La Coopérative 06

La Coopérative 06 En janvier 2011, La Coopérative a remporté l’appel d’offres lancé par la Ville de Nice pour la gestion artistique de Nikaïa Live (salle 700) au palais Nikaia.

11/09/2026

Colère de Benjamin Biolay contre France Inter, symptôme d'une dérive plus large

Le chanteur a dénoncé l'utilisation détournée d'un de ses titres consacré aux migrants morts en Méditerranée par l'humoriste Sophia Aram, en pleine polémique sur l'arrivée d'un cadre de Valeurs actuelles à l'antenne de la radio publique.

Il fallait sans doute s'y attendre. Quand une chaîne publique choisit de banaliser l'extrême droite en lui offrant un micro chaque dimanche matin, les dérapages finissent par se multiplier. Cette semaine, c'est Benjamin Biolay qui en a fait les frais, et avec lui, la mémoire de tous ceux qui ont péri en tentant de traverser la Méditerranée.

Dans sa chronique consacrée à l'arrivée controversée de Charles Sapin, directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, sur France Inter, l'humoriste Sophia Aram a choisi d'illustrer son propos par un extrait sonore de La Traversée, chanson que Benjamin Biolay avait composée en 2022 en hommage aux migrants disparus en mer. Le procédé se voulait drôle, moqueur à l'endroit des salariés en grève qui menaçaient, selon la chroniqueuse, de diffuser l'intégrale de l'artiste plutôt que de cesser le travail. Le résultat est d'un tout autre ordre : une chanson née du deuil et de la solidarité, réduite au rang de private joke pour habiller une polémique de rentrée.

La réaction du chanteur n'a pas t**dé. Sur les réseaux sociaux, visiblement excédé, il a qualifié ce détournement d'absolument ignoble, rappelant le sens profond du texte et le contexte tragique qui l'a inspiré. Il a également republié les paroles de sa chanson, comme pour remettre les choses à leur juste place face à une plaisanterie qu'il juge indigne du sujet.

Car au fond, cette petite polémique en dit long sur la manière dont une partie du service public traite aujourd'hui les enjeux les plus graves de notre époque. Pendant que des femmes et des hommes continuent de mourir en mer faute de voies légales et sûres pour rejoindre l'Europe, on trouve le moyen d'en faire une private joke radiophonique. Pendant que les salariés de Radio France se mobilisent, à raison, contre la normalisation d'une ligne éditoriale d'extrême droite au sein de leur propre maison, on choisit de tourner leur colère en dérision plutôt que de l'entendre.

Car il ne faut pas s'y tromper : le vrai sujet, ce n'est pas la chanson de Benjamin Biolay. C'est l'entêtement de la direction de Radio France à imposer, envers et contre l'unanimité de ses rédactions, un responsable d'un magazine classé très à droite comme éditorialiste hebdomadaire. Réunis en assemblée générale début septembre, les personnels ont voté à l'unanimité une motion de refus catégorique, rappelant que le pluralisme ne saurait servir de prétexte à la légitimation de n'importe quelle parole. Un préavis de grève a été déposé pour les 13 et 14 septembre, et un rassemblement est prévu le jour même de la chronique contestée. Face à cette mobilisation inédite, la présidente de Radio France a maintenu sa décision, invoquant un service public qui ne serait ni un champ de bataille ni un espace aseptisé, quand ses propres salariés y voient au contraire une ligne rouge franchie.

Cette affaire résume à elle seule le glissement à l'œuvre dans une partie de nos médias : sous couvert de pluralisme, on ouvre grand la porte à des idées qui stigmatisent les plus vulnérables, et quand des voix s'élèvent pour le rappeler, fût-ce à travers une chanson, on préfère en rire plutôt que d'interroger le fond. Benjamin Biolay a eu raison de hausser le ton. Il serait temps que d'autres, à commencer par ceux qui dirigent nos radios publiques, fassent de même.

