet fluo.
Et parfois le seul rempart entre toi et un malaise à côté des toilettes sèches.
S’il fallait garder un seul stand quand tout le reste s’effondre, ce serait celui-là.
Le bar à eau ne promet rien. Il sauve.

PS. Le bar à eau c’est classe mais, dans tous les cas, les festivals sont tenus par la loi de mettre un point d’eau potable gratuit à disposition du public. Si y’en a pas, et qu’on vous dit d’acheter une bouteille de flottes à 2 euros, vous pouvez gu**ler. De rien. Bisous.

Prochainement on poursuit la carto avec un nouveau spécimen : le Taz, ou cette créature survitaminée qui considère le sommeil comme une faiblesse morale.




















RETOUR DE FOSSE / EOSINE : LE NOM D’UN MÉDICAMENT, L’ÉNERGIE D’UNE SUPERNOVA(ou comment quatre Belges ont débarqué en pr...
30/05/2026

RETOUR DE FOSSE / EOSINE : LE NOM D’UN MÉDICAMENT, L’ÉNERGIE D’UNE SUPERNOVA
(ou comment quatre Belges ont débarqué en première partie d’IST IST et ont retourné L'Aéronef avant même que Manchester n’arrive)

Avant IST IST, il y avait Eosine.

Déjà, parlons du nom.

Eosine, c’est un liquide rouge désinfectant qu’on appliquait sur les genoux des enfants après une mauvaise décision. Moins utilisé maintenant, il a hanté mon enfance.

Le groupe ? Je connaissais le nom. Je savais vaguement qu’ils étaient très jeunes et belges. De Liège. Ce qui, honnêtement, n’est plus un détail anodin vu le nombre de groupes complètement improbables et prodigieusement dingues que la Belgique produit depuis des décennies. J’ai pas été déçue.

Parce qu’une fois sur scène, Eosine ne soigne absolument rien. Eosine provoque des phénomènes.

Et là, je vois débarquer quatre jeunes gens habillés en blanc comme s’ils hésitaient entre cérémonie païenne, rêve fiévreux et crash artistique dans une usine de brouillard. Je me contracte un peu. Vieux réflexe de corneille goth. Parce que sur le papier : moustache, mulet, torse nu sous veste blanche on est à deux centimètres d’un drame côté basse. Mais j’ouvre les chakras du foie.

Première pensée : « Ah. Intéressant. »
Deuxième pensée cinq minutes plus t**d :
« Bon Dieu mais ils sont en train de retourner la salle. » Parce qu’Eosine est extrêmement difficile à ranger dans une case.

Shoegaze ? Oui.
Dream pop ? Aussi.
Post-rock ? Par moments.
Post-punk ? Un peu.
Rock alternatif ? Également.
Growl ? Aussi.
Noise chelou ? Ça arrive.

En réalité, ils prennent tout ça, le secouent très fort et balancent le résultat dans un accélérateur de particules émotionnel.
D’un côté, des nappes immenses, des textures qui flottent, des guitares qui se déploient comme du brouillard lumineux.

De l’autre : du mouvement partout.
Parce que contrairement à l’image classique du shoegaze où quatre personnes regardent leurs pé**les pendant quarante-cinq minutes, Eosine joue cette musique comme si la scène était en train de prendre feu.

Et au centre de tout ça, Elena Lacroix.
Présence immédiate. Une voix qui te met à l’arrêt direct. Une voix capable de passer de quelque chose de presque aérien à une montée qui te traverse la cage thoracique sans prévenir.

Autour d’elle, le groupe entier semble fonctionner sur une énergie très belge que j’ai du mal à expliquer mais que je reconnais immédiatement : zéro cynisme, zéro pose, mais une intensité absolument déraisonnable.

Mention spéciale au bassiste qui a visiblement décidé de jouer chaque morceau comme s’il était en train de défendre physiquement l’existence même de la basse électrique.Respect total pour cette démarche.

Le plus impressionnant reste pourtant autre chose. C’était leur première fois dans cette salle. Première partie. Public a priori pas marrant venu pour IST IST.
Configuration classique où les gens discutent, vont chercher une bière et attendent la tête d’affiche.
Sauf qu’au bout de quelques morceaux, quelque chose a changé.
Les conversations se sont arrêtées.
Les regards se sont tournés vers la scène.
Et progressivement toute la salle s’est mise à regarder Eosine.

Le genre de moment qu’on reconnaît immédiatement quand on voit beaucoup de concerts. Le moment où une première partie cesse d’être une première partie.

Et devient le sujet. Franchement ?

Si le but était de se présenter au public lillois, mission accomplie. Parce qu’en sortant, personne ne demandait seulement comment était IST IST. Les gens parlaient aussi d’Eosine. Et ça, pour une première fois à l’Aéronef, ce n’est pas rien.

Merci à pour le complément de photos (j’avais de la buée sur la lentille)
J’ai essayé de filmer un peu. Pas beaucoup. Mais ça donne une idée. Sur mon profil insta.













