09/09/2026
CRÉER AVEC LE VIVANT
Biophilie désigne ce lien inné, presque instinctif, qui nous relie au vivant. Un attachement si fondamental que notre équilibre en dépend. Il y a l’évidence du corps. Nous savons.
Du grec bio, la vie, et philie, l’amour.
Je vis et je travaille sur les contreforts du Vercors : la nature est un mode de vie, une présence, une respiration, une force silencieuse qui m’accompagne, jours après jours.
Créer avec la porcelaine, c’est retisser un fil discret entre la main et la terre, entre l’objet et la nature, entre l’humain et le vivant.
Cette mémoire guide chaque geste. Mes transferts d’images prolongent ce dialogue. Une branche, un fragment végétal, avec un élément animal, une algue, un oiseau… viennent se déposer sur la terre crue. Comme si j’invitais le dehors, la nature, à s’ancrer sur la porcelaine, pour toujours.
Je veux permettre à celui qui touche mes pièces de ressentir, même inconsciemment, cette proximité avec le vivant.
D’apparence fragile, la porcelaine porte en elle la mémoire de la terre, du feu, de l’eau et de l’air. Elle est, à sa manière, un fragment du monde.
Et peut-être que, lorsque l’on pose les yeux sur elle, quelque chose en nous se souvient de la lumière dans les feuillages, du chant des oiseaux ou du silence et de la beauté verdoyante des sous-bois,
quand une pierre devient mousse, de cette nécessité profonde : rester relier au vivant.