12/11/2025
Le transport de marchandises, que l'on croyait mort au 20e siècle, est en partie ressuscité au 21e sur les canaux bretons. Après la remontée de la bière en 2020, c'est la descente du parking, ou plutôt, sa mise en bière, qui animera le fleuve ces prochains mois pour le plus grand plaisir des badauds qui prennent place sur le trajet. Pour le moment sciée, puis par la suite grignotée, la dalle est mise en pièces puis chargée sur des barges, avant que les pousseurs ne la fassent naviguer.
Arrivés au quai Saint-Cyr comme un clin d'œil à l'histoire, les pousseurs passent devant les péniches, ou plutôt les automoteurs, ceux-là même qu'ils ont remplacés. Alors que les plus anciens, aujourd'hui transformés en habitations, transportaient diverses marchandises, dont du sable venu de Loire pour la construction qu'ils déchargeaient sur ce même quai. C'est au tour des plus récents, mus non plus au cheval mais au moteur, non pas de ces fameux diesel Baudouin qui ont fait les grandes heures de la batellerie, mais des moteurs électriques, de déplacer ces tonnes de béton et sûrement de sable de Loire dans un silence quasi absolu.
Plus en aval, voici les agents des voies navigables au travail pour faire passer les deux pousseurs et leurs barges qui se relaient à convoyer les débris toute la journée. Ce trafic inhabituel a pour conséquence de créer un bouchon de cyclistes et de piétons qui attendent le départ du bateau et la remise en place de la passerelle pour enjamber la Vilaine. La rocade une fois franchie, le trajet se poursuit de manière plus bucolique jusqu'au site de la société Charier TP situé route de Lorient où un quai a été aménagé pour l'occasion.