RETOUR DE FOSSE / IST IST : MANCHESTER A DÉBARQUÉ À LILLE ET JE ME SUIS TRANSFORMÉE EN NEM VAPEUR AVEC DES DOCS(ou comme...
29/05/2026

RETOUR DE FOSSE / IST IST : MANCHESTER A DÉBARQUÉ À LILLE ET JE ME SUIS TRANSFORMÉE EN NEM VAPEUR AVEC DES DOCS
(ou comment quatre Anglais élevés sous la pluie ont transformé l’Aéronef en annexe émotionnelle du Grand Manchester)

Rien n’aurait pu me faire rater IST IST à L'Aéronef. Rien. Ils ont donné une date de transit en France au retour du Wave Gotik Treffen. C’était presque chez moi. À Lille. J’ai donc affronté une chaleur absolument absurde pour aller retrouver l’un des groupes actuels les plus passionnants de Manchester.

Déjà. IST IST c’est un groupe Covid. Ils ont sorti leur premier album en 2020, quand on était enfermés comme des rats privés de décibels et de vie normale. DIY jusqu’au bout des ongles : propre label (Kind Violence Records), propre production, réputation construite à l’ancienne par les concerts, le bouche-à-oreille et une fanbase extrêmement fidèle. Une anomalie. Cinq albums en six ans. À ce stade, soit ils travaillent beaucoup, soit ils ont trouvé une faille dans l’espace-temps Cinq albums déjà et ils enchaînent les sold out au Royaume-Uni. Surtout chez eux où ils sont devenus l’un des nouveaux fleurons de la scène locale.

Et forcément, ils revendiquent leurs racines post-punk mancuniennes. Mais ils y ajoutent des synthés, des textures, des sons chelous, des séquences électroniques et une vraie modernité sans ressortir Joy Division du congélateur à chaque interview. Merci à eux.

Vu d’ici, IST IST n’est pourtant pas encore bien connu. Le petit club de l’Aéronef était donc parfaitement logique. De l’autre côté de la Manche, en revanche, les mecs jouent déjà dans une autre catégorie. Genre remplir le Albert Hall chez eux.
Ici, j’ai même eu la chance de les croiser avant le concert. Quatre types en glandouille dans le patio. J’ai été alerté par l’accent au loin car je connais pas bien leur tronche. C’était eux. Ce qui m’interpelle sur une nouvelle compétence : identifier les Mancuniens comme d’autres reconnaissent les espèces migratrices. Vérification discrète sur Google. Confirmation. Approche.
Juste quatre types en terrasse en train de profiter du soleil lillois. Ce qui est déjà suspect pour des gens élevés sous la pluie anglaise et qui remplissent les salles de l’autre côté de la Manche.

Une heure plus t**d, les mêmes types allaient transformer l’Aéronef en annexe émotionnelle du Grand Manchester.
Sur scène, IST IST ressemble exactement à ce que Manchester produit de mieux : une présence. Un flow. Une philosophie locale : on est triste mais on danse quand même.

Adam Houghton tient le centre avec une voix très particulière. Pas seulement grave.
Des chanteurs graves, il y en a plein. Lui possède une voix qui semble déjà contenir la météo du Nord-Ouest anglais dedans.

Tee shirt banal. Guitare honnête.
Puis il ouvre la bouche. Et immédiatement : signature vocale. Les yeux fermés, dans le brouillard, dans la vapeur humaine ou au fond d’un tunnel, tu sais que c’est IST IST.

À la basse, Andy Keating apparaît comme une silhouette sortie d’un film noir. Énergie du type qui a vu des choses dont il préfère ne pas parler mais qui va groover quand même.

Derrière, Joel Kay se manifeste principalement sous forme d’un crâne chauve apparaissant entre deux cymbales. Preuve scientifique de l’existence d’un batteur qui maintient toute la machine en mouvement.

Enfin Mat Peters, à la guitare et aux claviers, construit les textures et les nappes comme un homme occupé à négocier directement avec le climat local.

L’ensemble dégage quelque chose de rare :
une élégance sans effort. Une force tranquille. Un post punk pur qui frôle avec le goth rock parfois. Et parfois les fantômes de la Hacienda qui passent discrètement entre deux morceaux.

Et là arrive le seul problème de la soirée.
Vingt-deux morceaux si j’ai bien compté la set list que j’ai aperçu à l’envers (avant qu’un flan l’arrache avant le rappel). VINGT-DEUX.
La setlist la plus longue de l’histoire de Fosse Commune.
Plus long, il faut appeler The Cure.
Attention : ce n’est pas une critique.
Parce que sur scène, IST IST, ça déboîte.
Mais il faisait une chaleur de forge industrielle. À partir du quinzième morceau, j’ai cessé d’être une personne. J’étais un nem vapeur avec des Doc Martens.

On transpire dans des endroits que même la biologie ignore. À un moment, on décroche un peu.

Et c’est dommage. Parce qu’après arrive l’autoroute des bangers. Dont un immense I Am The Fear. Le morceau qui m’a fait découvrir le groupe. Et qui reste un pied absolu en live.

La fosse souffre. La fosse danse. La fosse fond. À la sortie, nous étions tous rouges, trempés et vaguement cuits à cœur. Je pense sincèrement que l’énergie dégagée dans le patio de l’Aéronef aurait pu faire avancer le petit train de la baie de Somme.

On était morts. Mais heureux.

Et ça, finalement, c’est la définition exacte d’un bon concert.

Merci à pour le complément de photos (j’avais de la buée sur la lentille)
Comme d’habitude j’ai mis un petit bout de vidéo sur mon Insta si vous voulez entendre.













Adresse

16 Rue Du Temple
Reims

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