24/11/2017
Histoire et évolution du Gospel
Afin de comprendre l’évolution du Gospel jusqu’à sa version la plus contemporaine, un détour historique est nécessaire pour connapitre le cheminement musical au fil des décennies. S’il est né dans les églises afro-américaines, le Gospel puise son origine dans le chant Negro Spiritual. A travers cette fresque historique et musicale, nous pouvons comprendre les sources d’inspiration successives qui ont accompagné l’essor du Gospel jusqu’à sa forme la plus moderne :
Le Negro Spiritual : la base
Le Negro Spiritual, chant traditionnel, s’est développé durant la période d’esclavage de millions d’africains déportés aux Etats-Unis, victimes de la colonisation. Un courant musical créatif qui se développa avec les premières paroisses accessibles aux afro-américains, et qui se fera plus t**d reconnaître du grand public comme ayant été un vrai mouvement créatif et libérateur.
Après la Guerre de Sécession et l’abolition de l’esclavage, le Negro Spiritual se développe et influencera de nombreux courants musicaux comme le Gospel son héritier direct, le jazz, le Blues puis d’autres courants musicaux proches de ces tendances. Malgré cette abolition, la ségrégation raciale reste omniprésente pour les esclaves affranchis et le Negro Spiritual se renforce comme étant un chant d’évasion qui ne cesse de trouver de nouveaux adeptes. Il s’inspire principalement du 1er Testament avec une identification des esclaves afro-américains aux Hébreux rendus esclaves par les Egyptiens et libérés par Moïse.
La musique Gospel apparaît alors que les pratiques religieuses s’intensifient au début du XXième siècle et atteint son âge d’or en 1945 chez les protestants avec une originalité et un dynamisme incroyable qui le substitueront progressivement au Negro Spiritual. Le Gospel puise son inspiration dans le Nouveau Testament.
Le Gospel : du Negro Spiritual au Gospel contemporain
Le Gospel sort de l’église et s’ouvre au public
Le Gospel commence à devenir un véritable phénomène dans les années 1930 avec principalement des formations en quartet composés de deux ténors, un baryton et une basse. Ces formations artistiques séduisent progressivement tout le pays puis bientôt le monde entier. Le Gospel accompagne le mouvement des droits civiques et le développement de la culture artistique après la seconde guerre mondiale, en influençant le Rythm’N Blues, le Doo W*p, le Bougie-wougie ou le jazz. Ces courants musicaux sont appelés « musiques profanes » alors que le Gospel reste encore préservé de l’industrie du disque avec une pratique exclusive en lieu de culte.
Avec le succès de groupes comme le Golden Gate Quartet, le Gospel sort peu à peu des églises. La production de titres religieux est accompagnée en parallèle de titres plus marchands à destination des cabarets. Mais une commercialisation du Gospel ne plaît pas à toute le monde, les craintes d’un Gospel éloigné de ses racines sacrées apparaissent rapidement et le Gospel se divise en deux courants qui se côtoient et s’entremêlent : le « Sacred Gospel Music » dédié aux lieux de culte et le « Secular Gospel Music » plus commercial et à destination du grand public.
Entrée du Gospel dans l’industrie musicale
Dans les années 50-60 le Gospel ne cesse d’acquérir aux Etats-Unis de nouveaux fidèles alors que le Blues et le Jazz s’exportent dans le monde entier et que le Funk et le Rythm and blues font leur apparition. Le Gospel sort des églises avec le phonographe qui contribuera à sa diffusion dans le monde entier.
Alors que le Gospel entre dans le circuit de l’industrie musicale et de la marchandisation, les instruments se font de plus en plus de places dans les lieux de culte. Le Gospel se diversifie avec cet emprunt de nombreux instruments. Des Mass Choir se forment dans de nombreuses agglomérations aux Etats-Unis, cette forme musicale avec un chef de chœur accompagné d’une « chorale de masse » rencontre un grand succès dans le monde entier.
Les maisons de disque s’intéressent au Gospel avec des chorales qui bénéficient de plus en plus de moyens. Nombreux artistes Gospel veulent profiter de cet élan commercial pour leur carrière et n’hésitent pas à s’appuyer sur des « musiques profanes » comme le Rock, le Jazz, le Funk ou même l’électro pour atteindre un public plus vaste.