06/02/2022
𝗪𝗲𝗻𝗴𝗲 𝗺𝘂𝘀𝗶𝗰𝗮 𝗹𝗲𝘀 𝗮𝗻𝗴𝗲𝘀 𝗮𝗱𝗼𝗿𝗮𝗯𝗹𝗲𝘀 𝘃𝘀 𝘄𝗲𝗻𝗴𝗲 𝗺𝘂𝘀𝗶𝗰𝗮 𝗺𝗮𝗶𝘀𝗼𝗻 𝗺è𝗿𝗲
L'ossature JB Mpiana, Alain Makaba, Blaise Bula, Alain Mpela, Aimélia Lias, Ficarré, Patient Kusangila, Titina, Fiston Zamuangana, Théo Bidens, Burkina Faso, Seguin, Naisice Konga, Roberto Ekokota, Tutu Callugi et la danseuse Nana Sukali devient Wenge BCBG Les Anges Adorables et reprend ses répétitions à Bandal. Lors des premières séances, Blaise Bula indique aux membres hésitants tels qu'Adolphe Dominguez ou Christian Mabanga, qu'à compter du 10 décembre 1997, la porte du nouveau siège leur sera définitivement fermée. En raison d'un horizon relativement clair s'agissant des contrats et prestations internationales à venir, beaucoup de membres initialement recrutés par Werrason, restent auprès de JB Mpiana, tels que Alain Mpela, Titina Alcapone, Patient Kusangila ou encore Tutu Caludji.
En janvier 1998, Wenge BCBG s'envole pour Paris pour livrer des concerts notamment au Bataclan, entamer une longue tournée de huit mois et enregistrer le nouvel album Titanic sans l'animateur Ekokota, qui était hospitalisé. JB Mpiana justifie cette dislocation sur le point artistique, Werrason n'aurait pas les mêmes ambitions en termes de création, de cachet, de sonorités. Il affirme toutefois être en bonne relation avec ses ex-collègues. Avec cette séparation, Wenge BCBG offre une chorale de très haut niveau recentrée autour de JB se faisant désormais appeler « le seigneur de la terre ».
À Kinshasa, c'est une autre histoire, Werrason est moralement très abattu et se pose de nombreuses questions quant à son avenir. Il réfléchit même à s'installer au Canada et abandonner la musique. Didier Masela pense en vain que le groupe va se reformer. Après quelques jours d'hésitation, Werrason et Masela vont être encouragés par les enfants de la rue à reprendre leurs activités. L'un sera prépondérant à la mise en place de Wenge Musica Maison Mère (qui s'appelle encore Wenge Musica BCBG à ce moment), Sankara de Kunta[43]. Il prend parti pour Werrason en raison de l'affaiblissement de celui-ci et un certain sentiment d'injustice après cette dislocation.
Le 13 décembre 1997, il a ainsi provoqué une marche de centaines de jeunes, en compagnie de Werra, ayant pour but d'impressionner JB Mpiana sur le lieu même des répétitions de Wenge BCBG.
Revigorés, Werrason et ses accolytes procèdent au recrutement de nouveaux musiciens. Au préalable, Adolphe Dominguez est nommé président du futur orchestre sur idée de Didier Masela, afin qu'il refuse définitivement de rejoindre JB Mpiana. Ils remobilisent ensuite, les anciens de Wenge Musica qui ont été exclus par le nouveau staff de JB, il s'agit d'Ali Mbonda, le percussionniste, et de Christian Mwepu Mabanga, bassiste qui sera chef d'orchestre. Comme Christian Mabanga, Ferré Gola pense, dans un premier temps rejoindre JB Mpiana et Wenge BCBG, mais sa demande n'est pas acceptée notamment par Blaise Bula (qui le considère comme un pur produit de Werrason) et surtout Aimélia Lias (qui le voit comme un rival potentiel). Il frappe finalement à la porte de Werrason qui, après hésitation, le réintègre, sa présence au sein du groupe original ayant joué en sa faveur. Il est donc présent lors du recrutement de ses nouveaux collègues, et sera l'élément clé de l'attaque chant du groupe.
Une premiere sortie non officielle est alors realisée milieu decembre, à la Zamba Playa, siege historique de Wenge Musica avec Werra, Ferre, Adolphe et le parolier Serge Mabiala au chant, Didier Masela à la guitare basse, Christian Mabanga à la guitare rythmique et Ali Mbonda au tambour. Pour les accompagner, le staff de Werrason sollicite à la hate le guitariste Volvo Lubeka de Zaiko Langa Langa et un jeune drummer du quartier Bandalungwa denommé The Boys. À l'issue de cette sortie, destinée à montrer au public kinois que Wenge Musica existe toujours, le veritable recrutement débute alors.
L'ancien drummer de Wenge Musica, Maradona évoluant alors au sein du groupe Viva la Musica "Nouvelle Écriture" de Papa Wemba compte évoluer dans ce futur orchestre, il ne bénéficiera pas du même traitement de faveur que Ferré et ne sera pas retenu. Papy Kakol transfuge de Kibinda Koyi, l'orchestre dont la quasi totalité des danses ndombolo entre 1995 et 1998 sont issues, sera chargé des fûts et de la caisse claire.
