Buenos Aires, 1941: c’est l’époque du tango, de la milonga et du couteau. Alors que la guerre fait rage en Europe, l’Argentine est au plus fort de ce que l’on allait appeler la « Décennie infâme ». Fraudes électorales, corruption, censure et persécutions, tous les moyens sont bons à l’élite politique pour se maintenir au pouvoir. Au milieu de cette tourmente, un poète (Sébastien Ricard) est incarcéré puis questionné sans relâche par un inspecteur qu’il croit reconnaître. Hommage aux écrivains argentins qui, comme Jorge Luis Borges, prirent la plume pour dénoncer le totalitarisme, La Bibliothèque interdite s’inspire de leur univers et leur style. Le spectacle constitue ainsi une oeuvre inclassable où récitatifs et chansons se succèdent et se mélangent dans une atmosphère de réalisme fantastique, poignante et acide, si chère à la culture argentine. Sébastien Ricard y incarne le poète avec fougue et intériorité. Sur scène, le bandonéoniste Denis Plante et les musiciens de Tango Boréal l’accompagnent. Ce spectacle, à la fois drôle, touchant et tonifiant, est une allégorie sur l’oppression dans les sociétés totalitaires et le désir de liberté de ceux qui la subissent.