05/21/2026
Intéressant débat sur le poids max des cavaliers 😘 !
LE POIDS DU CAVALIER
Chez les cavaliers il existe quatres sujets capables de déclencher un silence plus profond qu’un “aujourd'hui c'est entrainement cross à cru ” :
l’argent, les coliques , le port de la bombe… et le poids du cavalier ( Oui en ce moment je multiplie les sujets sensibles, je me sens l'âme d'une pyromane ).
Sujet delicat qui pousse certains à regarder le plafond des écuries d'un air faussement intéressé :
“Tiens… faudrait qu'on s'occupe des toiles d'araignée ici”.
Parce qu’entre la réalité biomécanique, la culpabilité, les complexes, les réseaux sociaux et le pantalon blanc taille basse acheté dans un bref instant de déni … le cavalier moderne passe par toutes les phases de doutes et turbulences émotionnelles.
Évidemment on connaît tous la fameuse règle des 10% ou 20% censé trancher le sujet.
Le cheval peut porter 10 %, 15 %, 20 % de son poids selon les écoles, les études, les disciplines, les phases de lune et l'inclinaison de la terre.
Sur le papier, ça paraît simple :
“Votre cheval fait 500 kg. Vous pouvez donc peser X kilos.”
Magnifique.
Une approche scientifique aussi nuancée que la notice d'un lave vaisselle.
Parce qu’en réalité, un cheval ne porte pas juste un poids mort de X kilos.
Il porte :
un cavalier plus ou moins gainé,
une selle parfois lourde comme un piano à queue, pratique une discipline plus ou moins exigeante, a un niveau musculaire plus ou moins bon , un équilibre plus ou moins juste ... Bref. La règle des % c'est plus ou moins ça. Rien que la notion de surpoids du cheval suffirait a démonter cette théorie ... Ca cela supposerait qu'au vu de l'obésité de Bonbon , je pourrais grimper dessus sans dépasser le seuil des 10% ( et je vous assure , j'exagère à peine ).
Car oui, un cavalier de 75 kg tonique, équilibré et discret peut être infiniment plus confortable qu’un cavalier de 55 kg qui arrive sur le dos du cheval avec la stabilité d’un lave-linge en essorage.
Le cheval, lui, ne lit pas les tableaux Excel.
Il ressent les forces, les impacts, les déséquilibres et les “BOUM” intempestifs dans ses lombaires de Gérard , 52 ans , qui s'est fait offrir a Noël une carte de 10h au poney club par ses petits enfants ( Mais quelle bonne idée ! ).
Évidemment il existe des études , chacunes faites selon différents procédés. Toutes concluent qu'il existe un seuil a partir duquel le cavalier est réellement trop lourd ( même si elles ne sont pas forcément d'accord sur cette limite ). Si je faisais du mauvais esprit je dirais " pas besoin d'études scientifiques pour le comprendre ".
Alors au risque d'enfoncer les portes ouvertes : OUI, il n'y a pas de débat sur le sujet , tous les poids ne sont pas supportable sur n'importe quel cheval. Mais certaines études faites sur " poids mort " et " cheval immobile " ne tiennent pas compte du matériel , du niveau musculaire du cheval ect... Il faut donc nuancer cette notion de " seuil rédhibitoire" , sans non plus faire de cette nuance une " excuse " pour repousser sa limite de tolérance. Bref... Encore une fois , le bon sens est de rigueur ( encore lui !).
D'autant que le cavalier entretient avec son corps une relation étrange.
Il peut : survivre à la boue et au purin ,
avoir de la bave de poney sur la manche sans vomir mais être détruit psychologiquement par une photo prise en contre-plongée au galop avec un pantalon blanc.
Car le pantalon blanc n’est pas un vêtement. C'est un truc inventé par le diable pour maintenir le cavalier dans un état de doute permanent sur son état physique... ça et l'IMC.
Faut reconnaître que c'est un révélateur de vérité. Bien heureuse qu'il ne soit plus obligatoire en concours.
Il révèle : les plis, les bosses , les coutures sous les coutures, les muscles flasques et cette barre chocolat-caramel-au beurre-salé mangée en septembre 2019 dans un moment d'égarement.
Le pantalon blanc à même la capacité de transformer les gens minces en raviolis trop cuit.
Et pourtant… la majorité des cavaliers continuent à l’enfiler avec le courage tragique d’un gladiateur entrant dans le Colisé. Alors je précise a ceux qui sont encore sous la coupe de ce truc : ça n'est plus obligatoire en club , je répète : ça n'est plus obligatoire !
Une croyance ancestrale prétend que
“Monter à cheval fait maigrir.”
Alors oui… parfois.
Mais exclusivement si :
Ton cheval t'embarque à chaque séance ,
Tu déplace tes rounds de foin à la force de tes bras , tu dois refaire tes clôtures tous les matins , ou si tu passes ta journée à courir derrière Bonbon qui a décidé de rentrer à Nice au petit trot.
J'en suis la preuve vivante... Depuis que Bonbon est enfin tenu en détention et que je me suis lancé dans l'écriture de ce livre , j'envisage sérieusement de passer sur une selle en 22 pouces. ( J'exagère un peu ...mais vous avez compris l'idée ). J'en viens a plaindre ma pauvre percheronne alors que je n'atteint pas 10% de son poids. On approche de l'urgence sanitaire...bref. Reprenons.
Évidemment on a tous un avis sur le sujet , et sur Internet on profite des jugements instantanés : “Ce cavalier est trop lourd.” “Ce poney souffre.”
Alors qu’une simple photo ne dit rien de la tonicité musculaire du cheval, ni de sa santé, ou du niveau du cavalier.
Un arrêt sur image peut faire paraître un cavalier rond comme une brioche sortie du four alors qu’il monte très correctement. Et inversement, certaines personnes “très fit” montent avec la délicatesse d’un marteau-piqueur.
Malgré l’humour, le sujet mérite quand même de l’honnêteté.
Oui, le poids peut devenir un problème pour le cheval , de la même façon qu'une selle mal adaptée, un mauvais équilibre, un manque de musculature, des séances inadaptées, ou une discipline trop exigeante pour le niveau physique du couple.
Faire attention à son alimentation, à sa condition physique et à sa tonicité, ce n’est pas seulement une histoire d’apparence. C’est aussi une question de confort, de mobilité et de respect du cheval.
Les crins de verdure
Livre disponible sur le lien du profil.