06/10/2021
✨ Enfin.
Après trois semaines riches et intenses, l'Équipage MiRAGe a regagné ses pénates.
Dom’ a retrouvé la Touraine, quand Sandrine et moi sommes arrivées hier soir sur l'Île de Beauté.
Nous sommes épuisées, s'il faut être honnêtes...
Épuisées, mais heureuses, et surtout fières. Très fières.
De mon côté, je peine à réaliser tout ce qu'il s'est passé. C'est comme si je n'avais pas quitté la maison, comme si j'avais sauté un mois de ma vie.
Il y a comme une sensation de rêve éveillé...
Pourtant, le bracelet que je n'ai pas voulu détacher de mon poignet me le rappelle...
Toutes les trois, nous sommes des Gazelles !
C'est vrai, tout n'a pas été parfait.
C'est vrai, il y a des regrets et des souvenirs doux-amers.
C'est vrai que nos émotions ont été mises à rude épreuve.
Tristesse, joie, peur, colère, fierté, déception, soulagement, doutes, confiance en soi, angoisse, espoir...
La palette des sentiments changeait sans cesse de couleur au fil des jours, se teintant d'une autre nuance à chaque heure.
J'ai bien cru que mon petit coeur n'allait pas tenir la cadence !
Mais il faut croire que d'autres moments merveilleux lui ont servi de carburant, tout comme pour mes deux coéquipières. On peut dire que sur le terrain, nous formions une bonne équipe.
Dom’ fut une pilote impeccable, qui maîtrisa parfaitement notre fidèle CCF, et l'emmena d'une main de maître. Même dans les terribles dunes de Merzouga où nous étions restées coincées durant cinq heures, elle a su faire preuve de résilience et de sang-froid pour franchir les obstacles.
Sandrine, quant à elle, se découvrit un véritable oeil de lynx!
Grâce à son instinct aiguisé et à son sens aigu de l'observation, les checkpoints n'avaient plus de secrets pour nous. Elle réussissait, je ne sais par quelle magie, à toujours trouver le bon chemin, celui qui nous conduirait à bon port en préservant la sécurité du camion et de l'équipe.
À côté d’elles deux, je me sentais un peu trop passive, parfois.
Si j'ai su, moi aussi, trouver des missions (valider notre parcours auprès des ouvreurs, pelleter, calculer les latitudes et longitudes jusqu'aux checkpoints, gonfler et dégonfler les pneus, etc.), j'avais toujours l'impression d'en faire moins qu'elles, et cela me peinait beaucoup.
Mais c'est ainsi.
Que pouvais-je faire d'autre ?
Je n'étais définitivement pas en capacité de lire la carte ! 😂
Malgré toutes les embûches, c'est bien toutes les trois que nous sommes arrivées sur la plage d'Essaouira, tout deux-tons dehors.
Nous qui pensions arriver dernières et qui avions depuis longtemps chassé toute compétition de notre esprit, nous avons terminé 78èmes sur 130 dans la catégorie 4x4 et camion. Et 49èmes sur 94 dans la catégorie des premières participations.
Il y a de quoi en être fières, nous n'en espérions pas autant.
Toutes les histoires ont une fin, et celle de l'Équipage MiRAGe se dessine.
Mon dernier objectif sera de remettre un chèque pour l'Oeuvre des Pupilles au Congrès National des Sapeurs-Pompiers, ce qui sera fait dans quelques jours sur Marseille.
Et après ?
Quels souvenirs garderai-je ?
Les nuits à la belle étoile et le silence impénétrable du désert pendant les épreuves Marathon.
Les bleus, les bosses, les secousses et les chaos de la route, que je ressentais doublement depuis mon poste, à l'arrière du camion.
Les enfants du désert, à qui j'ai pu remettre tous les dons récoltés via l'Association « Coeur de Gazelles ». J'aurais aimé pouvoir les distribuer en main propre, mais les conditions sanitaires n'ont pu rendre cela possible. Cependant, je sais que les jouets, les peluches Pompy, le matériel médical et autres planches à colorier sont entre de bonnes mains, à présent.
Mon fidèle Pompy, qui ne m'a pas lâché d'une semelle, et qui m'a été d'un précieux soutien dans les moments d'anxiété.
La délicieuse nourriture du bivouac, en particulier ces aubergines frites dont je raffolais.
Les réveils quotidiens aux petites heures du matin, et le mémorable "Bonjour, il est cinq heures!" de Dominique Serra que j'entends dans ma tête tous les jours depuis la fin de la compétition.
