30/01/2026
Total support à mOtown concerts
Et à tous les autres petits lieux comme DrinkDrink Brasserie de la Mule Cobra Jaune, La Poissonnerie, Nashaz.bxl ....
Fini le temps des bons vœux : place à la réalité, au temps de passer à l’action : donc de laisser place à l’inaction et fermer tout simplement Motown ?
En décembre, j’écrivais qu’en mars Motown fermerait peut-être, puisque la Région commence ses travaux. Mais ce n’est pas cela qui me pousse à fermer. C’est plus pernicieux que cela.
Depuis la réforme des conditions de financement du secteur culturel, chacun d’entre nous a accueilli cela avec beaucoup de circonspection et de prudence :
Notamment la hausse de la TVA sur le billet, donc diminution des sorties pour les amoureux des concerts. Hausse des prestations et des cachets d’artistes, donc diminution des possibilités de programmer des artistes émergents, car coût de production sensiblement augmenté. Notre effet papillon.
Je ne souhaite pas entrer dans une logique de mise en cause du gouvernement — le débat est déjà largement engagé. En revanche, j’en appelle à nos consciences et à notre solidarité, en tant que consommateurs d’un bien précieux : la culture — qu’il s’agisse de musique, de théâtre ou de danse.
Sommes-nous solidaires de celles et ceux qui, durant des années, ont pris le parti de proposer une programmation de proximité, dite underground ? Une programmation tremplin pour ceux qui, aujourd’hui, font la fierté d’un pays, ou le succès des grandes salles ?
J’en appelle à vous, spectateurs, programmateurs et artistes, qui avez si souvent sollicité les petits lieux pour vous rencontrer dans les meilleures conditions, avec peu de moyens.
Et oui : après la fermeture des Ateliers Claus, de Rock Classic, du Café Central, c’est prochainement le tour de Motown. C’est une certitude. Seule incertitude : qui d’autre et quand?
Aujourd’hui résonne en moi ce texte, invitation à parler, à agir, tant qu’il est encore temps :
« Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les Juifs,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas Juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher,
Et il ne restait personne pour protester. »
— Martin Niemöller (1892–1984), pasteur et résistant allemand