10/03/2020
(Laura)
Voici le récit de cette merveilleuse aventure, le Centaure !
Il y a quelques mois, Roxane publie l’information : un Centaure dans le Nord de la France, à 1h de route de chez moi… Cet évènement m’a toujours fait de l’œil du temps où je faisais encore du TREC. Mais je n’ai jamais eu l’occasion de m’y inscrire. C’était donc l’occasion rêvée de me mettre un petit (gros) défi.
Ma nouvelle jument Souille, petite pur-sang arabe grise de 11 ans, est tout à fait apte à le faire, je n’ai pas encore passé beaucoup de temps sur son dos malgré le fait qu’elle soit chez moi depuis quasi 2 ans. Nous commençons à peine notre histoire toutes les deux et je trouve que c’est le moment de me fixer des objectifs sportifs avec elle, de nous trouver un but commun, de partager de bons moments ensemble.
Très vite, nous décidons de nous soutenir avec Kathleen et Marie-Line. Nous resterons en contact quasi quotidiennement pendant des semaines avant le Centaure. Les filles, sans vous, l’aventure n’aurait pas été pareille. Ça m’a fait énormément de bien de retrouver mes copines de TREC. Merci !
Mon compagnon Rémy souhaite relever le défi aussi… A la base, je suis une grande solitaire à cheval, j’hésite à le faire en duo avec lui. Mais depuis la mort de Luna, je n’ai plus jamais voulu me retrouver seule à cheval. Je monte systématiquement accompagnée… Pourquoi ? Aucune idée… Je décide donc d’accepter sa proposition. Et nous commençons les entraînements avec des chevaux très en forme, motivés et de bonne volonté.
Quelque chose s’est débloqué en moi lors de ces longues heures passées à cheval. Je retrouve l’envie de monter à cheval, de créer une relation avec ma petite jument, de sortir seule, de reprendre une carte en main et de chercher mon chemin. Tout ça est de bon augure…
Voici arrivé le jour J…
J’explique à mes chevaux ce qu’il va se passer, cette aventure, ce bon moment, cet effort physique et ces longues heures à marcher. Tout est prêt pour eux : électrolytes, booster, produits phyto pour une bonne récupération,… Et deux grooms, nos meilleurs amis, qui vont se consacrer à nous tout le week-end.
Nous voilà arrivés sur le site du château de la Motte à Liessies. Site magnifique. Nous installons notre caravane et nos chevaux au box. Oui, je ne mets jamais mes chevaux au box mais j’avais envie de leur offrir ce confort s’ils enduraient cet effort sous la pluie et le froid.
Nous retrouvons les copains du TREC avec une grande joie, tous ces anciens, ces souvenirs me remontent à la figure… et je suis nostalgique de ces années dorées. Ça me donne un coup de boost phénoménal !
Il est l’heure du contrôlé vétérinaire, je n’aime pas passer ça, mon groom n’est pas là, ça me stresse un peu. Je transmets bien sûr mon stress à Souille qui passe avec un cardio de 66 pulsations/minute. Oups… Smoky est zen, il a l’expérience, 40 de cardio, nickel.
Nous allons souper et il est temps de passer en salle des cartes. Le tracé est plein de petites subtilités, je mets des « Attention » un peu partout, je connais Roxane et ses intentions (hahahahaha).
Les grooms partent préparer nos chevaux pendant que nous étalonnons notre tracé. Nous partons à 00h20 et arrivons tout juste pour le départ. C’est chaud !
Le départ se passe bien, les chevaux sont calmes et en avant. Premier contrôle, nous voyons déjà au loin des cavaliers qui reviennent sur leur pas pour nous suivre. Les chemins sont très boueux, on patauge, on ratatine… Et zuuuuuuuuuuuuut, je perds déjà une hipposandale à même pas 2 km du départ. Je sens déjà mon courage me quitter… je me dis que ça va être long 60 km en perdant des hipposandales régulièrement. Mais heureusement pour moi, je n’en perdrais plus une seule malgré des chemins plus que compliqués !
Nous prenons le parti de ne pas regarder le chrono, nous sommes déjà bien affairés avec la carte et ses subtilités. Nous faisons donc du plus ou moins pour la vitesse.
