25/01/2026
Luanda, ou Louanda en graphie francophone, anciennement São Paulo da Assunção de Loanda (Saint-Paul de l'Assomption de Louanda) en portugais, est la capitale de l’Angola, en Afrique australe, et de la province du même nom dans ce pays.
La ville se situe dans le Nord-Ouest du pays, sur la côte de l'océan Atlantique, avec un climat tropical sec.
Luanda est fondée par des navigateurs portugais le 25 janvier 1575, dans une rade naturelle favorable à l'établissement d'un port. Elle devient, dès 1627, la capitale administrative de la colonie portugaise de l'Angola. Sa population, longtemps « stagnante », commence à croître fortement dans les années 1930.
Luanda est le principal centre économique du pays et concentre les activités tertiaires et industrielles. Depuis 2002, grâce à la paix civile retrouvée et à l'argent du pétrole extrait de gisements offshore situés non loin de la capitale, celle-ci connaît une croissance particulièrement importante de la construction. Le port exporte les principales productions du pays : le pétrole brut et ses dérivés raffinés à la périphérie de la ville, le minerai de fer, le café et les produits de la pêche.
La ville est fondée en 1575 par Paulo Dias de Novais, un navigateur portugais, sous le nom de São Paulo da Assunção de Luanda[1]. En débarquant sur l’île du Cabo, il trouve une population indigène assez nombreuse et y fait établir un premier noyau de colons portugais : sept cents personnes, dont trois cent cinquante soldats, des religieux, des négociants et des fonctionnaires.
Jusque-là, les Portugais de Sao Taomé tentaient de faire du commerce avec les peuples du continent, échouant encore en 1508 à en importer des esclaves[2]. Ils développent peu à peu des échanges avec Luanda dans la première moitié du xvie siècle[2], commerce donnant lieu à des réglementations et permettant aux peuples vassaux du Congo de gagner du pouvoir[2].
Dès 1562, le roi du Congo avait intenté des démarches à Lisbonne pour bloquer un lien direct entre les Blancs et les Angolais qu’il considérait comme ses vassaux[2], lors d'une première visite de Novais dans la capitale du roi d’Angola[2].
C'est ainsi que l'implantation européenne en Angola est amorcée dans le dernier quart du xvie siècle, par le biais de deux sociétés blanches très différentes : les Européens de Luanda et ceux de São Salvador[2], vivant en symbiose avec les noirs qui acceptent leurs religion et éducation à condition que les blancs acceptent de vivre sous souveraineté congolaise.
Paulo Dias de Novais est alors à la recherche des mines d'argent de Cambambe, au cours du premier des deux cycles de l'histoire de Luanda, selon une étude historique sur la ville angolaise. Une fois passée la phase de recherche de ces mines d'argent, commence la période de la traite des esclaves. Pendant cette période de l'expansion du territoire portugais sous l'influence militaire et surtout commerciale de Luanda, les expéditions contre les Ngolas virent à l'occupation et à la destruction de Kabasa, la capitale de leur royaume, à la déroute des Congolais à Mbwila (Ambuila) puis à la prise de Pungu a Ndongo (Pungo Andongo) en 1671.
Entre-temps, Manuel Cerveira Pereira a poursuivi l'expédition entreprise par João Rodrigues Coutinho pour trouver les mines de Cambambe, et dans ce but soumis Cafuxi, soba[Quoi ?] de la région de Quissamã, selon un rapport de 1603. Il est par la suite accusé d'avoir favorisé le commerce avec des étrangers, tolérés dans les ports d'Angola, et sous ce chef d'accusation emprisonné et envoyé à Lisbonne. Au terme de son expédition de 1603, les Portugais se rendent compte officiellement que ces mines n'existent pas.
Pendant l’Union ibérique, est construite, en 1618, la Fortaleza de São Pedro da Barra.
Jusqu'en 1850, Luanda est un centre important pour le trafic d’esclaves, vers le Brésil lui aussi majoritairement lusophone.
La brève colonie néerlandaise (1641-1648)
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La ville ne fut le centre administratif de la colonie d’Angola que depuis 1627 (sauf de 1641 à 1648, période durant laquelle la ville est sous le contrôle de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales).
Au cours de l'année 1624, par deux fois les Néerlandais tentèrent de s'emparer de Luanda, via deux expéditions militaires. La première attaque fut menée en juin 1624 par Philip van Zuylen[6], en même temps que l'attaque en mai de Salvador de Bahia par Jacob Willekens et la seconde par Piet Hein[6] et à leur suite la question de la fortification de Luanda devint prioritaire pour la stratégie portugaise en Afrique Centrale. Le gouverneur portugais Fernão de Sousa venait d'arriver en juin 1624 et démarra immédiatement la construction de forts munis de pièces d'artillerie dans tous les lieux stratégiques de la baie de Luanda[6].
