24/02/2026
Connaître les chenilles du jardin et leur dangerosité réelle aide à distinguer les espèces inoffensives qu'il faut protéger des rares espèces dont il faut se méfier — la plupart des chenilles velues du jardin sont totalement inoffensives
Chenille du machaon (Papilio machaon) — 0 Grosse chenille vert vif rayée de noir avec des points orange, sur le fenouil, la carotte et le persil. Totalement inoffensive, se laisse manipuler sans réaction. Protégée car le machaon est en déclin. Ne jamais la détruire même si elle dévore le fenouil — c'est un papillon spectaculaire en préparation.
Chenille du paon-du-jour (Aglais io) — 0 Chenilles noires grégaires couvertes d'épines molles qui vivent en colonies denses sur les orties. Apparence menaçante mais totalement inoffensives. Les épines sont souples et ne pénètrent pas la peau. Le papillon adulte aux quatre ocelles bleus est un des plus beaux de France.
Chenille de la piéride du chou (Pieris brassicae) — 0 Chenilles vert-jaune à points noirs sur les choux, brocolis et capucines. Aucun danger pour l'humain mais dévastatrices pour le potager. Ramassage à la main efficace et sans risque. Le papillon blanc qui vole autour des choux en été est le parent responsable.
Chenille du sphinx tête-de-mort (Acherontia atropos) — 0 Énorme chenille de 12 cm jaune-vert avec des rayures obliques bleues et violettes, sur les pommes de terre et les solanacées. Impressionnante mais totalement inoffensive. Elle claque des mandibules si on la dérange — un bluff sonore sans conséquence.
Chenille du bombyx cul-brun (Euproctis chrysorrhoea) — 2.5 Chenilles brunes avec des lignes blanches et des touffes de poils roux sur le dos. Les poils urticants provoquent des démangeaisons intenses, des éruptions cutanées et des réactions allergiques au contact de la peau. Ne jamais toucher à mains nues. Les nids d'hiver en soie blanche aux extrémités des branches des haies et des fruitiers contiennent des milliers de poils irritants.
Chenille du bombyx à livrée (Malacosoma neustria) — 1.5 Chenilles colorées bleu, orange et blanc vivant dans des toiles communautaires sur les arbres fruitiers. Les poils longs peuvent provoquer une irritation cutanée modérée chez les personnes sensibles. Moins urticante que le cul-brun mais à manipuler avec des gants.
Chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) — 4.0 Danger le plus grave de cette liste. Les poils microscopiques en forme de harpon se détachent par milliers au moindre contact ou par le vent. Réaction urticante violente sur la peau, les yeux et les voies respiratoires. Danger mortel pour les chiens qui les lèchent — nécrose de la langue. Ne jamais toucher, ne jamais écraser, ne jamais approcher les processions au sol en février-mars. Signaler les nids aux services municipaux.
Chenille processionnaire du chêne (Thaumetopoea processionea) — 4.0 Mêmes poils urticants microscopiques que la processionnaire du pin. Vit en plaques sur les troncs de chênes de mai à juillet. Les poils restent actifs des années après le départ des chenilles — un vieux nid abandonné est aussi dangereux qu'un nid actif. Zone d'exclusion de 3 mètres recommandée autour des arbres infestés.
La règle de prudence : toute chenille très velue ou poilue mérite la distance. Les chenilles lisses ou à épines molles sont presque toujours inoffensives. En cas de doute, observer sans toucher — la plupart des chenilles du jardin sont les enfants de papillons que vous aimeriez voir voler cet été