Sources : 20 Minutes, Puremédias

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10/09/2026

EDITO - Michel Sajn in LA STRADA N°391 couvrant la période du 7 SEPT au 4 OCT. 2026 qui vient de sortir dans les bacs et sutr le net www.la-strada.net
LE "VIVANT" EN VAUT LA PEINE !
Être en vacances et essayer de "déconnecter" (cf. couverture de La Strada n°390) de l'enfer de la chaleur, des incendies et des changements climatiques, mais aussi politiques, fut difficile. Mais reprendre en pensant à tout cela, et y rajouter les sautes d'humeur d'un vieillard orange qui se comporte comme un cancre morbide et met la Planète en vrac, sans compter les guerres, les présidentielles qui annoncent une "campagne de caniveau"... c'est vraiment trop ! Car l’énumération de tous ces troubles qui secouent notre planète serait presque quantité négligeable face à la catastrophe annoncée : l'affaiblissement du Gulf Stream. Hé oui ! Le bout du bout est en vue… Car lorsque ce courant maritime, régulateur d'une partie de la température terrestre, s'interrompra, nous nous retrouverons dans ce film catastrophe : The Day After Tomorrow... Certes caricatural, mais qui est un condensé de ce qui pourrait arriver.
Aussi, l'éco-anxiété augmente dans la population, surtout chez les jeunes qui désespèrent de voir les adultes aux manettes se prendre la tête sur des petites phrases, sur des concepts qui n'ont rien à voir avec ce qui les effraie vraiment. On a envie de dire à notre classe politique : "Un peu de sérieux, mesdames et messieurs… Je vous demande de vous arrêter !"
Mais nous espérons que ce numéro résonnera comme celui de la découverte par le livre grâce au Festival de Mouans-Sartoux (programme complet pages 24-25), qui nous dit cette année que Le monde en vaut la peine… Comme un appel, pour que tout un chacun réalise que notre Terre et le vivant qui l'habite valent la peine qu'on les préserve. Que ce concept devrait passer avant tous les autres tant il est essentiel. Rappelons-nous que nous vivons tous sur la même planète, que nous ne devons pas la transformer en "radeau de la Méduse", sous peine de faire disparaître toutes ses merveilles. Le livre est un moyen de voyager, de découvrir, de réfléchir, d'inventer... Préservons-le aussi, ne laissons pas les écrans le supplanter, ne laissons pas certains oligarques le censurer, l'orienter et, tout compte fait, le détruire. Il en va de notre culture, de notre lien social.
À ce propos, vous trouverez une chronique sur Le Livre de la honte (page 31), que nous avons découvert dans un autre festival exceptionnel : le Festival du Film de Douarnenez, où les documentaires ont la part belle. Il donne la parole aux réfugiés qui sont retenus contre leur gré dans des camps en Libye, en Tunisie, au Niger, etc., que l'on déporte, que l'on sous-alimente, que l'on torture, que l'on tue, que l'on livre au marché le plus sordide, celui des êtres humains et de leurs organes. Ces réfugiés ne sont pas de "bonnes victimes" expiatoires. Ils dénoncent la sale besogne
du HCR (Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés) qui, loin de les protéger, les laisse à la merci des criminels et de leurs trafics effrayants. Étrangement, les médias mainstream ne livrent pas ces informations. Il n'est donc pas étonnant que la xénophobie prospère. Car il est sûr que si l'on montrait la vérité de leur condition, beaucoup plus de gens comprendraient leur fuite, qui ne vise ni à "remplacer", ni à envahir, mais juste à survivre.
Dans le genre mauvaise victime, qui n'adopte pas la contrition comme seule posture et demande des comptes, vous retrouverez Thierry Vimal et le seul-en-scène : Prom_14, qu'il a écrit (page 23) au sujet de l'attentat de Nice du 14 juillet 2016. C'est une des rares œuvres sur ce sujet et surtout, c'est une des rares tribunes ouvertes aux victimes et à leurs proches. Car souvent, pour les attentats comme pour les meurtres ou pour les crimes se***ls, on parle bien plus des agresseurs que des victimes. Ces dernières doivent lutter pour accéder aux tribunes médiatiques et politiques, ce qui, une nouvelle fois, est un paradoxe funeste dont nos sociétés ne manquent malheureusement pas en ce moment. Prom_14 se jouera au Festival du Livre de Mouans-Sartoux, là encore parce que la défense de la vie et la compassion en valent la peine. La Strada y présentera aussi, sur son stand A011, des auteurs qu'elle soutient (pages 22-23).
Enfin, dans le droit fil de ce désir de vivre et de préserver la vie, nous évoquons aussi le festival de Clown Power, manifestation familiale qui se déroulera au 109 (page 10). Le clown a ce grand avantage de pouvoir s'adresser aussi bien aux familles qu'aux adultes seulement, histoire d'interpeler le public sur nos "dérapages" modernes. Le clown, c'est un peu la base de la comédie. Il ne s'invente pas, il faut que chacun trouve le sien en lui-même. Cette autre vision de l'ego à l'éclairage de l'absurde est une manière de nous remettre tous d'accord, en riant, parce que le monde tel qu'il évolue ne peut pas être pris au sérieux ! Bonne lecture.