La nuit, tout change : les chemins, les bifurcations, la végétation et les points d’eau que nous ne voyons pas, les bruits, la vision, les sensations. Aucune repère bien visible ! La difficulté est bien là !
Nous aurons pas mal de gués et fossés à passer tout au long de cette boucle, les chevaux sont braves et passent absolument partout sans rechigner.
Nous passons la Chapelle Sainte-Hiltrude (qui est située en plein bois) et c’est là que nos ennuis commencent. Nous ratons le chemin qui mène vers le pont du Val Joly.
Elément rassurant : nous nous retrouvons à chercher notre chemin avec l’équipe de Aude et une solo. On cherche, on tourne, on sort les boussoles,… Ca fait tellement longtemps que je n’ai plus mis en pratique mes notions d’orientation, je suis un peu perdue. Rémy s’applique beaucoup et me sauve sur quelques chemins. Waouw, bravo mon homme !
Nous retrouvons ce pont et ratons un contrôle du coup….
Nous allons bientôt passer côté belge, on se dit que ça va être plus facile… Mais ce n’est pas le cas. Nous nous perdons de nouveau dans le bois de Montbliart. Des troncs de sapins barrent le chemin et nous obligent à faire beaucoup de hors-p*ste, ce qui nous fait dévier du tracé. De nouveau, nous retrouvons Aude et son équipe et nous faisons un bout de chemin ensemble. J’ai beaucoup apprécié de nous perdre en même temps et de nous aider mutuellement à s’en sortir.
Nous décidons d’avancer un peu et quittons Aude et son équipe. A partir de ce moment-là, nous ne nous perdrons plus, tout va rouler. Nous ferons d’ailleurs tout le reste du tracé en éclaireurs, vu que nous avons dépassé tout le monde et que nous ne croiserons plus personne jusqu’à la fin.
Nous arrivons à la pause du petit-déjeuner où nos grooms nous attendent… Nous attendent ??? Mais ils sont où, ces grooms ? Pas de grooms à l’horizon. Ils ont un sac avec des vêtements de rechange pour nous, de la nourriture et des couvertures pour les chevaux. La pause est bien trop courte, 30 minutes c’est très short pour s’occuper des chevaux, avaler un œuf et du bacon, boire un café et regrouper nos affaires. Je suis très en colère contre mes grooms qui arrivent à 5 minutes de notre départ. Ils ont été envoyés sur une mauvaise adresse et attendaient dans un autre endroit. Je ne veux rien entendre et je pars sur le tracé à pied en ne regardant pas la carte. Et paf, un contrôle de raté ! Ça me fait râler encore plus.
Je décide de me détendre, de monter à cheval et repartons à du 8 km/h pendant plus de 15 km. On a beaucoup trotté, les chevaux en forme. Souille en tête, très allante et motivée. Ma petite jument m’impressionne. Elle est faite pour avaler des kilomètres, ça se sent, ça se voit, elle a la niaque !
Il gèle, le soleil se lève, ça brille de partout, c’est un spectacle absolument époustouflant ! Nous profitons, nos yeux regardent partout, nos nez sentent les odeurs du matin, la brume, nos corps s’imprègnent de tout. Le kiff absolu ! Je me dis que j’ai beaucoup de chance de vivre ce moment.
Nous arrivons bientôt au Val Joly où nous aurons 3 contrôles, tous réussis. Nous avons quasi 50 km dans les pattes à ce moment-là. Les chevaux ralentissent l’allure, l’arrivée est proche. Nous avons hâte de revenir au campement.
Dernier contrôle et voilà le château de la Motte en vue ! Yes, nous l’avons faite cette première boucle ! Et sans grande difficulté en plus. Je me sens en forme, pas trop fatiguée, heureuse. Souille est en pleine forme, je lui dis merci, tellement merci.
Smoky qui n’avait montré aucune signe de douleur tout au long de la boucle a mal au dos quand nous dessellons… à voir si ça continue dans quelques heures. Il a un peu irrité sous la selle. Ça m’inquiète…
Nous nous accordons 3h de sommeil dans la caravane pendant que nos grooms gèrent nos chevaux. Je leur avais préparé une liste avec tous les soins à effectuer. Ils ont géré ! Ça nous a fait un bien fou !