Puis arrivent JDT Mulopwé de Wenge El Paris (alors résidant à Bruxelles), Baby Ndombé chanteur et fils de Ndombe Opetum de TP OK Jazz (qui au départ venait pour jouer de la basse), Serge Mabiala (qui travaillait déjà avec Werrason depuis plusieurs années comme parolier et preté main forte lors de la premiere sortie non officielle), Adjani Sesele (qui prendra la place d'Aimelia), Didier Lacoste (recruté par Adolphe Dominguez en provenance de SVP La Gamme) et pour finir le tout jeune Michael Tshendou (un adolescent de 15 ans qui jouera les variétés en levée de rideau). Pour remplacer Alain Makaba, un guitariste prometteur est recruté, Flamme Kapaya (en provenance notamment de l'orchestre Duc Herode).
3 autres guitaristes sont retenus pour jouer l'accompagnement, Djolina Mandudila (présent dans les premières années de Wenge Musica, jusqu'à son départ en 1993), Guylain Mpungi et Aridjana, qui avait par le passé joué quelques mois dans Wenge Musica en tant que doublure. La partie folklorique et animation, si chère à Werrason, sera confiée à l'animateur Serge Mazami dit « Céléo Jean Schramme » (provenant comme Kapaya de l'orchestre Golden Tchatcho de Duc Herode, engagé par Adolphe Dominguez). Pour l'anecdote, il devait tenté de rejoindre Wenge Musica en 1996 lors de la suspension de Tutu Caludji, mais s'était finalement ravisé. Celeo sera secondé par un énergique adolescent, Didier Kalonji baptisé « Bill Clinton » (car c'est un avec T-shirt à l'effigie de l'ancien président américain, qu'il vint passer les tests au cours desquels 50 candidats furent auditionnés). Bill Clinton Kalonji, au départ est appelé à imiter Tutu Caludji dont il fut l'un des protégés, amènera finalement un style d'animation plus « rock » aux accents du Kasaï, d'où il est originaire et finira au bout de quelques jours par devenir l'animateur numéro 1 du groupe et le favori de Werrason.
2 autres chanteurs n'auront pas la chance de rester auprès de Tata Mobitch et Le roi de la forêt, il s'agit de Shu Lay, fils d'Evoloko Jocker Nkumu Abraham Lay (ancienne vedette de Zaïko Langa-Langa), mais à la voix extrêmement chaotique[44][source insuffisante] et Bob Lorenzo qui s’établira finalement dans le Wenge El Paris de Marie-Paul. Tout ce beau monde prend le chemin du maquis pour répéter et consolider les bases de l'orchestre.
Mais Werrason, impatient de retrouver le chemin de la scène décide de présenter officiellement le nouveau Wenge Musica dès la fin décembre 1997. Une première apparition au bar Vis à Vis de Kinshasa est suivie par une prestation dans l'émission variétés samedi soir "VSS" qui est un vrai propulseur de talents. Elles montrent au difficile public Kinois tous ces visages juvéniles et quasi inconnus. En raison de l'inexpérience dès jeunes musiciens et le manque de répétition (une petite semaine), les prestations ne sont pas totalement réussies. Il a besoin alors de retrouver le rythme originel de Wenge Musica. C'est Wasenga Kimpuni, proche de Roi de la Forêt, qui aura alors l'idée de récupérer le créateur du générique Ndombolo, Japonais Maladi.
C'est en février 1998 que le guitariste atterrit à Kinshasa en provenance de Paris, où il résidait depuis l'année précédent et avait participé à l'album Succès Fou de King Kester Emeneya. Bien que son départ de Wenge Musica fut en partie du aux manigances financières de Werrason, il accepte de prêter son talent au Roi de la Forêt [45][source insuffisante] ; vu son parcours et son pedigree, il est logiquement accepté parmi les musiciens. Il devient le directeur artistique et soliste principal de l'orchestre.
Cette année 1998 marque le début d'une guerre qui dépasse bêtement le cadre musical, au rythme des albums des 2 camps. Les titres sont souvent des attaques de l'un envers l'autre. Titanic (BCBG) qui illustre la chute du navire Wenge et le sauvetage des meilleurs membres, et Force d'intervention Rapide (Maison Mère) qui lui est chargé de sauver le navire Wenge, sortent en novembre 1998. L'affrontement est alors relativement deséquilibré, l'album de Wenge BCBG bénéficiant de musiciens d'une expérience affirmée avec une qualité de son et de mixage. Par ailleurs, Werrason et Adolphe Dominguez jouent pendant toute l'année 1998 un répertoire dont les chansons les plus récentes datent de 1996 et largement tronqué par le départ des auteurs/compositeurs qu'étaient Blaise Bula, Alain Prince et JB Mpiana.
