Citoyen ne s organisĂ© e s en collectif « Non Ă la Zac du Rivel »nous demandons purement et simplement l'abandon de ce projet. Alors que lâon parle aujourdâhui de limiter lâartificialisation des sols et que la souverainetĂ© alimentaire est devenue un sujet politique, la ZAC du Rivel consommera 110 hectares de terres agricoles (pour comparaison, la ZAC de LabĂšge occupe 282 hectares). Au moment mĂȘme o
Ăč la COP 15 travaille Ă la construction d'un cadre mondial audacieux en matiĂšre de biodiversitĂ©, nous alertons sur le bilan Ă©cologique de ce projet : on sait aujourdâhui lâimportance de limiter lâartificialisation des sols pour prĂ©server la biodiversitĂ©, on sait dĂ©sormais que la souverainetĂ© alimentaire est un sujet politique contemporain ; et pourtant la ZAC du Rivel consommera 110 hectares de terres agricoles et en artificialisera 80. Dans les dix prochaines annĂ©es, la moitiĂ© des agriculteurs français va partir Ă la retraite, et câest prĂšs dâun quart du territoire français qui va changer de mains. Nous sommes donc trĂšs prĂ©occupĂ©s par lâavenir du foncier agricole et par lâaccaparement dâun grand nombre de terres remis sur le marchĂ© avec le risque de perdre encore du terrain face au productivisme et Ă lâindustrialisation de lâagriculture: toutes ces terres qui vont ĂȘtre remises sur le marchĂ© risquent fort dâĂȘtre considĂ©rĂ©es par les amĂ©nageurs comme autant dâincitation Ă bĂ©tonner. Les Ă©changes entre Ă©lus du Sicoval durant le conseil communautaire du 5 dĂ©cembre dernier ne nous ont pas vraiment rassurĂ© Ă ce sujet. Ce projet de ZAC soi-disant verte fait par ailleurs lâimpasse sur un point crucial en terme dâamĂ©nagement et dâenvironnement : les transports. Le ver Ă©tait en fait dans le fruit, puisque le projet de ZAC du Rivel est nĂ© dâune convention signĂ©e entre le Sicoval et la sociĂ©tĂ© autoroutiĂšre ASF, qui a construit lâĂ©changeur de Montgiscard. Il est cohĂ©rent, tristement cohĂ©rent, que le Sicoval mise sur le tout camion et le tout voiture, comme lâa dĂ©jĂ fait remarquer lâAutoritĂ© Environnementale. Il est par ailleurs assez facile de montrer que ce choix grĂšve lourdement le bilan carbone du projet, malgrĂ© la communication optimiste du Sicoval Ă ce sujet : selon les prĂ©visions du Sicoval, les dĂ©placements des employĂ©s de la ZAC devraient reprĂ©senter 30000 kilomĂštres par jour ; on peut estimer que sur une annĂ©e ce trafic Ă©mettra trois fois plus de gaz Ă effet de serre que si on cultivait du blĂ© sur les 110 hectares de la zone et quâil faudrait par contre plus de 110 hectares de forĂȘts pour compenser ces Ă©missions. Les riverains du Rivel craignent dâailleurs les nuisances associĂ©es Ă cette ZAC, qui sâajouteraient Ă celles occasionnĂ©es par les 55000 mĂštres carrĂ©s dâentrepĂŽts de la plateforme logistique Lidl, implantĂ©e au sud de BaziĂšge. Nous avons rappelĂ© aux Ă©lus quâun procĂšs est actuellement en cours contre cette plateforme, pour non-respect des normes en matiĂšre de pollution sonore et lumineuse. Lâargument principal du Sicoval pour poursuivre ce projet est quâil devrait crĂ©er 3000 emplois et rééquilibrer le dĂ©veloppement Ă©conomique entre le nord et le sud du territoire. Mais rien ne dĂ©montre Ă ce jour que lâopĂ©ration sera aussi bĂ©nĂ©fique : lâĂ©conomie, mondiale et locale, traverse de fortes perturbations, et bien malin qui peut prĂ©dire ce que sera le marchĂ© de lâemploi au terme des 10 Ă 15 ans de chantier de la ZAC. Rien ne nous assure non plus que les habitants de BaziĂšge et de Montgiscard seront les bĂ©nĂ©ficiaires privilĂ©giĂ©s de ces emplois. Et surtout pourquoi ne pas plutĂŽt crĂ©er de lâemploi dans des zones dĂ©jà « amĂ©nagĂ©es » (les 282 hectares de la ZAC de LabĂšge, par exemple) et investir une part des 55 millions dâeuros prĂ©vus pour la ZAC dans lâamĂ©lioration des transports en commun, pour que les habitants du sud-Sicoval ne dĂ©pendent plus de leur voiture pour aller travailler ? Mais Jacques Oberti, le prĂ©sident du Sicoval, nâen dĂ©mord pas : ce projet est, affirme-t-il, nĂ©cessaire et Ă©cologique. Mr Oberti va mĂȘme jusquâĂ soutenir que les entreprises prĂ©servent la biodiversitĂ© lĂ oĂč lâagriculture la dĂ©truit. Alors oui, le systĂšme agro-industriel construit dans les annĂ©es 1950 a sa part de responsabilitĂ© dans les catastrophes Ă©cologiques en cours. Mais plutĂŽt que de transformer en coupables idĂ©aux les agriculteurs qui ont hĂ©ritĂ© de ce systĂšme, plutĂŽt que dâexproprier le dernier qui travaille les terres du Rivel (et conteste son expropriation devant la justice), le Sicoval pourrait consacrer une part des 55 millions dâeuros du projet de ZAC du Rivel Ă aider ces agriculteurs du Lauragais Ă changer leur systĂšme de production, Ă lâadapter au changement climatique et Ă rĂ©duire son impact sur la biodiversitĂ©. Le Sicoval ne peut pas prĂ©tendre mettre en place un Plan Climat Air Ănergie Territorial et en mĂȘme temps continuer Ă tout miser sur la voiture. Le Sicoval ne peut pas non plus prĂ©tendre dĂ©velopper un Projet Alimentaire Territorial et en mĂȘme temps continuer Ă bĂ©tonner les terres agricoles. Les exercices de communication ne suffisent plus : notre communautĂ© de communes doit se montrer Ă la hauteur des enjeux de ce siĂšcle. Les Ă©lus ayant dĂ©jĂ manifestĂ© leur opposition au projet ont saisi lâoccasion du conseil communautaire du 5 dĂ©cembre 2022 pour interpeler Ă nouveau leurs collĂšgues, et six dâentre eux, de toutes tendances politiques, ont votĂ© contre la proposition de cession de terrains au Sicoval. Le dĂ©bat est loin dâĂȘtre clos et lâopposition au projet de la ZAC du Rivel enfle et se structure.