05/02/2026
SUIVEZ L'INTERVIEW DU PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION CENTRAFRICAINE DE FOOTBALL CÉLESTIN YANINDJI ACCORDÉE SUR LES ONDES DE LA RADIO NDEKELUKA 100.9
RNL : Monsieur Célestin Yanindji, bonjour.
Célestin Yanindji : Bonjour.
RNL : Le football centrafricain est engagé dans une dynamique de réforme avec la mise en place d'une Super Ligue. Quelles sont les raisons qui ont conduit la fédération à lancer cette compétition en parallèle des championnats de première et deuxième divisions déjà existants ?
Célestin Yanindji : La fédération centrafricaine de football gère le football national. Et depuis des années, nous avons commencé à faire les réformes. Le play-off en est un exemple. Donc aujourd'hui, nous franchissons une étape supplémentaire dans le cadre de notre vision du développement du football national. C'est pourquoi nous mettons en place une nouvelle ligue. Et aujourd'hui, nous allons avec la Super Ligue amener nos équipes à respecter ces critères-là. Vous savez aussi que nous avons beaucoup de jeunes qui aiment le football et qui pratiquent le football, mais qui ne vivent pas du football. Donc l'objectif de la Super Ligue, qui est un championnat professionnel, est de faire en sorte que nos footballeurs puissent commencer à vivre de leur art et de leur talent. Donc à l'instar de ce que le gouvernement a fait pour intégrer certains artistes dans la fonction publique et qui désormais touchent un salaire au niveau de l'État. C'est une étape et nous espérons que nous allons être suivis par le département de tutelle. Vous savez que si nous prenons un exemple autour de nous, au Gabon, c'est l'État qui finance les clubs. Mais il faut qu'on commence et nous allons commencer pour que demain nos enfants puissent vivre de leur talent ici au pays.
RNL : Mais depuis son lancement, la Super Ligue suscite des interrogations et une certaine confusion parmi les acteurs du football et les supporters. Quel message clair pouvez-vous adresser aujourd'hui pour lever définitivement les ambiguïtés autour de cette nouvelle compétition ?
Célestin Yanindji : Il n'y a pas d'ambiguïté. L'ambiguïté est peut-être dans l'esprit des gens qui ne comprennent pas. En France, en Allemagne, au Brésil, partout cohabitent le football professionnel et le football amateur. Donc chez nous, les équipes de la Super Ligue seront des clubs professionnels. Mais autour de ça, le football amateur qui est la base va continuer à exister. Si vous prenez la ligue de Bangui, il y aura toujours le championnat de la ligue de Bangui, de l'Ombella-M'Poko, de la Lobaye, de la Nana-Gribizi, de l'Ouham-Pendé, etc. La Super Ligue, c'est un championnat national et les clubs qui ont adhéré vont aller compétir partout où ça sera nécessaire. Ça ne sera plus sur un seul territoire comme la ligue de Bangui gère son championnat ici, la ligue de l'Ouham-Pendé gère son championnat là-bas. Non.
RNL : Cette confusion concerne également la représentation de la Centrafrique aux compétitions inter-clubs de la CAF. Quel club est officiellement considéré comme champion de la Centrafrique ? Le vainqueur de la Super Ligue ou du championnat de première division ?
Célestin Yanindji : Nous avons 21 ligues en tout, dont la Super Ligue. Donc une ligue par préfecture plus la Super Ligue. Ce sont les équipes de la Super Ligue qui vont représenter désormais la République centrafricaine en ce qui concerne le titre de champion. Si on doit avoir deux représentants, ça sera le champion de la Super Ligue qui ira à la compétition de Ligue des champions de la CAF, et le vainqueur de la coupe nationale pourra être engagé dans la deuxième compétition de la CAF qui est la coupe de la Confédération.
RNL : En touchant aussi au football féminin, le football centrafricain s'inscrit également dans cette dynamique de restructuration avec notamment la création du centre de football de Liton dédié au football féminin. Peut-on s'attendre à moyen ou long terme à une organisation similaire ou comparable pour le football masculin, notamment en matière de développement et de professionnalisme ?
Célestin Yanindji : Déjà au niveau du football masculin, on est en avance. L'académie de Gbangouma existe, nous avons les premiers académiciens qui y séjournent depuis le 15 novembre. Donc le re**rd, c'est plutôt au niveau du football féminin que nous sommes en train de rattraper. Et le centre technique Faustin Archange Touadéra est dédié au football féminin. Pour nous, c'est une priorité parce que nous devons développer nos filles et nos garçons en même temps. Donc c'est un centre qui est, je dirais, un centre quasiment unique en Afrique. Et nous espérons que dans les années à venir, nos filles pourront nous représenter dans les grandes compétitions. Et je rêve que ces filles-là puissent gagner la CAN féminine, la Coupe du monde pourquoi pas. Peut-être que je ne serai plus président, mais on aura la fierté de voir nos filles faire en sorte que notre étendard brille sur le plan international.
