31/03/2023
REIMS 25 mars 2023, championnats de France Cross Pompiers
Si Charles III a été invité à rester à Buckingham, moi j’ai été invité à venir à Reims, où Charles VII lui a été reçu, à la demande, et en compagnie de la Pucelle, afin de se faire couronner en 1429.
Ville qui se trouve du côté des Pains au chocolat et pas donc des chocolatines, et connue pour le champagne. C’est très exactement dans le parc de Champagne qu’ont été organisés les championnats de France Cross Pompiers 2023.
Le lieu est approprié à la débauche d’effort, pas de hasard. Le parc a été créé par le Marquis de Polignac pour le bien être de son personnel travaillant dans les caves. Espace de détente puis lieu de pratiques sportives en 1913, premier centre d'éducation physique de France, berceau de l'hébertisme au début du siècle. Les plus grands sportifs dont Jean Bouin venaient s'y entraîner, selon les méthodes de Georges Hébert.
C’est donc entre la v***e Clicquot et Pommery que se sont déroulés ces championnats. J’ai eu la chance de participer à cet événement en offrant mon aide à Clodomir responsable de OK TIME, prestataire sur la course. Je pense que les athlètes de tout niveau devraient faire l’expérience de participer à une grande organisation, pour mieux se rendre compte de la complexité et peut-être revoir à la baisse certaines de leurs exigences.
Premier constat, un championnat de France Pompiers ressemble, je pense, à un championnat de France militaire. Avec de l’ordre, de la discipline, des fanfares, des cérémonie, des gradés, des garde à vous, des repos, un défilé des délégations etc.. avec je pense un petit plus de convivialité et de sourires.
Evidement le rouge était la couleur dominante et une véritable armée de secouristes occupée tous les recoins du parc, vous le lirez plus bas cela a son importance.
Généralement quand on voit les pompiers c’est soit pour le calendrier soit parce que l’on a fait appel à eux. Avec tous ce petit monde ultra formé et entrainé sur le site, j’étais serein en cas de pépin.
9 courses au programme, des cadets jusqu’aux vétérans. Une organisation aux petits oignons afin de permettre aux coureurs de donner leur plein potentiel, en toute sécurité. Pas un caillou et pas une racine sur le parcours qui ne soit signalé par de la peinture fluo, pas un endroit qui ne soit sur-balisé et encadré. Des hauts parleurs tous les 50 mètres (avec un DJ bien branché qui a parfois donné aux championnats des allures de techno parade), des écrans géants, Un camion régie et des caméras au moins comme celle de France TV, des tentes pour les secours of course, les massages, des podologues et même de la cryothérapie pour la récup (et bien entendu des buvettes et des grillades)
C’est un peu comme si un grand cirque s’était installé, sans les clowns et les animaux, avec 15 à 20 grands chapiteaux, des camions, des remorques, pas de pop-corn mais un petit peu de bière et bien entendu du champagne. Et une flopée de bénévoles et autre jury fédéral Pompiers à pied d’œuvre depuis le début de la semaine.
Ma mission aidé Clodomir et Pauline de OKTIME. Je connaissais les mots chronométrage, chrono-post, chronologie, chronophage, chronomètre, mais je n’avais jamais entendu prononcer le mot « chronométrie « qui est la science de la mesure du temps .
Lorsqu’un premier Pompier a prononcé Chronométrie, j’ai pensé à une erreur, puis au second je me suis dit c’était du zèle. Mais quand une bonne dizaine ont eu prononcé ce même terme, je me suis dit, voilà je viens d’apprendre un nouveau mot.
A la fin du premier jour, après la mise en place du matériel et repérage, nous avons eu le plaisir de croiser la délégation Dordogne et son responsable Yannick R.
Le lendemain les courses allaient s’enchainer. Clodomir m’a averti d’une certaine particularité, chez les filles et plus précisément les jeunes filles. Mais il faut le voir et le vivre pour se rendre compte. Je m’explique.
Sur la ligne d’arrivée est placé un tapis avec des antennes permettant de détecter les puces qui sont sur les dossards, de les « Biper » afin d’obtenir un temps et un classement. Et bien pour les cadettes, le BIP au passage sur la ligne a un double effet. Il les arrête net et les prive en une nano seconde de toute leur force. Sur 330 concurrentes, près de 272 se sont évanouies instantanément une fois la ligne franchie.
Elles Tombaient comme des mouches, lourdement, légèrement, de façon très chorégraphiée, avec la main sur le front, sur le ventre, en l’air, en criant, sans crier, en vomissant ou sans vomis mais en bavant salement faut le dire.
D’où l’importance d’avoir une quarantaine d’équipes de secours pour emporter tout ce petit monde sous des couvertures de survie et dans des barquettes.
Ce phénomène se produit moins chez les hommes du même âge, et moins au fur et à mesure que l’on monte dans la pyramide des âges, et pas du tout avec les premiers au classement, qui ont normalement plus forcé mais c’est vrai sont aussi mieux préparés.
Quoi qu’il en soit c’est à voir. Les garçons Cadet, eux sont plus dans le rendu. Vomi en jet, vomi en continuant à marcher, les joues gonflées à la recherche d’un coin pour tout poser, en te regardant dans les yeux, en arrosant tes pompes, et la texture tendance du moment était plus bolognaise que carbonara.
Le niveau dans chaque catégorie était relevé. Le parcours rapide mais exigeant. La météo taquine. Dans chaque course, du premier au dernier, on sprinte pour gagner une place. Pourquoi ? Parce qu’il y a un classement par équipe, par SDIS (Service départemental d’incendie et de secours), donc par département, et une place de gagnée c’est un point de gagné également.
Ce qui m’a frappé, positivement, est, en ces temps de disette concernant l’implication de bénévoles dans les organisations, il y avait des centaines de jeunes (JSP), souriants et motivés, venus aider et ne pas compter leur peine pour la réussite des championnats.
Servir pour un Pompier n’est pas une option mais un devoir, bravo à eux, bravo aux Périgourdins présents, bravo à la chronométrie et aux Pompiers en général.