07/09/2026
07/09/2026
06/09/2026

EXÉCUTION DE FEDERICO ARAMBURÚ PAR DES NÉO-NAZIS IL Y A QUATRE ANS : LE PROCÈS S'OUVRE DEMAIN

– En mars 2022, des militants d'extrême droite armés, déjà condamnés, proches de policiers et liés au RN assassinaient une star du rugby dans un silence médiatique et politique assourdissant. Ils sont jugés à partir du 7 septembre. –

«Ce que j’ai préféré, ce sont les quatre dernières bastos que je lui ai mises dans le buffet». Ce sont les mots glaçants du néo-nazi Loïk Le Priol, à propos du rugbyman Federico Martín Aramburú, qu'il a tué en pleine rue. C'est depuis sa cellule, où il a pu faire rentrer un téléphone portable, que le tueur d'extrême droite a tenu ces propos totalement dénués de remords, lors d'une conversation téléphonique entendue par un surveillant.

Cet ancien militaire, membre du GUD et de réseaux liés à Marine Le Pen, qui était protégé par la police jusqu'à son arrestation en Hongrie, sera jugé avec ses complices à partir de demain, lundi 7 septembre. Ce procès est l'occasion de montrer la violence de l'extrême droite, son impunité, ses complicités au sein des autorités, et surtout de parler de la mémoire de Federico Martín Aramburú. Pour rappel, il y a quatre ans, sa mort était passée quasiment inaperçue dans les grands médias, et n'avait suscité aucune réaction d'ampleur, alors qu'une élection décisive allait avoir lieu.

Revenons en arrière. Nous sommes quelques jours avant les dernières élections présidentielle, le 19 mars 2022, au cœur de Paris : deux néo-nazis alcoolisés agressent un homme non-blanc qui leur demandait une cigarette. Les injures racistes fusent, et un rugbyman argentin ayant une brillante carrière internationale s’interpose : c'est Federico Martín Aramburú. Avec son ami, il se retrouve roué de coups par les néo-nazis. Le plus violent, Loïk Le Priol, ancien du GUD – groupuscule violent d’inspiration fasciste –, exhibe un brassard de police pendant la bagarre.

L’altercation ne s’arrête pas là. Les néo-nazis reviennent, armés, dans une vieille voiture militaire. Loïk Le Priol abat de plusieurs b***es dans le dos Federico Martín Aramburú. Le père de famille meurt peu après en soufflant à son ami : «Appelle la police, je vais mourir». Assassiné par b***e, en plein Paris, pour avoir réagi à une agression raciste. Ces faits, à eux seuls, auraient dû provoquer un séisme politique avant l’élection. Il n’en a rien été. Les médias, qui se précipitent d’habitude sur le moindre fait divers, sont alors d’une discrétion sidérante. Il ne fallait surtout pas gâcher la fin de campagne de Marine Le Pen et risquer une présence de la gauche au second tour.

Le Ministre de l’Intérieur, qui publie plusieurs tweets par jour sur tout et n'importe quoi, n’avait pas eu un mot pour la victime. Ce meurtre était pourtant une affaire d’État, car plusieurs jours plus t**d le tueur était arrêté, non pas par la police française, mais à la frontière ukrainienne où il s’apprêtait à rejoindre le front ! De quelles complicités a-t-il bénéficié ? Comment le tireur a pu parcourir ces milliers de kilomètres après avoir abattu un homme au cœur de la capitale ?

Une première réponse se trouve au domicile de Loïk Le Priol : des effets siglés Police, entre autres, sont retrouvés par les enquêteurs. Chez son complice, un certain Romain Bouvier, ils tombent sur un buste d’Hitler et une dizaine d’a***s à feu de différents calibres, ainsi qu'un gilet pare-b***es de la Police et un exemplaire, en allemand, du livre Mein Kampf.

De révélations en révélations, l’affaire est de plus en plus vertigineuse : un policier de la DRPJ, la direction régionale de la police judiciaire, reconnaît avoir passé une partie de la soirée avec Le Priol et son complice, avant l’altercation puis les coups de feu. Il avait bu des verres avec les néo-nazis jusqu'à 3 heures du matin, selon ses aveux.

