Depuis la ferme fortifiée d’Amblainvilliers au xiiie siècle en passant par les domaines dépendants de Vilgénis, appartenant aux familles de Vigny puis de Bourbon-Condé, Igny est, après avoir été au xixe siècle un site important de production de fraises et bénéficié au xxe siècle de nombreux lotissements successifs, devenue une commune résidentielle de grande banlieue parisienne, mêlant massifs for
estiers, centre-ville au charme rural ancien et résidences pavillonnaires récentes. Elle est connue dans le département pour organiser chaque année en décembre un festival de bande dessinée réputé. Ses habitants sont appelés les Ignissois ou les Ignyssois. Géographie :
Igny est située en Île-de-France, à l’extrême nord-ouest du département de l’Essonne, en totalité intégré à l’agglomération parisienne, au cœur de l’ancien territoire, aujourd’hui région naturelle du Hurepoix. La commune occupe un territoire approximativement rectangulaire de trois cent quatre-vingt-deux hectares dans la vallée de la Bièvre et sur les contreforts est du plateau de Saclay, large de deux mille cinq cent mètres d’ouest en est et long de deux mille sept cent mètres du nord au sud. L’Institut national de l'information géographique et forestière donne les coordonnées géographiques 48°43'48" N et 02°13'29" E au point central de ce territoire. Plus de 60 % de ce territoire sont aujourd’hui urbanisés et construits, ne laissant que 28 % soit cent dix hectares d’espaces classés ruraux, en grande partie constitués de forêt pour près de quatre-vingts hectares et ne laissant que vingt hectares de culture. La rivière la Bièvre qui traverse ce territoire du nord au sud-est est ainsi presque totalement bordée par les espaces de vies, elle est complétée au sud du territoire par le ruisseau de Vauhallan, la rigole de Favreuse ne faisant qu’une brève boucle à l’extrême ouest du territoire. Cette implantation sur les coteaux et au creux d’une vallée implique une différence d’altitude relativement marquée sur un territoire relativement exigüe, le point culminant à cent cinquante-quatre mètres au nord-ouest n’étant distant que de quelques centaines de mètres du point le plus bas à une altitude de soixante-deux mètres à la frontière avec Massy. La commune d’Igny, presque exclusivement résidentielle, apparaît comme la transition entre l’urbanisation importante des chefs-lieux de Palaiseau et Massy et les villages agricoles de Vauhallan et Saclay. Avantage de sa situation sur le cours d’une rivière, elle est aujourd’hui traversée par trois axes majeurs, la ligne de grande ceinture empruntée par la ligne C du RER d'Île-de-France et les routes départementales 444 et 117, au croisement de ces dernières avec la RD 60. Plusieurs quartiers constituent actuellement les espaces d’habitation, dont certains comme le Pileu ou Amblainvilliers sont partagés avec les communes voisines de Palaiseau, Massy ou Verrières-le-Buisson. Excentrée à l’extrême nord-ouest du département, Igny est située à dix-sept kilomètres au sud-ouest de Paris-Notre-Dame, point zéro des routes de France, dix-neuf kilomètres au nord-ouest d’Évry, deux kilomètres au nord-ouest de Palaiseau, vingt-trois kilomètres au nord-ouest de Corbeil-Essonnes, trente-trois kilomètres au nord-est d’Étampes, dix kilomètres au nord-ouest de Montlhéry, seize kilomètres au nord-ouest d’Arpajon, vingt-sept kilomètres au nord-est de Dourdan, vingt-neuf kilomètres au nord-ouest de La Ferté-Alais, quarante et un kilomètres au nord-ouest de Milly-la-Forêt et seulement onze kilomètres au sud-est du chef-lieu yvelinois Versailles. La commune est en outre située à deux cent quatre-vingt-dix sept kilomètres au nord-ouest de son homonyme Igny dans la Haute-Saône et cent quatorze kilomètres au sud-ouest d’Igny-Comblizy dans la Marne. Hydrographie :
