21/03/2025
LETTRE À CYRILLE BOJIKO
Objet : La bataille sera rude pour réussir à
Mon cher Cyrille BOJIKO,
Dans votre chronique intitulé , vous invitiez les compatriotes camerounais à faire privilège aux chaînes de télévisions nationales.
Nous savons tous qu'il n'y a pas que nos médias locaux qui souffrent du problème que vous évoquez. Ce comportement de désarmour de la préférence nationale est une situation qui affecte beaucoup de domaines d'activité de notre pays. Nos entreprises et institutions nationales ont perdus leur puissance d'antan.
On n'arrive plus à s'imposer et à être préféré par nous-mêmes.
Mais n'oublions jamais que notre pays a été au top en Afrique dans beaucoup de domaines par le passé.
Les années comprises entre 1969 à 1981 ont été les meilleures années du pays dans beaucoup de domaines selon moi :
-Les clubs de football camerounais comme le Canon de Yaoundé et l'Union de Douala étaient au top du football africain durant ces années là. Ils étaient également très populaires ici au pays
-à la fin des années 70 et au début des années 80, la musique camerounaise était au sommet de la musique africaine. C'était l'âge d'or du makossa. Les camerounais était fiers de leur musique et achetaient les disques.
-Même les entreprises publiques camerounaises étaient parmi les plus performantes en Afrique en ce temps-là.
En 1977 et 1980, le taux de croissance réel de l'économie du Cameroun était à deux chiffres...
.. Bref le Président Ahidjo avait abattu un travail incroyable.
Mais aujourd'hui, en dehors de quelques rares cas d'entreprises qui se battent un peu, la politique générale de conquête économique, culturelle et sociale du pays n'existe que sur du papier comme le Lycée de Mboppi.
Le problème de notre faiblesse actuellement est donc d'abord lié à la politique générale des dirigeants du pays à 60% selon moi.
L'autre 40% de notre faiblesse représente nos propres manquements. Nous n'avons pas su nous adapter aux nouvelles concurrences venues d'ailleurs. Nous n'avons pas su mettre l'accent sur la pratique des nouvelles méthodes de gestion qui permettent de résister à la concurrence et de perdurer au sommet.
La RESPONSABILITÉ SOCIÉTALE DES ENTREPRISES (RSE) fait partie de ces nouvelles méthodes de gestion. Celle
de nos institutions et entreprises nationales laisse vraiment à désirer.
Bon Dieu 😱 , ça s'est passé comment pour que les dirigeants de l'entreprise nationale CAMTEL arrivent à demander 10.000 f aux postulants à un emploi dans cette entreprise ?
Au temps du Président Ahidjo, tout le staff dirigeant de Camtel aurait déjà été viré depuis et traduit devant les tribunaux pour avoir humilié le pays.
La RSE est en effet un outil de développement durable pour une entité qui veut demeurer au sommet.
Quand le Canon de Yaoundé et l'Union de Douala dominaient le football africain grâce au soutien personnel du Président Ahidjo, les dirigeants de l'époque de ces clubs ont tout bouffé seuls. Ils n'ont pas par exemple pensé que c'était de leur RESPONSABILITÉ SOCIALE et SOCIÉTALE d'acheter un grand terrain pour avoir leur propre espace pour leur développement. Ils étaient ignorants des actions RSE nécessaires pour pérenniser leur gloire.
Prenons un peu l'exemple d'un modeste club de football comme la Real Sociedad en Espagne.
Cette association sportive évolue dans une petite ville qui compte seulement 190.000 habitants. Mais elle réussi à compter jusqu'à 38.000 abonnés avec 5.000 personnes sur une liste d'attente.
L'engagement en matière de Responsabilité Sociétale de ce club y est pour beaucoup dans sa réussite de recrutement de nouveaux supporters dans une telle petite ville.
Voici quelques aspects clés de leur engagement :
1. FONDATION REAL SOCIEDAD : La Real Sociedad a créé une fondation qui vise à promouvoir des valeurs sociales, éducatives et sportives. Cette fondation travaille sur des projets qui incluent l'intégration sociale, la promotion du sport féminin, et le soutien aux personnes en situation de vulnérabilité.
2. ENGAGEMENT ENVIRONNEMENTAL : Le club a pris des mesures pour réduire son impact environnemental. Cela inclut des initiatives pour diminuer la consommation d'énergie et d'eau dans son stade, l'Anoeta, ainsi que des campagnes de sensibilisation sur l'importance de la durabilité.
3. PROMOTION DE L'ÉGALITÉ ET DE LA DIVERSITÉ : La Real Sociedad s'engage à promouvoir l'égalité des sexes et la diversité, tant au sein du club que dans la communauté. Cela se reflète dans leurs programmes de formation et leurs campagnes publiques.
