06/06/2026
Discours - Pride
Partout dans le monde, l'extrême-droite progresse.
En Palestine, la violence coloniale et génocidaire continue encore et toujours.
Aux Etats-Unis, ainsi qu’ailleurs, les lois transphobes se multiplient tout comme la chasse aux immigrés.
En France, l'Assemblée nationale offre une minute de silence à un néonazi, mais pas aux victimes de meurtres racistes. Aux législatives, aux municipales, les élu-es du Rassemblement National sont toujours plus nombreux.ses, et en face, la droite prétendument républicaine n'a plus grand chose qui les distingue d'eux, tandis que la gauche est toujours plus conciliante et lâche.
À Angoulême, une administration oppressive ferme le Bêta sous de faux prétextes.
Tout cela fait partie d'un même mouvement.
En France, aujourd'hui, la violence est partout.
Elle est dans les lois, qui prétendent que les vies handicapées peuvent être euthanasiées.
Elle est dans la Police, qui tue des jeunes noirs et arabes en toute impunité.
Elle est dans la Justice, qui condamne les pauvres et presque jamais les puissants.
Elle est dans la médecine, qui mutile les enfants intersexes.
Elle est dans les médias, qui laissent se dérouler les paroles réactionnaires et mensongères.
Elle est dans l’école, qui travaille à rendre les jeunes dociles, soumis, exploitables.
Elle est dans la rue, qui est le théâtre d'agressions racistes, transphobes, homophobes, sexistes.
Elle est dans les familles, qui oppriment les enfants, et en particuliers les jeunes LGBTQI
Comment, face à tout cela, ne pas sombrer dans le désespoir ?
Nous nous y refusons pourtant.
Partout des voix s’élèvent
On veut nous bâillonner, on veut nous faire peur, mais nous sommes toujours là.
Nous sommes là, ensemble, aujourd'hui pour affirmer que nous allons survivre, dans la lutte et dans la joie. Car oui, nous sommes q***r et nous sommes fièr.es
On le dit souvent : la première Pride était une émeute. La Pride d'Angoulême rappelle avec force et fierté cet héritage : nous sommes ici avec notre rage et notre refus de tous les systèmes d'oppression et de domination.
Nous voulons détruire
le capitalisme
le suprémacisme blanc
le patriarcat
Nous voulons déconstruire toutes les idées qui prônent
la hiérarchisation des vies
la binarité
l'hétéronormativité
la masculinité toxique
la fétichisation et l'exploitation des corps
A la place, nous voulons construire une solidarité q***r,
des lieux safes pour nous retrouver et militer, en ligne et en ville
des ressources pour nos adelphes, que ce soit des tracts ou des lieux d'écoute
des réseaux d'entraide et de soutien, à Angoulême et ailleurs
Nous exigeons
la libre disposition de nos corps et de nos vies
nos corps et nos vies inter, trans, handicapées, racisées
nos corps et nos vies de gouines, de pédales, de grosses, de putes
Nous marchons pour celleux qui ne le peuvent pas, celleux qui ne le peuvent plus, pour celleux qui doivent se cacher et pour nos adelphes assassinées par cette société, nous marchons pour construire l'avenir, et pour nous faire entendre, nous sommes là, fier.es. Fiers d’être des trannies, des twinks, des femboys, des transmacs, des transfems, des q***rs, des indécis, des non binaires, des gouines, des pédales, des bis.
Mettons du vernis sur nos ongles, des paillettes sur nos joues, et des pavés dans nos mains. Nous sommes ANTIFASCISTES et fier.e.s de l’être !