À l’est, la rivière la Bièvre forme une frontière naturelle avec la commune voisine de Verrières-le-Buisson, elle est rejointe à la frontière avec Massy par son affluent le ruisseau de Vauhallan qui descend du plateau de Saclay qui traverse le sud de la commune en formant pour partie une frontière naturelle avec Palaiseau. Sur le plateau à l’ouest du territoire communal circule aussi la rigole de Favreuse, canal artificiel d’irrigation et de drainage des eaux de pluie. À l’extrême nord de la commune subsistent un étang au lieu-dit « Les Damoiseaux » et un petit lac en contrebas de la forêt de Verrières. Lieux-dits , quartiers ...:
Outre le centre-ville qui correspond au cœur historique de la commune, l’urbanisation de la commune a créé plusieurs quartiers, dont celui partagé avec Massy et Palaiseau appelé le Pileu. À l’extrême nord du territoire se trouve le quartier résidentiel du Bas Igny, dominé par la le lieu-dit Les Brûlis, au-delà de la voie ferrée est installée la prairie d’Amblainvilliers et le quartier homonyme commun avec Verrières-le-Buisson puis le lieu-dit Vilgénis, du nom de l’ancien domaine du château, aujourd’hui urbanisé par le quartier du Parc des Érables et le hameau de Gommonvilliers à la frontière avec Massy. La voie ferrée et la voie rapide le sépare de la zone d'activités de La Sablière et du hameau du Marché Palu. Au sud-ouest, à la frontière avec Vauhallan est installé le quartier pavillonnaire du Beausite, dominé par le lieu-dit La Normandie, commun avec la ville voisine. À l’ouest du centre-ville à l’intersection des RD 444 et RD 60 se trouve le dernier quartier dit du Versoir dominé au nord-ouest par les Bois Brûlés. Toponymie :
Le nom de la commune est dérivé du mot latin ignis signifiant le feu, désignant un lieu ayant subi un important incendie, étymologie corroborée par l’appellation des bois communaux Brûlis et Brûlés au nord-ouest du territoire. La première mention écrite du lieu intervint au début du xiiie siècle dans un cartulaire de Philippe Auguste sous le nom de Rivus de Ignaco. Une autre étymologie tendrait à privilégier la thèse d’une propriétaire terrien gallo-romain nommé Ennius ou Enius qui aurait donné au lieu l’appellation d’Igniacum. Origine :
Une hypothèse d’étymologie du lieu ferait remonter l’existence du domaine à un propriétaire terrien gallo-romain du nom d’Ennius ou Enius. Cependant, aucune trace ni aucun vestige ne subsiste sur le territoire au-delà de la sépulture du curé Jean du xiie siècle, attestant toutefois de la constitution d’une paroisse dès cette époque. En 1180, un seigneur d’Igny, Pierre de Munelles assura durant deux mois la garde du château de Montlhéry. La première mention certaine du lieu intervint au xiiie siècle dans un cartulaire de Philippe Auguste sous la dénomination de Rivus de Ignaco. Agriculture et ferme fortifiée :
Au xiiie siècle fut construite la tour de guet qui constitue aujourd’hui le clocher de l’église Saint-Pierre, en complément de l’édification de la ferme fortifiée d’Amblainvilliers. La présence de ces édifices à la fois agricoles et de défense entraina la ruine du domaine lors de la guerre de Cent Ans, la région fut ravagée par les Anglais, qui s’emparèrent du lieu en 1358. Au xive siècle, un autre curé du lieu prénommé Guillaume devint seigneur de Gommonvilliers. C’est la famille Du Puys qui reconstruisit les domaines d’Igny et Gommonvilliers. Entre le xve et le xvie siècle, le village fut repeuplé par l’immigration bretonne dont est issue une des familles illustre du lieu, les Vigny qui dirigea le domaine entre 1579 et 1651. En 1584, l’artiste peintre Éloy Le Mannier vint finir ses jours à Igny. En 1610, le seigneur François de Vigny fut mortellement blessé dans un affrontement avec les paysans du lieu sur le pont Monseigneur sur la rigole de Favreuse. Cependant, à partir de 1580, le domaine fut rattaché au château de Vilgénis puis vendu en 1648 à Pierre d’Albertas qui laissa à son neveu, ce dernier le vendit au magistrat et homme d'affaires Claude Glucq des Gobelins. Vendu en 1744 à Élisabeth-Alexandrine de Bourbon-Condé, les domaines revinrent par héritage au prince Louis V Joseph de Bourbon-Condé, contraint rapidement à l’exil. Démantèlement des domaines et lotissement :
