09/06/2026
Le Soir 8 juin 2026
Glatigny casse-toi ! L’école publique n’est pas à toi », « Ni matraque, ni réforme pour nos écoles », « Free free Palestine », « Bruxelles Bruxelles antifa » : place Poeleart, devant le palais de justice, les slogans se succèdent, donnant à entendre un large panel de revendications. Il faut dire que le rassemblement « contre toute forme de violence à l’égard des jeunes » réunit un large éventail d’acteurs de la société civile : Ecole en lutte, la Ligue des familles, la Ligue des droits humains, des associations de parents, des syndicats…
C’est à la suite de vidéos et témoignages dénonçant des violences policières lors des manifestations contre les réformes de l’enseignement que les collectifs Mars Attacks, Parents Attacks, Students Attacks, ainsi qu’Ecole en lutte ont appelé à un nouveau rassemblement ce lundi dès 16 h. « Nous avons entendu des policiers qualifier des jeunes de “sauvages” de “petites putes”, de “gauchiasses”. Des propos racistes et sexistes qui ne sont pas sans rappeler les dérives de l’extrême droite », avaient indiqué les organisateurs sur leurs réseaux sociaux. « Nous appelons toutes celles et ceux qui refusent qu’on démolisse les jeunes à coups de réformes et de matraques à marcher dans la rue. Nous appelons à une manifestation pacifiste la plus large possible. »
La colère après les incidents de jeudi
Jeudi dernier, jour de vote du décret-programme II, plusieurs milliers d’élèves et d’enseignants s’étaient réunis aux abords du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles lors d’une manifestation improvisée contre les mesures dudit décret. Parmi elles figurent l’augmentation de la charge horaire des enseignants du secondaire supérieur sans revalorisation salariale, la hausse du minerval dans l’enseignement supérieur ou encore la réduction des budgets « gratuité ».
Sur place, la police a multiplié les recours au gaz lacrymogène et a procédé à des arrestations jugées violentes par de nombreux manifestants. Les jours suivants, de nouveaux rassemblements se sont tenus près de la gare Centrale, débouchant eux aussi sur plusieurs arrestations. La Ligue des droits humains a dénoncé une « réaction policière disproportionnée », soutenant que la présence d’adolescents aurait dû inciter les forces de l’ordre à davantage de retenue.
Un avis partagé par plusieurs manifestants rencontrés ce lundi, dont Anton, déjà présent jeudi dernier près du parlement. « On me voit d’ailleurs sur une vidéo qui circule beaucoup sur les réseaux sociaux », affirme-t-il. « Donc, quand certains se demandent si ces images ont bien été filmées ce jour-là, je peux en attester. » Le jeune homme, chercheur d’emploi de 24 ans, se dit contre les réformes dans l’enseignement. « Tous mes amis sont profs d’histoire, je comprends leurs revendications. »
Maxime, instituteur à l’Ecole des Bruyères de Louvain-la-Neuve, participe lui à presque toutes les manifestations du secteur depuis l’arrivée de la majorité MR-Engagés. Il est même resté jusqu’à 3 h du matin pour suivre le vote du décret-programme en séance plénière. « Je l’ai vécu comme une grande injustice », confie-t-il. « J’ai ensuite entendu des collègues qui ont été nassés par la police, qui ont assisté à des arrestations musclées. J’espère que cela va mobiliser d’autres acteurs. »
Une mobilisation qui dépasse l’école
Après un rassemblement à 16 h place Poelaert, le cortège s’est élancé rue de la Régence en direction de la gare Centrale. Dans une foule caractérisée par une diversité d’âge et de milieu, des élèves du secondaire distribuent des stickers du mouvement de jeunesse du PTB, RedFox, à l’effigie de la ministre de l’Education, Valérie Glatigny (MR), accompagnée du slogan : « Touche pas à notre avenir. Stop aux plans Glatigny. » Selon nos confrères de Het Laatste Nieuws, la militante suédoise Greta Thunberg était également présente : « Je fais ma part, nous faisons tous notre part pour soutenir les étudiants et les enseignants », a-t-il indiqué.
Si la mobilisation est née dans le sillage des manifestations contre les réformes de l’enseignement, elle rassemble désormais bien au-delà du seul monde scolaire. « Je suis là en tant que maman, prof et citoyenne », énumère Stéphanie, enseignante à l’Ihecs. « Je suis là pour la protection de notre démocratie et pour le droit de toutes et tous à occuper l’espace public. Or, aujourd’hui, on a presque peur d’être là. » Autrefois, elle participait aux manifestations avec ses enfa