Notre démarche
Le Festival Roues Libres est né d’un désir : faire exister la culture q***r en Lozère.Dans un territoire rural où la visibilité LGBTQIA+ reste rare, nous voulons créer un espace de fête, de partage et d’expression où chacun·e puisse être pleinement soi, sans peur, sans jugement. Notre ambition est simple : célébrer les identités plurielles, questionner les normes et tisser des lien
s. Parce que la culture q***r ne se limite pas aux grandes villes, nous la ramenons là où elle n’a pas encore trouvé sa place — au cœur des montagnes, dans les villages, au plus près des gens. En anglais, q***r signifie « étrange », « tordu·e », « différent·e ». Longtemps utilisée comme insulte, cette appellation a été réappropriée dans les années 1990 par les minorités sexuelles et de genre comme un cri de fierté. Aujourd’hui, le q***r est bien plus qu’une identité : c’est un mouvement politique et culturel qui interroge les rapports de domination, le patriarcat, l’hétéronormativité et toutes les formes d’oppression. Le q***r, c’est une manière de vivre, d’aimer et de créer autrement. C’est une invitation à sortir des cadres, à brouiller les lignes, à danser sur d’autres rythmes. Notre vision
Roue Libre est plus qu’un festival : c’est une respiration, un manifeste, une célébration collective des différences. C’est un espace de liberté où l’on peut danser, débattre, se rencontrer, apprendre et guérir ensemble. Un lieu où la fête devient politique, où la ruralité devient espace d’invention, où les marges deviennent le centre. Parce que la visibilité q***r est une nécessité. Parce que nos existences méritent d’être célébrées. Parce qu’ensemble, nous sommes plus fort·es, plus fièr·es, plus libres. Bienvenue à Roues Libres, le festival qui pé**le à contre-courant, en roue libre, vers un monde plus juste, plus doux et plus joyeux ! Nos valeurs
1. L’inclusivité
Le Festival Roues Libres est un espace pour toustes : personnes q***r, allié·es, curieux·ses, voisin·es, habitant·es ou visiteurs de passage. Aucune forme de discrimination n’a sa place ici : ni sexisme, ni racisme, ni homophobie, ni transphobie, ni validisme. Nous encourageons les échanges bienveillants et les attitudes respectueuses. Nos équipes et bénévoles sont formé·es à la médiation et veillent à la sécurité émotionnelle et physique de chacun·e. Des espaces calmes, des médiateur·ices et des temps réservés aux personnes q***r sont prévus pour garantir cette sérénité.
2. L’écologie et la sobriété joyeuse
Installer un festival en pleine nature nous oblige à une vigilance particulière. Nous faisons le choix d’un événement qui minimise son impact sur l’environnement, où la fête ne rime pas avec destruction.
- Zéro vaisselle jetable, tri sélectif sur place, toilettes sèches.
- Alimentation locale, végétarienne ou végétalienne privilégiée.
- Impression minimale : la communication passe surtout par le numérique et les réseaux locaux.
- Déplacements doux : covoiturage, navettes, vélo…
Nous voulons prouver qu’un autre modèle d’événement est possible : convivial, léger et respectueux du vivant.
3. La coopération locale
Roues Libres se construit collectivement avec les associations, les collectifs et les acteur·ices culturels de Lozère. Nous croyons à l’intelligence collective et à la co-responsabilité : chaque pôle du festival (programmation, accueil, technique, restauration, prévention) est porté par des personnes investies localement. Pas de hiérarchie, pas de compétition : juste des liens, de la solidarité et de la créativité partagée. Notre modèle économique repose sur l’autofinancement, les prix libres et la participation de chacun·e. La fête, ici, est un acte politique de réappropriation collective.
4. La culture comme outil d’émancipation
Spectacles, cabarets, concerts, lectures, discussions…Le festival donne la parole et la scène à des artistes q***r, des voix souvent invisibilisées ou marginalisées. Nous croyons que l’art et la fête peuvent être des formes de résistance, des manières de transformer les imaginaires et de faire société autrement. Chaque performance, chaque prise de parole est une invitation à penser, à ressentir, à s’émanciper.
5. Le soin et la sécurité
La fête n’a de sens que si elle est sûre pour toutes et tous. Nous mettons en place un dispositif de prévention et d’écoute autour des violences sexuelles, des comportements oppressifs, de la consommation et des risques liés à la fête. Des espaces de repos, des stands d’information et de réduction des risques sont à disposition tout au long du festival. Nous prenons soin des corps, des cœurs et des esprits.
6. Les enfants et la parentalité q***r
Parce que la parentalité q***r est politique, et qu’elle fait partie de nos réalités et de nos luttes, le Festival Roue Libre ouvre grand ses bras aux familles. Un espace d’accueil pour les enfants et les familles est prévu, pensé comme un lieu de jeux, de douceur et de liberté. Nous voulons que les parents q***r puissent participer pleinement au festival sans se mettre de côté, et que les enfants grandissent entouré·es d’amour, de diversité et de respect. Ici, les enfants ont leur place. Les familles aussi. Et ça, c’est profondément q***r.
7. Qui organise ce festival et pourquoi ? Roues Libres est né de l’impulsion de personnes concernées, engagées et attachées à la Lozère. Rym : concernée par les enjeux LGBTQIA+, maman d’un petit garçon, Rym porte la volonté profonde de créer plus de visibilité q***r en ruralité. Vivant dans une région où les représentations LGBTQIA+ sont rares, elle souhaite briser l’isolement, ouvrir des espaces de rencontre et d’identification, offrir des modèles positifs et permettre aux familles q***r d’exister au grand jour. Cela faisait des années qu’elle rêvait d’organiser un festival q***r. Le concrétiser aujourd’hui, c’est ouvrir les esprits, semer des graines de compréhension et affirmer que la diversité a toute sa place en Lozère. Papaïe s’engage quant à lui parce qu’il voit le monde q***r lozérien se développer et ressent l’urgence d’agir. Depuis toujours solidaire des minorités et des personnes opprimées — avec une fibre politique assumée, clairement ancrée à gauche — il porte la conviction qu’il est temps de créer un événement dédié aux personnes q***r du territoire. Pour lui, ce festival est un acte politique, culturel et social nécessaire, une manière d’offrir à cette communauté un espace de visibilité, de fête et d’émancipation. Manon : Depuis cinq ans, Manon cherche à rassembler autour d’un projet collectif mêlant LGBTQIA+ et féminisme. L’automne 2025 marque enfin la rencontre avec la bonne équipe : une conversation autour d’une bière, quelques rires, quelques verres… et une évidence partagée. Oui, ce festival doit exister. Si Manon s’engage, c’est aussi parce qu’elle ne se sent pas toujours en sécurité pour parler librement de ses expériences dans l’espace public : jugement, manque d’anonymat, proximité imposée de la ruralité… autant de raisons qui renforcent son désir de créer un lieu où l’on puisse enfin souffler. Pour elle, Roues Libres doit être un espace où chacun et chacune puisse être pleinement soi, sans s’excuser ni se retenir. Un endroit où l’on n’a rien à s’interdire. Deux jours pour être ensemble, exister, et goûter à une liberté rare et précieuse. Avec d’autres personnes engagées, nous partageons un même objectif : créer un rendez-vous militant, festif et fédérateur pour toutes les personnes q***r de Lozère et d’ailleurs.