À la fin des années 1630, la reine africaine Njinga du Ndongo et du Matamba monte en puissance dans l'arrière-pays[7]. Son armée poursuit ses attaques contre les Portugais au Ndongo et aux alentours jusqu'à ce qu'en octobre 1639 un nouveau gouverneur, Pedro Cesar de Menezes, soit nommé à Luanda. Il se montre soucieux d'imposer l'ordre public d'une façon plus vue depuis 15 ans, sous le gouverneur Fernao De Sousa. La stratégie de Njinga du Ndongo et du Matamba est alors changée car il lui envoie une missive disant qu'il exige le retour des esclaves, dans le système des vassaux qui prévalait au début du xviie siècle. Il reçoit l'ordre de signer un traité avec Njinga et Kasanje, l'autre chef africain, installé plus à l'est. Le Portugal leur demande de cesser les rites de l'ethnie imbalaga et de se convertir à la religion catholique.
Mais la conquête de Luanda par les Hollandais venus par la Mer du Brésil, avec des Amérindiens du Brésil et sans autorisation d'Amsterdam, le 20 avril 1641 fera avorter les plans contre elle. Elle est racontée dans un livre de Francisco de Brito Freire (1625-1692 ), administrateur colonial portugais du Brésil, qui participa à la guerre de la reconquête portugaise de Récife, notamment à la bataille de Montijo en 1644. En 1653, il est nommé amiral de l'escadre de la Companhia do Comércio do Brasil, qui, l'année suivante, remporte la victoire finale sur la résistance hollandaise au Pernambouc, dont il devient gouverneur général de 1661 à 1664.
Le gouverneur et la garnison portugaise sont tellement surpris en avril 1641 par l'apparition des navires Hollandais qu'ils quittent la ville la veille du débarquement pour se réfugier à Bembem. Ils y souffrent du climat et les chefs africains en profitent pour se révolter et proposer une alliance aux Hollandais mais ceux-ci invoqueront ensuite le traité de Paix signé en 1641 entre la Hollande et le Portugal pour négocier une trève avec les Portugais. Les Portugais se réfugièrent sur les rives du fleuve Bengo, à quelques kilomètres au nord de Luanda, dans les propriétés agricoles des jésuites et de quelques riches habitants de Luanda puis furent contraints de fuir vers l'intérieur des terres, jusqu'à Massangano à la fin de l'année 1641.
Le nouveau gouverneur hollandais de Luanda, Pieter Moortamer, se fait lire un message de Njinga proposant une alliance mais réagit en disant qu'il ne sait pas quoi faire de cette Reine qui ne sait ni lire ni écrire. Cependant, il envoya quand même des émissaires et soldats hollandais à sa cour dans le Matamba. Puis Njinga du Ndongo et du Matamba ignore les appels à la réconciliation que lui lance en octobre 1641 le Pedro Cezar de Mezenes et les Hollandais trahissent la trève, tuent 40 hommes de l'armée portugaise, dont les principaux officiers et font 120 Portugais prisonniers, parmi lesquels Pedro Cezar de Mezenes. Les autres Portugais se replient à Massangano, en espérant une autre trève, et un moyen est trouvé pour permettre à Pedro Cezar de Mezenes de se libérer.
Les Portugais sont ensuite écrasés par Nambu a Ngongo, le chef du Dembos, qui est appuyé par 200 soldats hollandais. C'est au cœur de cette région que Njinga transforme cette avancée se situant en zone fertile et agréable, bien irriguée, mais aussi stratégique, pour installer le quartier général itinérant de ses armées, dans le secteur contrôlé par un de ses partisans, appelé Kavanga, au nord des anciens domaines du Ndongo.
Les régions des fleuves Bengo et Dande sont alors envahies par les forces alliées du Kongo et des Hollandais, dont ils chassent les Portugais. Ces derniers sont pris en étau car les Mbundu libres s'allient à des esclaves pour contester aussi les garnisons portugaises dans les forts de l'intérieur des terres, à Cambambe, Mussina, Massangano et Ambaca.
En mai 1643, pour prévenir un soulèvement, les soldats de la WIC pillèrent un campement situé près de Luanda, dans lequel se trouvaient les Portugais. À cette occasion, plusieurs Portugais furent faits prisonniers et envoyés au Brésil. En 1644, Njinga défit l'armée portugaise à Ngoleme. Elle découvrira que sa sœur prisonnière des Portugais depuis 1646. Les Pays-Bas envoient alors des renforts depuis Luanda, permettant une nouvelle victoire en 1647 avant d'assiéger Massangano, qu'elle est à deux doigts de faire tomber en 1647-1648.
Le conflit entre les Portugais et les Néerlandais eut pour conséquence que les caravanes d'esclaves ne parvenaient plus jusqu'à Luanda, tandis que les Néerlandais, confinés sur la côte manquaient de nourriture pour les soldats et les esclaves qui se trouvaient dans le port.