07/01/2026
Une belle année à toutes et tous 🌸🌸🌸
Et on ouvre notre page janvier 26 avec un genre de lettre ouverte.
On avait envie d’écrire.
Depuis là où on est. Depuis notre petit théâtre de quarante places, accueillant du public. Juste pour dire ce qu’on vit.
Car on essaie, à notre niveau, à notre échelle, de faire culture.
À Lodève, on parle beaucoup de culture en ce moment à l'approche des municipales.
C’est bien que ce mot circule en tous cas. ça ouvre l'echange.
Ça circule, sur les réseaux. Et c’est déjà précieux.
Je (Séverine) vais parler aussi depuis ma petite histoire.
Je viens d’une cité, Croix-Rouge à Reims.
Famille ouvrière.
Et j’ai eu de la chance niveau culture.
Une mère qui m’encourageait. Pas dans les études certes mais, celle d'aller dans toutes les activités proposées. A dire oui, à essayer : le théâtre, la danse, la gym, les claquettes, la guitare, le judo, les colos.
Même si le quotidien n’était pas rose tout le temps. Elle m’a permis d'ouvrir des chemins. Des chemins pour l’intérieur.
La cité… je ne la raconte pas comme un décor. C’était mon endroit.
On traînait dehors très tôt et jusqu'à t**d. Autonomes. Trop parfois.
Il y avait de la délinquance. Oui. On le savait.
Mais on savait aussi où ne pas aller.
Et puis… il y avait nos petits coins de paradis avec les copines. Le banc de l’abri-bus. Le coin de la cabine téléphonique.
Le parc, le square à jeu et les tourniquets. La petite butte du parc d’où on voyait tout.
On regardait passer le temps, les gens.
Il y avait les grands frères. Les grandes sœurs. Les gars du quartier. Les chelous et les relous.
Si j’ai fait du théâtre, ce n’est pas parce que j’en avais les codes.
C’est parce que des intervenants et des artistes sont venus jusque dans nos écoles.
Nos collèges. Nos gymnases. Nos MJC.
Théâtre. Danse. Musique. Sport.
Je ne comprenais pas tout. On ne se posait même pas la question de comprendre, on le vivait. On le prenait.
ça m’a donné du grand. Du beau. Du possible. De l'ailleurs. De l’espoir. C'est ça la force et la puissance de la culture.
En autodidacte, avec des formations et depuis quinze ans, je travaille dans le spectacle vivant, auprès de compagnies de théâtre et danse, dans l’accompagnement artistique et la fabrication des œuvres. J’ai vu la crise culturelle s’installer lentement, user les forces, raréfier les moyens, détruire les temps de création, les lieux, les évènements, festivals.
Aujourd’hui, depuis trois ans, je fais la programmation et la communication du Théâtre de la Bicyclette. En parallèle de mon travail avec mes compagnies.
Et là, je parle en nous.
La Bicyclette, c’est un lieu de 40 places.
À taille humaine.
Ancré dans le quartier.
créé et fabriqué avec soin par Caroline et Jean son mari.
Caroline. Mon amie.
La créatrice.
Avec ses idées.
Sa formation éducative.
Son énergie.
Elle a su mêler social, médiation et culture sur le terrain.
Elle ne le dit pas.
Mais moi… j’ai envie de le dire.
Sans elle, et sans Jean bien sûr, le maitre d'oeuvre il n'y aurait pas eu la Bicyclette le lieu !
A la Bicyclette, on accueille des artistes qui nous font vibrer.
Par coups de cœur.
Et aussi des artistes de tout genre toutes couleurs artistiques qui louent le lieu à prix accessible.
Pour que tout le monde puisse se montrer. l’essentiel est là : faire cohabiter les propositions.
Le théâtre, c’est surtout au départ une aventure collective.
Trois ans de bénévolat. il y a eu des profs de théâtre. Un régisseur. Un graphiste.
Un conseil d’administration présent.
Une équipe de bénévoles qui a appris à faire ensemble.
Ce qui relie… ce sont des gestes simples. Des cafés culture: philo psyho, des projets de médiation avec les bébés.
Les assistantes maternelles. La crèche.
Le collège en lien avec le pass culture, L’hôpital de jour, le PRE (projet de réussite éduative) et le theatre d'impro.
Des samedis échecs.
Tenir le café le matin et les soirs de spectacle.
Tout ça, on l’a fait pendant trois ans.
En bénévolat.
Par conviction.
Par nécessité.
Par rêve.
Ça n’a pas été simple. Doutes. Ajustements. Questions réstées sans réponses.
Et depuis peu… on arrive à se dégager deux petits contrats par mois.
Juste assez pour continuer et espérer.
Face à la crise, la Bicyclette tient en cultivant : les liens, les pratiques, la présence. C’est pour nous le ciment de la résistance.
À Lodève, la culture est déjà vivante. Un musée. Une saison arts vivants.
Un cinéma. Une médiathèque. Des galeries d'art, des bars, des commerces, qui font des évènements.
Plus de 200 associations. Ce n’est pas un hasard dans une ville économiquement fragile par son histoire.
Ce qui manque… ce n’est pas la culture. C’est la reconnaissance, celle dont je parlais au début.
La circulation. Le sentiment d’appartenance.
Nous rêvons de liens.
De relier plutôt que séparer.
De valoriser ce qui existe déjà.
D’inventer ensemble des parcours.
Des micro-événements.
Des formes simples.
Pourquoi pas un signe commun.
Un symbole partagé.
Un panneau visible “Lieu vivant de Lodève”.
Pour dire : ici, on accueille. Ici, on fait ensemble.
Imaginer un coeur de ville en fête et pas juste des bouts d'événements par ci par là.
Si Lodève est une maison…
Alors nous en sommes les habitants.
Et une maison tient debout…
Quand chacun peut y prendre sa place.
Alors j'ai envie d'ouvrir sur ce que je rêve…et je sais que c'est de l'énergie et que le risque c'est de se retrouver à une poignée autour de la table mais :
C’est qu’on puisse s’asseoir toustes autour d’une grande table, bon un amphi c'est mieux : Avec Artistes. Associations. Habitants. Commerçants. Bénévoles. Lieux culturels. Lieux éducatifs. Lieux sportifs. Éducatifs, ludiques.
Non pas pour défendre chacun son bout de territoire.
Mais pour s'écouter. Dire juste ce que chacun.cune fait. Pour regarder ce qui existe déjà.
Ce qui marche. Ce qui résiste. Ce qui freine, les difficultés rencontrées. D'abord se reconnaître, je pense c'est hyper important. Car c'est peut être par ce chemin là qu'on peut commencer à se relier, peut-être quand on commence à se connaître un peu qu'on peut créer des possibles ensemble.
Allez dans culture au sens de cultiver les liens. C'est possible ça ?