La transition brutale entre la chaleur du désert et le climat plus venteux d'Essaouira.
Mon rituel, à chaque arrivée, de passer à la Tente Classement où Jean m'attendait. Je gribouillais en guise de signature, mais je me sentais tellement fière.
Là, au moins, alors que j'avais perdu tous mes repères partout
ailleurs, j'étais autonome.
Mon escale à l’école de la Protection Civile marocaine, à Casablanca, où j'ai pu remettre du matériel scolaire.
Les courriers adorables et réconfortants que nous recevions tous les soirs à la Tente Mail. J'avais même briefé mes amis Eurofans en leur indiquant où écrire... Et Sandrine s'est donc retrouvée à me lire des messages en anglais, à son grand dam!
Les retrouvailles avec ma soeur qui m'avait tant manqué, et les moments magiques que nous avons passé ensemble.
Nous avons ri, beaucoup, et parlé plus encore. Et chanté, aussi,
lors du gala, en écoutant Tibz et Yannick Noah.
Le beau geste de Sonia et Betty, l’équipage 39, gagnantes dans la catégorie SUV et Quad. Elles nous ont offert le bon d’essence qui leur avait été remis, estimant que notre camion en avait plus besoin pour le chemin du retour.
Le coeur sur la main d'Alain et Sana, qui nous ont accompagnés à travers le Maroc, à l'aller et au retour.
Pierre-Romain, Pierre et Serge, les mécaniciens, qui nous ont sauvé la mise lorsque le camion avait eu quelques pépins de durite avant le tout début de la compétition.
Et plus généralement, toutes les belles rencontres que j'ai pu faire sur la route, que ce soit parmi les équipages ou l'organisation.
Susan, Helen, Stéphanie, Kaori, Marta, Élodie, Adélaïde, Anne-
Sophie, Béatrice, Valérie, Marjorie, Daphné, Azucena, Katia,
Majdulin, et toutes les autres que j'oublie, m'ont appris ce
qu'était l'Esprit Gazelles de par leur bienveillance, leur courage
et leur engagement.
Et dans la grande famille de l'Orga, j'ai pu compter sur Élodie,
Marina, Max, Jean ou encore Teresa lorsque le moral était au
plus bas.
Je sais que le lien qui nous a unies restera fort et beau, comme
il l'a été dans le désert.
Merci à tous de nous avoir suivi dans nos pérégrinations, à travers nos multiples péripéties.
Merci à la merveilleuse Plume des Sables d'avoir pris le relais lorsque nous étions au coeur du désert et que nos téléphones étaient conciliés aux vestiaires.
Et surtout, merci à tous nos sponsors d'avoir cru en nous, et de nous avoir soutenues jusqu'au bout.
Y serions-nous arrivées sans vous ?
Peut-être, mais cela n'aurait pas eu la même saveur.
C'est pourquoi je veux tous vous remettre en valeur.
La Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF)
Le Groupe Renault/Handi Renault (Mission centrale Handicap))
Microsoft France (Service Handicap et inclusion)
La Cullettività di Corsica - Collectivité de Corse (Défi sportif et solidaire)
La Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l'Égalité (DRDFE, Préfecture de Corse)
Le cabinet d' Avocats Vernudachi - Cambuzat - Dussourd
MidGard
Lux&Elles
VITO CORSE
Atout-Pub
Corsecur
Le magasin Martingale de Tours
Le Lycée François Clouet et sa classe de 2nde
Le Centre Commercial L'Heure Tranquille (Tours)
L’Association Pascal Olmeta - Un Sourire, Un Espoir pour la Vie
L’Association "Le Dauphin Corse"
En lien avec le fil rouge des Sapeurs-Pompiers:
Les Pompiers 13 (Bouches-du-Rhône)
Les Sapeurs-pompiers de la Loire - SDIS 42
Les Pompiersdesvosges - UDSP 88
L’ UDSP Vaucluse - officiel (84)
Le Bataillon de Marins Pompiers de Marseille (BMPM)
L’ UDSP 06 (Alpes Maritimes)
La Promotion de colonels "Persévérance" (ENSOSP)
Les Jeunes Sapeurs-pompiers (JSP) du Racan (Neuvy-le-Roi, Saint-Paterne et Val de Dème)
L’Amicale d'Amboise
Le SDIS 37 et l’ UDSP 37 (Indre-et-Loire)
Le SDIS 2A ( page officielle ) (Corse-Du-Sud)
Sur ces derniers mots, je vous souhaite une belle soirée, et m'en vais profiter d'un repos bien méritée.
Bien à vous,
Juliette. 😉