" La pinède Gould, anthologie de musique vivante" Francis Marmande ( Le Monde)
Le premier «Jazz à Juan», créé en hommage à un célèbre Antibois d’adoption qui n’était autre que Sidney Bechet, fut à l’origine de nombreux autres festivals qui essaimèrent dans l’Europe entière. Claude Nobs, inventeur de ce grand évènement qu’est Montreux, l’a dit lui-même: «Si je n’étais pas passé par Antibes, Montre
ux n’existerait pas». Pour la première fois, le grand public pouvait découvrir les principaux acteurs de cette grande saga qu’était déjà le jazz. Et avec le plus beau décor qui puisse exister, sous les pins centenaires de la pinède Gould et face à la Méditerranée. Pari audacieux certes, mais brillamment tenu. Tout en ayant accueilli le panthéon jazzistique depuis 1960, le festival d’Antibes Juan-les-Pins garde un double attrait. D’abord une programmation riche, fidèle à un jazz authentique. Mais aussi, et peut-être surtout, il demeure un vrai laboratoire, où chacun peut mesurer que le jazz reste une musique bien vivante : premières parties de haute tenue, concerts (gratuits) du «Off», bars d’hôtels et rues emballés par les Brass Bands... Les découvertes sont nombreuses, d’une musique à la fois variée, plaisante et toujours à échelle humaine, dans un site mythique, entre plage et étoiles. Aux yeux des stars du monde entier, la pinède Gould est désormais à l’image de ce que peut représenter la Scala de Milan pour un artiste lyrique : une confirmation et une rencontre exceptionnelle avec le public, cocktail idéal pour lieu de légende.