Le pré-classement est disponible, nous sommes 6ème sur 13 équipes. Pas mal pour une reprise pour moi, une première pour Rémy, des contrôles ratés et aucun chrono. Je suis satisfaite !
Il est l’heure du contrôle véto, j’appréhende tellement que c’est mon groom qui passera ma jument. Souille est en forme et zen, 40 de cardio et bonne pour repartir. Smoky passe le contrôle véto sans problème aussi, 36 de cardio. Je pensais que Smoky ne passerait pas le contrôle. Manu (dont le cheval de l’équipière a été refusé au contrôle véto) me propose de partir avec elle si Smoky est refusé.
Notre heure de départ est à 1h05. Nous allons souper, tracer la deuxième boucle et décidons de nous reposer une petite heure avant de partir.
A minuit, Gwen la groom de Smoky vient nous voir. Il a toujours mal au dos. Impossible de seller sur cette douleur, de toute façon c’est exclus de repartir là-dessus.
Nous descendons au départ pour déclarer forfait. Manu et Aude ont reformé une équipe ensemble et partent quelques minutes plus t**d. Pas possible pour moi de préparer ma jument en si peu de temps et de les accompagner. Que faire ? Partir en solo sur la dernière boucle ? Je suis tentée mais j’avais bien vu que les chemins n’allaient pas être faciles cette nuit. J’appréhende un peu, je me dis que Souille ne va pas passer les passages d’eau seule, que je vais me battre avec elle, que je vais me retrouver toute seule la nuit et que j’ai un peu la trouille. Il faut avouer que Rémy m’a bien aidée la nuit précédente et que son soutien m’était indispensable. Je décide donc de penser « duo ». Nous nous sommes inscrits à deux, nous finirons à deux… ou pas. Je vois mes copines partir sur la deuxième boucle avec une petite pointe de tristesse dans le cœur.
Nous voulons donc donner un coup de main à Roxane et serons sur un point de contrôle de 2h15 à 6h30 du mat. C’est beaucoup plus dur que d’être à cheval en fin de compte. Nous avons tous envie de dormir.
Voilà comment s’est terminée cette superbe aventure !
Dès le lendemain, j’ai personnellement regretté de ne pas être partie en solo sur la deuxième boucle. Ma jument était fraîche et tout à fait apte à la faire. Et moi aussi en fin de compte. Ca me laisse un petit goût amer…
Des nouvelles de Smoky ? Son dos va mieux, il a moins mal. Les deux chevaux vont bientôt voir l’ostéopathe pour un petit check-up. Ils ont aussi eu droit à un massage et enveloppement aux algues. Et ils auront un shiatsu et de nouveau un enveloppement ce week-end. De vraies petites poules de luxe !
Et la suite ?
On m’a dit que le Centaure 2021 était dans le Morvan… C’est beau le Morvan, non ? Ce n’est pas trop loin de la Belgique.
Ce Centaure m’a remise sur la bonne voie, j’ai l’envie de monter à cheval, l’entraînement me manque déjà, ma jument est géniale. J’ai envie de passer du temps seule avec elle, de reprendre mes balades en solitaire. La vie est belle !
Et des petites belges murmurent déjà qu’il y a aura une team Belgique dans le Morvan l’année prochaine…
Merci à Roxane et son équipe pour cette organisation au top !
Merci à Kath et Marie-Line, mes copines d’entrainement, on s’est boostées mutuellement et ça fait trop du bien !
Merci aux anciens du TREC que j’ai eu grand plaisir à revoir !
Merci à mes grooms, Arnaud et Gwen, qui m’ont supportée tout le week-end et ont tout donné pour nos chevaux !
Merci à Rémy, mon compagnon, pour son soutien sans faille et son aide. Tu n’as pas été un boulet mais un équipier impliqué et actif… pas une seule dispute sur tout le tracé (hahahaha) !
Et surtout, merci à ma Souille, ma jolie Souille, ma grosse. Nous avons passé un cran dans notre relation grâce à ce Centaure. Je n’ai pas assez de mots pour lui dire tout le positif qu’elle m’amène dans ma vie. MERCI, jolie Souille. Ca n’est que le début d’une belle aventure…