Quant à Loïk Le Priol, il avait déjà été condamné pour des actes de torture et de barbarie sur un de ses camarades fascistes. Il était donc en principe interdit de séjourner à Paris. Il avait aussi servi dans l’armée et avait étranglé, sans la tuer, une femme à Djibouti, alors qu’il était soldat. Le Priol se vantait aussi d’avoir «buté plus d’un mec». Un danger public. Et malgré cela, il se promenait tranquillement avec des a***s et dînait avec un officier dans une ville où il n'avait pas le droit de paraître. Les complicités entre police et criminels d’extrême droite sont donc avérées, et cela n’a été révélé que plusieurs mois après les faits, de façon confidentielle.

Les deux tueurs avaient aussi des liens directs avec le RN, puisque les fondateurs du GUD font partie du cercle rapproché de Marine Le Pen. Loïk Le Priol lui-même était lié à l’influenceur d’extrême droite Julien Rochedy, qui fut conseiller du parti. Il était au cœur du maillage néofasciste. Là non plus : aucune enquête sérieuse sur ces réseaux, aucun appel à la dissolution du RN et, évidemment, aucune polémique sur les plateaux télé pour accuser les élus du RN. Le parti d’extrême droite a terminé sa campagne présidentielle sans aucune difficulté, préservé par l’écosystème médiatique.

En résumé : deux néo-nazis violents, déjà poursuivis pour des actes criminels, se promenaient armés à Paris – alors qu’ils étaient sous contrôle judiciaire et interdits d’aller dans la capitale –, ils ont passé la soirée avec un gradé de la police, avant d’assassiner un homme par b***es. Relisez cette phrase. Mesurez-en la gravité. Et interrogez-vous sur le fait que les éditorialistes ont organisé une omerta sur cette affaire. Quatre ans après, les mêmes éditorialistes ont créé un véritable culte autour de Quentin Deranque, autre néo-nazi armé, présenté cette fois-ci comme une victime.

Toutes les vies ne se valent pas, et c’est ce que rappelait l'avocat des proches d'Aramburù, Maître Christophe Cariou-Martin, en février dernier. Il soulignait qu'en mars 2022, il n’y a eu «aucune réaction publique, aucune condamnation», alors que Deranque a bénéficié d'une minute de silence au Parlement et d'un hommage national, que son portrait est apparu sur des mairies et bâtiments officiels, et qu'il a obtenu un soutien unanime de la classe politique, de François Ruffin à Eric Zemmour.

Les personnes tuées par l’extrême droite n’ont pas le droit à leurs visages sur les bâtiments officiels, ni à plusieurs semaines de drame médiatique. L'avocat de la famille Aramburù l'expliquait : «Le silence politique d’il y a quatre ans est une monstruosité violemment assénée aux amis et à la famille [du défunt] ainsi qu’à toutes les victimes, avant et après lui». Faisons en sorte que le procès qui commence puisse mettre en lumière ces crimes passés sous silence.

29/08/2026
27/08/2026

Après Nexon et Aurillac la semaine dernière, nous étions hier à Bussang 🌳 pour continuer notre tour des festivals.

Ce cercle en forêt au Théâtre du Peuple - Maurice Pottecher 🪵 avec des spectateur·rices, des professionnel·les, des travailleur·ses du secteur, assis·es ensemble pour parler et sensibiliser à ce qui est en train d'arriver au spectacle vivant :
▪️ un définancement de la culture sans précédent, c'est pourquoi nous réclamons son refinancement à hauteur de 1% du budget de l'État
▪️ une précarité grandissante pour les compagnies
▪️ une vigilance accrue à apporter à la liberté de création, de plus en plus souvent menacée

Un spectateur a posé la question qui revient souvent 💬 : « En tant que public, on se sent désemparé, qu'est-ce qu'on peut faire pour soutenir le spectacle vivant public ? »

L'organisation de ces échanges fait partie de notre réponse. C'est aussi là que se dit ce que la culture produit réellement ✨ : des imaginaires partagés, de l'ouverture, de l'espoir...
👉 L'autre réponse tient en un geste : signez l'appel, partagez-le autour de vous.

✍️ SIGNEZ ✍️ https://www.leslignesbougent.org/petitions/culture-partout-1-obligatoire-23710/

💜 Merci à toute l'équipe du Théâtre du Peuple - Maurice Pottecher qui nous a accueillis à l'occasion de Saison d'été 2026.


📸 photo : Syndeac - Sevana Holst

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