Toutefois, en décembre 1999, paraît le 2e album du groupe WMMM Solola Bien (parle bien en lingala) qui devient disque d'or, le talent des jeunes pousses de Werra, bien aidé par des artistes chevronés tels que Maika Munan, Philippe Guez ou encore Djudjuchet Luvengoka est révélé. D'autant plus que JB Mpiana perd au cours de la même année, Blaise Bula (qui réalise son 1er album solo que JB ne voulait pas), Alain Makaba (pour d’évidents problèmes de leadership) et Patient Kusangila (qui préfère monnayer son talent chez Werrason). Au fur et à mesure le conflit ne concerne plus les 2 groupes mais leurs chefs de file, qui personnalisent leurs orchestres respectifs. Ainsi, Werrason se sépare tour à tour de Didier Masela et d'Adolphe Dominguez durant l'année 2000, avant d'enregistrer son 1er album solo, Kibuisa Mpimpa en juin 2001. En juin 2000, le deuxième album solo de JB Mpiana baptisé TH. Rebaptisé, « souverain 1er, Binadam ou encore L'unité de mesure ». JB Mpiana récolte alors un certain succès avec ce nouvel opus.
Il s'agit dès lors, pour les 2 figures de proue du Clan Wenge, de prouver qui est le meilleur artiste Congolais en confrontant les albums et les prestations dans les plus grands stades du Congo tels que le Stade des Martyrs, ou les prestigieuses salles européennes. Paris devient un fief majeur des affrontements entre les 2 groupes, dans des lieux mythiques comme l'Olympia, le Palais des Sports, Bercy[46][source insuffisante], le Zénith[47][source insuffisante] ou encore le Bataclan.
Au cours de la décennie 2000, de trois, le nombre de membres du Wenge est passé à une dizaine, en effet toutes les anciennes têtes d’affiche sont aux commandes d’un groupe, Wenge El Paris de Marie Paul, Wenge Kumbela d'Aimé Buwnga, Wenge Référence de Manda Chante, Wenge BCBG de JB Mpiana, Wenge Musica Maison Mère de Werrason, Pondération 8 de Blaise Bula, Wenge Musica 5/5 de Didier Masela, Wenge Tonya Tonya d'Adolphe Dominguez, Wenge Musica Aile Paris de Ricoco Bulambemba et pour finir Génération A d'Alain Mpela. Aussi, Les Marquis de Maison Mère, sont nés du départ de JDT, Ferré, Kalonji, Japonais et Serge de Wenge Maison Mère en juin 2004. Comme Baby Ndombé, qui a aussi écarté le groupe mais n’a pas suivi avec Les Marquis. Après sa défection de BCBG et un album solo Constat en 2000, Aimélia a rejoint Werrason avant de se relancer en solo en 2006 en lançant son 2e album denommé Race des Vainqueurs en 2008 avec son ancien collègue Blaise Bula. Tutu Callugi, longtemps élément majeur de l'orchestre de JB Mpiana vient egalement s'en est émancipé en sortant son premier album Paris Match en 2010.
Avec plus ou moins de succès chacun mène son navire, aujourd’hui le clan Wenge est au cœur de plusieurs polémiques faisant de la musique congolaise un cimetière d’éléphants. Elle subit notamment la très forte concurrence du Coupé-Decalé largement inspiré du Ndombolo puis de l'Afrobeat nigero-ghanéen. De plus, JB Mpiana et Werrason subissent les effets de la nouvelle génération de la musique congolaise dont leur ancien talentueux poulain Ferré Gola et surtout Fally Ipupa, duquel Wenge Musica fut un modèle dans son adolescence.
Fin 2010, grâce à un sponsor, le fournisseur téléphonique Airtel, une soirée privée a vu pour la première fois depuis 13 ans, la réunion des anciens de Wenge pour un unique concert[48][source insuffisante]. Sur scène, étaient présents Werrason, Blaise Bula Monga Ingenieur, Alain Prince Makaba, Adolphe Tata Dominguez, Alain Yoka Mpelasi, Aimelia, Didier Masela Ndudi et Titina Grand Prêtre accompagnés de quelques musiciens locaux. JB Mpiana Mukulumpa n'a pas pris part à cet événement, il se déplaçait alors à Paris pour des raisons professionnelles, et finaliser son nouvel opus, Soyons Sérieux. D'autres glorieux anciens manquaient à l'appel, ainsi on souligna l'absence de Tutu Caludji, Marie-Paul, Burkina Faso Mboka Liya (désormais résidant en Angleterre) ou encore Manda Chante.
Subissant de plein fouet le boycott des congolais de la diaspora en raison des conflits politiques qui minent le pays et de la très faible qualité des opus depuis les années 2010 (principalement due aux insanités des danses et animations), les principales têtes d'affiches sont pour part dans l'impossibilité de se produire en Europe.
Toutefois, depuis 2017, quelques anciens résidents en France et Belgique (Alain Mpela, Aimelia Lias, Kusangila Patient, Tutu Caludji, Titina Alcapone et Didier Masela accompagnés de musiciens congolais vivant en Europe) ont décidé de jouer les nombreux succès du passé de manière relativement confidentielle dans le milieu congolais.