20/02/2025
En soutien aux accompagnateurs des CNSMD, je relate une anecdote, du vécu !
J’ai ete l’accompagnateur des plus grands violonistes au monde dans les années 90/2000. Repin, Menuhin, Baraty, Wulfson etc… puis comme toute personne j’ai travaillé dans un conservatoire d’arrondissement, il fallait manger…
Très apprécié par mes compétences et mon énergie passionnée de ce métier, tous les profs me voulaient et moi, ben ok bien sûr et avec le sourire parce que j’adore et c’est flatteur d’être autant sollicité.
Puis arrive la période d’examen, 1er cycle de violon 64 candidats. Évidemment le rituel des répétitions en amont se met en place, chacun voulait 3 répétitions pour chaque élève (je suggérais 2 mais non…) faisons les comptes 64x3=192 répétitions de 20 min! Tout ca pour un morceau qui dure 45 secondes et qui n’est pas d’une beauté saisissante (dira-t’on). Le jour de l’examen se passe et dans mon for intérieur je me dis « allez c’est bientôt fini » puis arrive le 42eme candidat(!) il joue très bien il est en place et joue juste et lá je fais l’erreur de vouloir enjoliver le morceau en improvisant des petites intentions dans le goût du morceau évidemment. Malheur m’en a pris, le petit garçon s’est arrêté et me regarde en pleur, me disant « je ne reconnais pas le morceau »!
La foudre du professeur puis convocation par le directeur, je suis aussitôt éjecté de l’établissement. J’ai eu beau me défendre en avançant que c’est inhumain d’infliger à un seul accompagnateur une telle charge, sans compter tout le reste, mais rien n’y a fait! Ni mes compétences ni tous les concerts d’étudiants que j’avais organisé tout au long de l’année… »au revoir Monsieur »!
Un an plus t**d mon intégrale des sonates piano/violon de Beethoven sortait et je bossais à l’opéra de Paris.
Et depuis la vie continue et j’enseigne l’art de l’accompagnement…