07/03/2026
C’EST NE PAS LA GUERRE DES KURDES!
L’enthousiasme et la « motivation » de certains intellectuels et responsables politiques kurdes à vouloir entraîner les Kurdes dans une guerre contre le régime des mollahs iraniens est inquiétante.
Tout d’abord, certes, ce régime dictatorial et affreux doit tomber. Mais pas à n’importe quel prix. La guerre entre l’Iran et l’axe États-Unis–Israël n’est pas la guerre des Kurdes. L’histoire récente l’a montré : les États-Unis peuvent abandonner les Kurdes à tout moment lorsque leurs intérêts changent. Rien ne garantit que leur objectif soit réellement de renverser le régime iranien ou de le mettre à genoux.
Une escalade militaire aurait des conséquences dramatiques pour le Kurdistan. Des milliers de civils, des enfants, femmes, vieillards pourraient en payer le prix, et les Kurdes risqueraient de perdre même les acquis fragiles qu’ils possèdent aujourd’hui.
Depuis des décennies, le peuple kurde se retrouve pris en otage dans les rivalités des puissances régionales et internationales. Mais cela ne signifie pas qu’il n’existe pas d’alternative. Une troisième voie doit être possible.
La guerre n’est pas un slogan, ni un combat mené sur un clavier depuis nos salons bien chauffés ou les bars dans la diaspora. Elle ne se décide pas avec des mots faciles contre les mollahs. La guerre implique des vies humaines, des villes détruites et des générations marquées par la violence. Nous devons faire preuve de responsabilité et de prudence.
Aujourd’hui, la réalité est claire : il n’y a pas d’unité politique kurde, ni d’unité entre les forces sur le terrain. Sous quel commandement ? Sous quelle autorité ? La plupart des groupes armés n’ont pas combattu depuis des années. Même au Bashur (Kurdistan irakien), les forces politiques kurdes n’ont pas réussi à unifier les peshmergas ni à construire un véritable pouvoir commun. Les massacres génocidaires d’Halabja et d’Anfal, perpétrés par le régime de Saddam Hussein après la guerre Iran-Irak, ne sont toujours pas pleinement reconnus par « nos alliés occidentaux », près de quarante ans plus t**d.
Dans ces conditions, entraîner les Kurdes dans une nouvelle guerre serait une grave erreur. La priorité doit être de préserver la population et les acquis existants.
Face à ce conflit, les Kurdes doivent faire preuve de sagesse : rester à l’écart de cette guerre et chercher une troisième voie, indépendante des agendas des grandes puissances, tout en continuant à se battre pour leur autonomie et pour des États fédéraux démocratiques dans la région.