La Révolution française entraîna la division en parcelles des domaines, exception faite de la vaste ferme de Gommonvilliers qui se spécialisa dès 1850 dans culture de la fraise. En 1822, les héritiers Condé vendirent les bois et terres à des rentiers et propriétaires fonciers. En 1844, l’abbé Mullois fonda l’orphelinat dans l’ancienne ferme Formé et le donne en 1862 à l’institution Saint-Nicolas des Frères Lasalliens. En 1883 fut achevée la voie ferrée de la ligne de Grande Ceinture, facilitant le transport de voyageurs et des marchandises. À cette époque, des artistes vinrent séjourner dans la vallée de la Bièvre, dont à Igny Jean-Baptiste Corot, Antoine Chintreuil et Léopold Desbrosses. En 1904 fut organisé le premier lotissement sur le plateau du Pileu alors que les guinguettes s’installaient sur les rives de la Bièvre. En 1920 fut créée une société à participation d’épargne pour organiser l’accession à la propriété. En 1931, la commune acquit l’ancienne maison-Dieu pour y installer l’hôtel de ville et une salle des fêtes. La seconde moitié du xxe siècle vit la construction de nombreux quartiers pavillonnaires et de quelques logements collectifs, dont la résidence des Trois Arpents, première barre d’immeuble construite dans la commune. Le 17 février 1950, l’église Saint-Pierre fut inscrite aux monuments historiques. En 1958, pour accompagner l’accroissement de population fut inaugurée l’église Saint-Jean-Bosco. Le 14 mai 1967, la commune se liait dans une association de jumelage avec la ville allemande de Lövenich, suivit le 22 mai 1976 par le jumelage avec la ville anglaise de Crewkerne. En 1967 aussi fut rénovée l’église paroissiale
Jumelage :
Crewkern (angleterre) depuis le 22 mai 1976
Koln-lovenich (allemagne) depuis le 14 mai 1967
Patrimoine environnemental :
Implantée dans la vallée de la Bièvre, Igny dispose d’un milieu naturel relativement préservé. Un vaste bois communal est planté au nord-ouest, les Bois Brûlés qui occupent soixante-six hectares, complétés au sud-ouest par La Normandie qui occupe dix-sept hectares, partie intégrante de la forêt de Palaiseau. Les berges de la Bièvre et la forêt ont été recensés au titre des espaces naturels sensibles par le conseil général de l’Essonne. Deux squares accueillent les habitants, l’un aux Brûlis et l’autre aux Érables. Le sentier de grande randonnée GR 655 passe à l’extrême nord-ouest de la commune en bordure des Bois Brûlés. En centre-ville, le lycée horticole Saint-Nicolas dispose de vastes espaces de culture sous serres. Patrimoine architectural :
Commune longtemps rurale et aujourd’hui totalement intégrée à l’agglomération parisienne, Igny ne dispose pas de monuments architecturaux remarquables. Le seul édifice recensé aux monuments historiques est l’église Saint-Pierre du xiiie siècle, modifiée au xve siècle et inscrite le 17 février 1950. L’hôtel de ville est aujourd’hui installé dans un bâtiment du xvie siècle et xviiie siècle, la chapelle Saint-Nicolas date elle du xixe siècle et le pont Monseigneur sur la rigole de Favreuse date du xvie siècle. Personnalités :
-Claude Glucq des Gobelins (1676-1742), homme d'affaires était seigneur d’Igny.
-Jean-Baptiste Corot (1796-1875), artiste peintre y exerça.
-Antoine Chintreuil (1814-1873), artiste peintre y vécut.
-Léopold Desbrosses (1821-1908), artiste peintre et sculpteur y vécut.
-Gustave Fayet (1865-1925), artiste peintre y séjourna.
-Julien Carette (1897-1966), acteur y vécut.
-Robert Vizet (1924- ), homme politique y est né.
-Tabatha Cash (1973- ), actrice pornographique y vécut.
-Marc Fraize dit Monsieur Fraize (1974- ), humoriste y vécut.
-Mélanie Georgiades dite Diam’s (1980- ), rappeuse y a étudié.