4. SOUTIEN À LA COMMUNAUTÉ LOCALE : Le club est profondément enraciné dans la communauté locale et participe activement à des initiatives sociales et caritatives. Cela inclut des collaborations avec des écoles, des hôpitaux et d'autres organisations locales pour soutenir les personnes dans le besoin.
5. TRANSPARENCE ET BONNE GOUVERNANCE : La Real Sociedad s'efforce de maintenir des normes élevées de transparence et de bonne gouvernance, en veillant à ce que ses opérations soient menées de manière éthique et responsable.
En dehors des terrains, la Real Sociedad assume donc également un rôle actif dans la promotion de valeurs sociales et environnementales, démontrant ainsi un engagement fort envers la Responsabilité Sociétale.
Ici chez nous, même la grande FECAFOOT est égarée dans tout ça. Si non, elle fait comment pour disputer les recettes de Stade avec des clubs comme le Canon de Yaoundé et l'Union de Douala qui existent longtemps avant la création de cette FECAFOOT ? Jusqu'à on garde l'argent à la gendarmerie pendant plusieurs semaines ? Bon Dieu 😱😱
Et les arbitres alors ? On gère comment jusqu'à ces arbitres doivent écrire à la Présidence de la République pour réclamer leur argent ?
[ Et c'est exactement le même mauvais comportement de rétention injustifiée d'argent des travailleurs qu'on voit dans nos services publics financiers quand il faut payer le rappel d'un fonctionnaire ou d'un fournisseur de services.]
Dans les fédérations et clubs bien structurés aujourd'hui, les actions du Responsable RSE de la fédération ou du club précèdent celles du service marketing face à certains types d'intérêts qu'on vise chez un gros partenaire potentiel.
La puissance des actions RSE d'une association sportive séduisent mieux des personnes et des entreprises qu'on veut conquérir sur le moyen et long terme.
Même une entreprise bizarre comme ENEO peut devenir partenaire privilégié de la FECAFOOT ou de Union de Douala sur le moyen terme si leur relation commence par des actions communes de sensibilisation à l'économie d'énergie par exemple.
[ Pour ce qui concerne les médias, suivons voir l'exemple du Groupe TF1 en France :
En effet, il est dit là-bas que >
Le groupe TF1 publie régulièrement des rapports RSE qui détaillent ses engagements et ses actions.
Le groupe TF1 a lancé « Destination 2030 », un programme court sur ses engagements RSE. ]
Aujourd'hui, la qualité première d'un dirigeant d'un média, d'une entreprise nationale comme CAMTEL ou d'un club sportif est celle de savoir rendre populaire l'entité qu'il dirige. Il ne peut malheureusement pas réussir une telle mission sans mise en place d'une stratégie RSE : c'est im-pos-si-ble.
L'ignorance des gestionnaires publiques et privés camerounais aux bienfaits de la RSE pour leur profit est un gros handicape.
Une stratégie RSE prend peut-être du temps et des moyens, mais ça fini toujours par payé gros après.
Mon cher Cyrille BOJIKO,
Le projet BALAFON ÉDUCATION que je vous proposerai bientôt est un projet de Responsabilité SOCIÉTALE.
Il sera question de combattre l'inertie et l'attentisme de nos dirigeants de région, des élus locaux et autres qui ne font rien d'intéressant pour créer un environnement qui donnera plus de confiance et d'espoir aux futures générations afin que celles-ci aient de grands rêves pour le pays.
BALAFON ÉDUCATION va produire un rapport (ou un magazine) annuel gratuit destiné aux partenaires, aux éducateurs et aux futures générations pour les présenter les actions que nous mènerons pour pousser différents partenaires (établissements scolaires, dirigeants de région, élus locaux, entreprises...) de s'activer dans la création d'un meilleur environnement comme le font leurs homologues au Canada.
Mon cher Cyrille BOJIKO,
Quand nous étions encore sous forme de spermatozoïdes lâchés par nos pères dans le fond de nos mères, nous avons bataillé dur à l'intérieur de l'utérus pour gagner un de nos plus beaux combats. Car il fallait s'imposer parmi des millions d'autres spermatozoïdes afin de féconder l'unique ovule disponible dans les entrailles de la rémé.
Une fois nés, nous sommes arrivés dans un monde où pour s'imposer, il ne faut pas arrêter la course que nous avions débutée depuis le temps où nous étions encore sous forme de spermatozoïdes.
Nous devons donc relancer la course et continuer la bataille avec les meilleures armes comme la RSE. Ce n'est qu'en luttant avec sagesse et intelligence que nous pourrons gagner la bataille face aux "chaînes de combat" sur notre propre sol.
Le Messager
[Lauréat au concours de projets innovants du Forum Mondial de la Langue Française dans le domaine de l'éducation de Liège (Belgique) en 2015]
Douala le 21/03/2025