RNL : Monsieur le président, la CAF a annoncé récemment la fin du CHAN (Championnat d'Afrique des Nations). Comment la fédération centrafricaine de football accueille-t-elle cette nouvelle ? Une satisfaction vu le palmarès médiocre du pays dans cette compétition ?
Célestin Yanindji : Bon, vous parlez de palmarès médiocre, je ne pense pas parce que nous avons eu la chance de participer à la dernière édition du CHAN. C'est la première fois pour le pays. Ça veut dire que notre football progresse. Vous voyez que nous avons pu qualifier le pays pour la CAN U17, U20 pour la troisième fois et au CHAN. Ça veut dire que notre football masculin continue à progresser. En ce qui concerne les décisions de la CAF sur le CHAN, le CHAN va être remplacé par une compétition la Ligue des Nations qui permettra aux joueurs locaux et puis ceux de la diaspora de pouvoir participer. On aura même plus de compétitions qu'avant où le CHAN peinait à avoir des pays organisateurs, peinait à avoir des sponsors. La CAF a jugé que cette compétition n'était pas rentable pour elle et puis elle a décidé de sa suppression.
RNL : C'est vrai que la construction des stades dans le pays n'est pas du ressort de la fédération, c'est vrai le pays qui doit s'engager pour cela, mais avec la relation que vous avez avec la FIFA, est-ce que vous avez plaidé dans ce sens-là pour que la FIFA puisse placer la RCA dans sa liste de priorités pour essayer un peu de prêter main forte dans la construction des infrastructures sportives notamment pour le football ?
Célestin Yanindji : Oui, permettez-moi vraiment de remercier le président de la République, chef de l'État, de toute l'attention qu'il prête au développement de la jeunesse et particulièrement du football. Puisque aujourd'hui, si nous construisons le centre technique féminin Faustin Archange Touadéra que nous avons baptisé à son nom, c'est un terrain qui nous a été donné sur ses instructions. Aujourd'hui, nous avons 10 hectares que l'État nous a donnés sur instruction du président de la République et ce terrain va accueillir très bientôt un nouveau stade. C'est dans la zone de Landjia. Donc le constat est que la RCA n'est pas seule, il y a beaucoup de pays en Afrique qui ne jouent pas à domicile parce que la construction d'un stade demande beaucoup de moyens. À l'heure actuelle pas moins de 15 milliards pour faire un stade comme celui que nous avons, le complexe Barthélemy Boganda. Donc en 2026, nous allons avoir l'opportunité de faire la pose de la première pierre, nous l'espérons avant le mois de juin pour ce nouveau stade. Donc nous sommes dans les échanges avec la FIFA qui nous a placés en tête de liste, je le répète. Le président de la République s'est entretenu à deux reprises avec le président de la FIFA. Donc là, dans le cadre de la coopération, le stade de 20 000 places sera réhabilité par la coopération chinoise et on aura un second stade construit par la FIFA qui permettra à notre jeunesse de s'épanouir.
RNL : Comme la CAN va passer à 4 ans désormais tous les 4 ans, une dernière édition va être jouée en 2027. Est-ce qu'il y a toute une organisation là pour qu'enfin la RCA puisse participer à celle-ci avant d'entamer les compétitions qui vont se jouer tous les 4 ans ?
Célestin Yanindji : Je vais préciser qu'il y aura deux Coupes d'Afrique des Nations qui vont se suivre : en 2027 et en 2028 avant de rentrer dans le cycle de 4 ans. La CAN 2027 ne se jouera pas sans la République centrafricaine. C'est notre leitmotiv et nous y travaillons. Nous ne sommes pas seuls, nous devons être accompagnés par l'État pour atteindre nos objectifs parce que c'est l'équipe du pays. Et au niveau de la fédération, nous travaillons à appeler de nouveaux joueurs. Vous verrez très bientôt de nouvelles têtes dans la tanière des Fauves. Les éliminatoires qui vont commencer au mois de septembre, vous verrez qu'on aurait une équipe jeune, dynamique, déterminée qui nous amènera à la CAN 2027.
RNL : Monsieur Célestin Yanindji, merci.
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