18/05/2026
💽🏭A propos des Datacenter
La semaine prochaine, c'est le printemps des luttes, l'occasion de stopper les data centers ! Car lutter contre les infrastructures du numériques c’est aussi lutter contre l’artificialisation des sols et la confiscation de nos territoires par des intérêts prives !
En février 2025, le sommet de l’Intelligence Artificielle porté en grandes pompes par le président Macron, annonçait 109 milliards d’euros d’investissements étrangers pour la construction de nouveaux data center en France. Les problématiques écologiques et sociales de ces centres de données sont nombreuses : prédation sur l’eau et l’électricité au niveau local, emballement de l’industrie numérique basée sur un extractivisme insoutenable et consolidation matérielle du capitalisme numérique sécuritaire. Mais ce n’est pas tout : les data center accentuent également les prédations et l’artificialisation de ce qui soutient nos existences : les sols.
Lors de ce sommet, Emmanuel Macron annonçait également avoir mis au travail les services de l’Etat afin d’identifier 35 sites clés en main pour une installation facilitée pour tout porteur de projet.
Ces 35 sites représenteraient cumulés quelques 1200 hectares artificialisés. Quelques mois plus t**d, un document fuitait avec 26 de ces sites en cours d’attribution, qui ensemble représentaient déjà 1100 hectares, soit en moyenne 41 hectares par sites. Parmi eux citons le projet de Fouju, où un projet de campus IA ayant pour actionnaire majoritaire un fonds d’investissements Emirati impliqué dans divers scandales autour des cryptomonnaies est en cours d’instruction avec une prise de 70 hectares de terres agricoles, ou encore les 195 hectares achetés par Google dans l’Indre à Etrechet.
Le collectif le Nuage était sous nos pieds a enquêté et lancé une carte participative sur laquelle figurent déjà plus de 350 data center existants et 59 projets, en construction, en cours d’instruction ou annoncés dans la presse. Dans les terres achetées par les compagnies de data center, on trouve d’anciens bâtiments industriels, logistiques et commerciaux – ainsi que de nombreuses terres en friches non bâties ou encore des terres agricoles. C’est le cas des 35 hectares de terres agricoles, dont 11 hectares cultivés en agriculture biologique, achetées par Microsoft sur la commune de Petit-Landau en Alsace.
La plupart du temps ces terres sont dans des régions déjà constituées comme territoires servants où s’accumulent les pollutions et nuisances du capitalisme industriel.
Les lobbies de centre de données comme France Data Center poussent activement à la mise en place de régimes dérogatoires sur la loi Zéro Artificialisation Nette, notamment à travers l’article 15 de la loi de Simplification de la vie économique tout juste votée ou le paquet Omnibus à échelle européenne. Soutenu par le gouvernement macroniste (et largement par le Rassemblement National), ces lois cherchent à ouvrir grand les portes des terres agricoles et naturelles pour ces projets.
Rappelons que pour 1 emploi créé dans un centre de données, il y a en moyenne 24 millions d’euros d’investissement. En termes d’emprise au sol, on estime que la création d’un emploi équivalent temps plein (ETP) se fait pour 10 000 m2 de data center (la moyenne de la création d’emploi par emprise foncière étant de 50 ETP pour la même surface, selon France Nature Environnement). Rappelons enfin que plus les centres de données sont importants, moins ils embauchent proportionnellement – et que l’usage extensif de l’IA détruit par ailleurs massivement des emplois. Les centres de données sont les bases matérielles de l’extractivisme des données, et cherchent à se défaire toujours plus des travailleur.euse.s.
Les centres de données contribuent encore à l’artificialisation indirecte des sols. Premièrement, ils sont des ogres énergétiques. Annoncés par Anne Le Hénaff, ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique, les besoins de puissance électrique des porteurs de projets de data centers s’élève à 28,6 GW. Cela correspond à la moitié de la puissance du parc nucléaire français. Cette prédation sur la production électrique conduira inévitablement à la pression sur les sols exercée par le nucléaire mais aussi par le photovoltaïque. Elle conduit également déjà à la création de nombreuses lignes à très hautes tensions, postes électriques et autres infrastructures nécessaires au transport d’électricité – pour des usages dont la priorité est plus que contestable.
Deuxièmement, ils dépendent de chaînes extractives tentaculaires. Or, Cobalt, Coltan, Bauxite, Cuivre, Cassitérite, on trouve plus de soixante métaux ou autres matières précieuses dans les serveurs classiques qu’abritent les data Center. Ce sont autant de mines, d’usines de raffinage, de transformation, d’assemblage qui sont mobilisées. On estime à plus de 17000 sous-traitants à travers le monde les chaînes de productions d’un serveur, reliés entre eux par des infrastructures logistiques, renforçant la destruction des sols à travers le monde. À cela, il faut encore ajouter les décharges internationales d’équipements numériques où s’entassent, entre autres, les serveurs que l’on renouvelle en moyenne tous les deux ans.
Pour finir, les data Centers sont une aubaine pour le secteur du BTP et du ciment. Plusieurs études montent que les data centers deviennent un moteur structurel de l’activité de construction, au vu des résultats records affichés par plusieurs acteurs de la filière dopés par la demande en data centers.
Les raisons pour lutter contre les data centers sont nombreuses : technofascisme, capitalisme de surveillance, santé mentale, militarisation croissante de la tech, impacts territoriaux délétères.
Pour tout cela, de nombreuses luttes locales contre les data center se lancent en ce moment, et beaucoup vont rejoindre la campagne Fissurer le béton contre l’artificialisation des sols et la confiscation de nos territoires par des intérêts privés !
Rdv sur la carte des luttes contre les data center pour les rejoindre : https://lenuageetaitsousnospieds.org/articles/2025-12-11-carte-des-data-centers-des-projets-et-des-contestations-en-france.html
Et du 23 au 26 mai pour rejoindre leurs actions ! https://printempsdeslutteslocales.noblogs.org/
👉Rejoignez la boucle télégram pour tout savoir sur la campagne en temps réel : t.me/printempsdeslutteslocales
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